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  • 2026-07-24 11:01:46 +0000 UTC

    Jul 24, 2026

    344 km à vélo : le défi complètement fou des internationales grenobloises

    Pendant que le Tour de France s'apprête à couronner son vainqueur, neuf joueuses de rugby grenobloises, internationales pour la plupart, ont relevé leur propre défi : rallier Grenoble à Marseille à vélo, soit 344 km et plus de 2 000 mètres de dénivelé positif. À peine descendues de selle, elles reviennent sur cette aventure pas comme les autres.

    Les internationales Manae Feleu, Teani Feleu, Élisa Riffonneau, Léa Champon, Taïna Maka, Alexandra Chambon et leurs coéquipières Florine Thiron, Sana Lagrandeur et Coline Durand-Poudret ont troqué les crampons pour le vélo le temps d'une semaine. 

    Après quatre jours d'ascension, de rencontres et de galères, les néo-cyclistes reviennent avec humour sur ce périple. 

    Comment cette idée vous est venue, au départ ?

    Sana Lagrandeur : L'année dernière, notre copine Alexandra Chambon a changé de club (elle a rejoint Clermont) et a quitté notre grand groupe de copines. On voulait la faire revenir à Grenoble et comme elle aime bien le vélo, on s'est dit qu'on allait venir la chercher avec son moyen de transport préféré. Après réflexion, et au vu des dénivelés sur le trajet, on a changé de destination : on a décidé d'aller à Marseille. Il y a deux ans, on avait passé de super vacances à Cassis, on avait fêté son anniversaire là-bas donc tout coïncidait. On a prévu ce trajet-là, direction Marseille, sur quatre jours. Au final, elle n’a fait que trois jours parce qu'elle est remontée en Savoie monter d’autres cols avec ses frères. Mais on est soulagées de ne pas l’accompagner sur ces cols-là (rires).

    Combien de temps au total a duré votre aventure ?

    Élisa Riffonneau : On est arrivées jeudi vers 16h30 après avoir traversé Marseille pendant une heure et demie. On est parties lundi matin à 8h30 et donc arrivées hier en fin d’après-midi. C'était long mais ça va, on a juste très mal aux fesses.

    La saison a été longue, notamment pour les internationales qui ont participé à la Coupe du monde en septembre dernier. Vous ne vouliez pas vous reposer un peu pendant ces vacances ? 

    Léa Champon : Je pense qu'en fait, on a surtout pris ça comme un défi qui permettait de vivre une aventure sportive et humaine. On ne s'est pas tant entraînées que ça. C'était plus un défi rigolo qu'une épreuve sportive à proprement parler. 

    Est-ce que cette aventure à vélo remplace votre préparation estivale, ou les séances de course sont quand même au programme ?

    Élisa Riffonneau : Officiellement, on est encore en vacances et la prépa commence la semaine prochaine. Mais j'espère que ça nous a quand même maintenues un peu en forme. Mathieu (Borel, préparateur physique de l’équipe de France) nous a dit qu'à la place de courir, ça lui allait si on commençait la prépa comme ça. On reprend en club le 3 août après.

    Taïna Maka était initialement prévue dans le peloton mais a dû renoncer suite à sa grave blessure en avril dernier. Elle était donc la conductrice attitrée de la voiture-balai. Ça n'a pas été trop long pour elle ? 

    Élisa Riffonneau : En fait, ça ne l'a pas du tout dérangée. Elle savait qu'elle allait avoir ce rôle-là. Et puis, on a connu des petites péripéties ; on a crevé plusieurs fois donc elle est venue nous chercher à droite, à gauche. Et elle a eu un peu de compagnie par moment, mais on ne dira pas qui (rires).

    En parallèle, vous avez lancé un compte Instagram pour suivre vos péripéties. Rapidement, vous avez été suivies par plus de 1 000 personnes et avez même organisé un jeu-concours pour vos abonnés. Comment avez-vous réagi face à cet engouement ? 

    Sana Lagrandeur : Victimes de notre succès. Au début, c’était vraiment pour rigoler parce que vu le nom qu’on a donné (@pedale_ou_fermetagueule), on ne prenait pas trop ça au sérieux. Au final, Sana et Florine sont devenues nos community managers, et petit à petit, les gens se sont mis à interagir et le compte a explosé. On a même organisé un jeu-concours pour nos 1 000 abonnés. Au début, on s'est dit : putain, si personne ne répond, on va devoir demander à nos parents de le faire et tout, et arrivées à Marseille, on avait 167 commentaires, des joueuses d’autres clubs… qui participaient. Dans les DMs, tout le monde nous encourageait à chaque étape. Franchement, c'est trop cool. Il y a même des gens qui nous ont proposé de passer boire l’apéro chez eux. 

    Maintenant que vous êtes arrivées à Marseille, quel est le programme ?

    Florine Thiron : Ne plus s'asseoir sur une selle de vélo (rires). Dormir, bronzer, manger. Profiter un peu quoi. Il y a aussi des joueuses qui vont nous rejoindre comme Khoudedia Cissokho (trois sélections). Et puis lundi, on remontera avec les minibus.

    À la base, ce défi était donc pour récupérer Alexandra Chambon dans vos rangs. Est-ce que finalement la mission a marché ?

    Élisa Riffonneau : Aïe Aïe Aïe ! C’est la question qui fâche ! Non, dans son projet, elle avait déjà prévu de rester à Clermont minimum deux ans, donc peut-être plus tard. Elle se plaît bien dans le projet là-bas. Mais l'année prochaine, on a décidé de faire des cols plus durs pour qu'elle revienne.

    Avez-vous pour projet de réitérer l’aventure l’an prochain ?

    Élisa Riffonneau : Oui. Léa, Téani et Alexandra veulent faire des cols dès la semaine prochaine. Mais surtout ce qu’on a aimé, c’est qu’on a rencontré plein de gens sur la route. Déjà, des amies sont passées nous voir. Et à chaque fois qu'on s'est arrêtées, on discutait avec des gens, on a fait plein de rencontres !

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