Inde: le chef du «parti des cafards» arrêté avant une nouvelle journée de mobilisation à New Delhi

Ce samedi 10 octobre, New Delhi est à nouveau sous tension, alors que la jeunesse et l’opposition se mobilisent contre des soupçons de fraude électorale. Le chef du « parti des cafards » a été arrêté par la police. Au cœur de la controverse : la radiation contestée de 130 millions d’électeurs des listes électorales. De grands rassemblements sont attendus ce samedi pour dénoncer les agissements de la commission électorale, malgré leur interdiction par les autorités.

Publié le : 10/10/2026 - 08:00Modifié le : 10/10/2026 - 08:13

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Les avertissements de la police contre les rassemblements tournent en boucle dans le centre de Delhi totalement barricadé, a constaté notre correspondant à New Delhi, Abdoollah Earally. Plus de 20 000 membres des forces de l'ordre ont été déployés dès vendredi soir, selon l'agence Press Trust of India. Des stations de métro ont été fermées et l'internet mobile suspendu en prévention d'une nouvelle manifestation d'ampleur ce samedi 10 octobre, pour exiger la démission du président de la commission électorale.

Akritee, une agricultrice venue de l’État voisin, d’Uttar Pradesh, s'apprête pourtant à braver l'interdiction : « On est là pour défendre notre droit de vote. On détruit notre démocratie. On est en train de nous arracher notre droit de voter. »

Lancée par le « parti des cafards », la contestation contre la suppression de 130 millions d’inscrits des listes électorales prend une ampleur nationale. Ce samedi, en amont de la manifestation, le « parti des cafards » a indiqué sur les réseaux sociaux, que son chef Abhijeet Dipke avait été arrêté, ainsi que d'autres figures du mouvement, en diffusant des images de la passerelle d'un avion présenté comme celui d'où il débarquait dans la capitale pour rejoindre le lieu du rassemblement. Ces arrestations des meneurs du « parti des cafards » confirment l'extrême tension à New Delhi.

Mouvement d'ampleur

Pour l’avocat constitutionnaliste Prashant Bhushan, la mobilisation est exceptionnelle : « On n'avait pas vu de manifestations de telle ampleur depuis l'arrivée au pouvoir de Modi. Il y a eu le mouvement des agriculteurs ou la contestation contre la loi sur la citoyenneté, mais celle-ci est bien plus importante. »

Face à cette fronde, le pouvoir déploie un imposant dispositif sécuritaire, qui plonge la capitale en territoire inconnu. « Beaucoup de gens risquent d'être bloqués par la police. C'est totalement imprévisible, on ne sait pas ce qui va se passer », s'inquiète Prashant Bhushan.

Le quotidien The Indian Express, qui a révélé le scandale le 23 septembre, résume ainsi dans son édition du jour, ce bras de fer : « Comme si l’État affrontait une armée étrangère, plutôt que des jeunes porteurs de revendications légitimes, sans volonté révolutionnaire. »

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