Incendies en Gironde : quelle aide apportent les agriculteurs et ont-ils vraiment été incités à ne pas intervenir ?
l'essentiel Pour apporter un soutien logistique aux pompiers qui luttent contre les incendies en Gironde, des centaines d'agriculteurs locaux se mobilisent. Des déclarations de la préfète du département ont semblé vouloir mettre un coup de frein à ce soutien logistique. Qu'en est-il réellement ?
"Nous ne souhaitons pas qu’ils prennent des initiatives individuelles". Alors que des centaines d'agriculteurs affluent vers la Gironde pour venir en aide aux pompiers sur le front du mégafeu qui a détruit 42 000 hectares, la préfète Sophie Brocas a tenu des propos qui ont engendré une polémique. Elle a notamment demandé aux exploitants agricoles de ne pas prendre "des initiatives individuelles" ou d'intervenir "de manière spontanée".
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Des agriculteurs locaux, ou même venus d'autres régions, se sont en effet mobilisés, notamment à l’aide de leurs cuves à eau. Concrètement, ils effectuent des aller-retour entre des points d'eau et le front des incendies pour que les pompiers ne perdent pas de temps à remplir leurs citernes. Mais ce dimanche 26 juillet, la préfète a apporté une critique à cet élan solidaire : "Je ne veux pas qu’il y ait d’agriculteurs qui soient pris dans les flammes et qui soient blessés ou pire. La générosité c’est très bien, à condition que ce soit organisé". Les autorités appellent-elles vraiment à une non-intervention de la société civile ? C'est un peu plus compliqué.
Face aux incendies qui frappent la Gironde et le Var, des milliers d’agriculteurs venus de nombreux territoires se mobilisent une nouvelle fois aux côtés des sapeurs-pompiers.
Avec leurs tracteurs, leurs tonnes à eau et leur connaissance du terrain, ils apportent un soutien… pic.twitter.com/Jw8Bsbu1Vp
— Annie Genevard (@AnnieGenevard) July 26, 2026
Pour commencer, il faut rappeler que la préfecture "salue" cette "forte mobilisation" du monde agricole, à chaque point sur la situation. La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a salué les agriculteurs qui "apportent un soutien logistique indispensable pour la création de pare-feux ou la sécurisation des accès, avec un engagement exemplaire".
Tout est une question de coordination
Pour encadrer ce soutien précieux et sécuriser toutes les personnes engagées, les autorités ont mis en place une démarche administrative, décidée par la Chambre d'agriculture de Gironde sous la coupe de la préfecture. Dans un post Facebook, la FNSEA 33 demande "de ne pas se déplacer sans demande préalable" ou de le faire en remplissant un "formulaire d'inscription" afin de se déclarer.
Théo Hernandez, vigneron et président des Jeunes agriculteurs de Gironde, a détaillé la nature de cette demande préalable. Auprès de TF1info, il explique notamment qu'il l'a lui-même fait et que cela ne prend pas plus de 2 minutes. "Il faut envoyer le nom du chauffeur, le matériel à disposition et le nom de l'entreprise". Présent au soutien des pompiers, le jeune homme insiste également sur "l'importance de cette coordination".
Près de 600 agriculteurs enregistrés
De son côté, Jérôme Fréville, président de la FNSEA 33, a expliqué à nos confrères que "tous les agriculteurs qui se sont déplacés ont pris des risques énormes et aussi en termes d'assurance", que ce soit pour les biens ou les personnes. "Et pourtant, je ne peux pas les en blâmer car ils ont été utiles". Une situation "régularisée depuis ce mercredi", a communiqué la Chambre des agriculteurs de Gironde qui a reconnu une situation "difficile à gérer" face à "l'afflux de volontaires". Résultat : près de 600 agriculteurs sont enregistrés et leur aide peut être encadrée et coordonnée.
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Pour faciliter cette aide (et peut-être éteindre la polémique ?), la préfète Sophie Brocas a d'ailleurs pris un arrêté, ce mercredi 29 juillet, "afin de permettre la réquisition des entreprises de travaux agricoles pour la mise à disposition de citernes en appui à la lutte contre le feu". Elle autorise aussi la circulation et l'accès à certaines parcelles agricoles, sauf entre 14 h et 20 h.