Les pompiers ne sont pas assez protégés de la fumée
20 Minutes avec AFP
Publié le 27/07/2026 à 09h08 • Mis à jour le 27/07/2026 à 09h08
Pour la CFDT, le constat est accablant : les pompiers sont « envoyés au charbon » sans protection efficace contre les gaz et particules dégagés lors de feux de forêt. « Au moins quatre pompiers sont allés en caisson hyperbare pour le monoxyde du carbone », a évoqué dimanche Sébastien Bouvier, le secrétaire fédéral du syndicat, en charge des services d’incendie et de secours.
Le feu qui ravage la Gironde depuis mercredi a déjà fait 75 blessés parmi les sapeurs-pompiers. Dix d’entre eux ont dû être évacués. « Il faut nous donner des moyens pour nous protéger : on a les camions, sauf que pour respirer, on a des cagoules qui sont même pas au niveau d’un FFP1 ».
Lors des interventions dans des bâtiments, les pompiers sont équipés d’appareils respiratoires isolants, des masques étanches avec des bouteilles d’air. Contre les feux en cours, nombreux sont ceux qui ne portent qu’une fine cagoule, qu’ils retirent souvent dès qu’ils ne sont plus au combat direct avec le feu bien qu’à quelques dizaines de mètres des fumées.
« Changer la tactique opérationnelle »
Mais le système utilisé pour les feux de bâtiments « est impossible à mettre lors des feux de forêt, trop gênant et pas adapté parce que les hommes ne tiendraient pas, vu la chaleur », explique Norbert Berginiat, vice-président de la fédération nationale des sapeurs-pompiers de France. Les cagoules actuelles filtrent « au moins les grosses particules », mais « petites particules sont moins bien filtrées ».
Un nouveau modèle filtrant a été mis au point, le référentiel par la Sécurité civile, souligne Sébastien Bouvier. Mais « quand vous avez une cagoule qui ne filtre rien ou quand vous mettez sur le nez une cagoule qui va filtrer 85 % de toutes les particules cancérogènes, forcément, les méthodes de travail ne vont pas être les mêmes » ni « votre effort physique. Sauf qu’en faisant ça, on doit changer la tactique opérationnelle. Et ils ne veulent pas le faire pour l’instant ».
La question du coût de l’équipement
Il estime que la problématique financière est également un frein : « 15 euros pour une cagoule qui ne vous protège de rien » contre « 60 euros » pour « une cagoule qui vous protège des gaz cancérogènes, j’insiste bien sur des gaz cancérogènes parce qu’en fait la problématique, c’est le monotype du carbone ». Certains services départementaux d’incendie et de secours s’interrogent toutefois sur l’opportunité d’investir dans ces nouvelles cagoules qui ne seront pas portées car jugées inconfortables par des pompiers qui l’ont testée, dit-il ou « essayer d’autres solutions ».
L’activité de sapeur-pompier est classée comme cancérogène (Groupe 1) par le CIRC de l’OMS. En France, un décret de décembre 2025 a étendu la reconnaissance de ces pathologies professionnelles.