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  • 2026-07-25 05:00:00 +0000 UTC

    Jul 25, 2026

    Infographies. Gaspillage de l'eau potable : le réseau de votre commune a-t-il des fuites ?

    L'équivalent de 136 piscines olympiques par an, c'est le volume d'eau potable perdu dans le secteur de Firminy (Loire) : 12,2 m³/km/j sur 76,45 km, soit 340 432 m³ annuels pour ce tronçon du réseau de la métropole stéphanoise. Son voisin de Solaure perd moins d'eau mais est plus étendu, résultat : l'équivalent de 1382 piscines gaspillé chaque année.

    Dans le Jura, les canalisations qui alimentent Syam affichent un rendement de seulement 31% entre le volume d'eau injectée et celle qui arrive au robinet des habitants... alors que le moins performant des réseaux du Rhône, autour de Saint-Pierre-de-Chandieu, est à 66%.

    Avant de couler au domicile des Français, l'eau potable effectue un long voyage, au fil de 980 000 kilomètres de canalisations. Un trajet au cours duquel un litre sur cinq est perdu.

    À l'échelle de la France entière, les pertes par fuites annuelles représentent environ 1,2 million de m³, l’équivalent de la consommation annuelle d’environ 20 millions d’habitants. Mais d'un département à l'autre, d'un service de distribution à l'autre, les fuites sont très variables.

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    Quid du rendement du réseau?

    Le rendement du réseau de distribution est calculé* en comparant le volume d'eau consommé par les usagers (particuliers, industriels) et le service public (pour la gestion du dispositif d'eau potable) avec celui qui est introduit dans le réseau de distribution.

    Plus le rendement est élevé (à consommation constante), moins les pertes par fuite sont importantes. Et, de fait, les prélèvements sur la ressource en eau en sont d'autant diminués. 

    En France, la proportion de services qui n'atteignent pas leurs objectifs est évaluée à hauteur de 19% en 2024.

    Dans l'Ain, le rendement du réseau est ainsi de seulement 31,4% du côté d'Arandas pour desservir environ 143 habitants, ou encore de 33,2% pour celui de Jujurieux et ses 2124 bénéficiaires, quand la communauté Mâconnais Beaujolais agglomération déclare, elle, 99,8%. Dans le secteur d'Ambérieu, le syndicat des eaux fait appel à un chien pour repérer les fuites d'eau.

    Dans la Loire, c'est le Sivom des Bois noirs et de la Madeleine qui affiche le rendement le moins performant en 2024 (38%) alors que Saint-Etienne agglomération revendique 98% dans les secteurs de Pavezin et Saint-Paul-en-Jarez.

    * D'après les déclarations effectuées par chaque commune, intercommunalité ou syndicat en charge de l’eau potable à l’agence de l’eau pour le calcul de la redevance.

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    Vétusté, mouvements de terrain, chocs thermiques... 

    Les pertes d’eau (baisses de rendement) peuvent être dues à la vétusté du réseau (fuites, corrosion), à des chocs thermiques, des mouvements de terrain, des travaux... qui cassent les canalisations. Mais également à des utilisations non comptabilisées de l’eau potable : alimentation de fontaines, nettoyage de la voie publique, lutte contre l’incendie… dès lors que la commune n’a pas mis en place de compteur pour mesurer ces usages.

    C’est le cas aussi pour de très petites communes qui facturent l’eau au forfait dans certains hameaux dépourvus de compteurs d’eau. Un usage de plus en plus marginal.

    Des travaux près de chez vous

    Dans le Rhône, le réseau le moins performant est à chercher du côté de Condrieu, qui perd 10,4 m³/km/j sur ses 155 km de canalisations, soit l'équivalent de 235 piscines olympiques par an. Alors que du côté de Saint-Bonnet-des-Bruyères ce sont seulement 0,3 m³/km/jour qui s'échappent dans la nature. De son côté le Sidesol (Syndicat intercommunal des eaux du sud-ouest lyonnais) va doubler son programme de travaux de renouvellement des canalisations.

    Dans l'Ain, c'est la Communauté de communes de Bourg-en-Bresse qui affiche le plus fort taux de renouvellement de son réseau. Sur le tronçon qui dessert notamment Pouillat, 9,53% des canalisations ont été changées. 

    Dans la Loire, c'est le réseau de Loire Forez agglomération qui réalise le plus de travaux, avec un taux de 13,13%, et une traque « à l'oreille » des fuites sur le réseau.

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    Des réseaux vieillissants mais des chantiers impopulaires

    50% des réseaux d'alimentation en eau potable ont été posés avant 1972, sachant que leur durée de vie moyenne est de 50 à 60 ans. Chaque année, est renouvelé environ 0,6% des 980 000 kilomètres de canalisations (soit 5 980 km) qui acheminent l'eau des usines de potabilisation vers les abonnés.

    Mais les élus locaux sont parfois prudents avec ce type de chantiers : ils sont souvent impopulaires auprès de leurs administrés en raison des nuisances qu'ils occasionnent, notamment en matière de circulation et de bruit, et ensuite parce qu'ils peuvent se traduire par une augmentation des tarifs de l'eau pour le consommateur.

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