Insolite. Des marmottes sur OnlyFans ? Ces scientifiques s'emparent de la plateforme pour adultes
Des marmottes sur OnlyFans ? Les coupes budgétaires dans la recherche poussent les scientifiques à innover. Aux États-Unis, ils s'emparent de la plateforme de contenus pour adultes afin de trouver des financements.
Le Dauphiné Libéré -
Aujourd’hui à 12:30
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Les utilisateurs d'Onlyfans ont dû être surpris... Quelques clichés de marmottes se sont glissés parmi les contenus pour adultes présents sur la plateforme. Comme le rapporte le média scientifique Live Science, une équipe de chercheurs de l'Université de Californie à Los Angeles a trouvé cette parade inédite pour lutter contre la chute drastique des financements fédéraux de la recherche aux États-Unis.
Depuis 1962, ces scientifiques étudient les marmottes à ventre jaune dans le Colorado, constituant l'une des plus anciennes bases de données au monde sur ces rongeurs et leur adaptation au changement climatique. Mais face aux coupes budgétaires, le professeur Daniel Blumstein a dû faire preuve d'imagination : « L'idée m'est venue un matin où j'attendais que les marmottes fassent quelque chose. Quand je suis revenu avec cette idée, un de mes doctorants m'a dit qu'il fallait ABSOLUMENT le faire ! » C'est ainsi qu'est né le compte "OnlyMarms".
Un contenu exclusivement « tout public »
Que les puritains se rassurent, le contenu reste très sagement animalier. Daniel Blumstein précise d'ailleurs à Live Science qu'il s'agit d'un contenu « presque entièrement classé tous publics : des marmottes qui jouent, mignonnes, qui creusent ou rapportent des plantes dans leur terrier. Seule une bagarre occasionnelle fait parfois monter la classification d'un cran. » L'objectif principal est de lever des fonds pour acheter du matériel de terrain, même si le chercheur avoue tester cela « par frustration face à un environnement de financement extrêmement difficile », sans prétendre pouvoir remplacer les subventions d'État historiques.
Pour l'instant, le modèle économique peine encore à décoller. Emily Renkey, membre de l'équipe, confie à Live Science qu'après un peu plus d'un mois de lancement, la page comptabilise 735 visites et 44 abonnés. Côté finances, le bilan est tout aussi modeste selon le professeur : « Pas grand-chose. Nous laissons l'accès gratuit et demandons des pourboires. La plateforme prélève 20 % et je dois payer des impôts sur le reste. »
Mais au-delà de l'argent, l'expérience porte déjà ses fruits sur le plan de la vulgarisation scientifique. « C'est une excellente façon d'enseigner au public le comportement social des animaux », souligne Emily Renkey, ajoutant que les caméras automatiques permettent même aux chercheurs de découvrir de nouveaux détails inédits sur le quotidien de leurs protégés.
Bien qu'il soit évidemment impossible d'obtenir l'accord signé des marmottes pour diffuser leur image, les fonds récoltés serviront directement à poursuivre cette étude précieuse. Pour maximiser leur visibilité et sensibiliser le grand public, l'équipe ne compte pas s'arrêter là et organise également cet été le concours de la "Fat Marmot Week" (la semaine de la marmotte la plus grasse).