Incendies en Gironde : La Poste envisage de faire rattraper les heures perdues à ses salariés qui n’ont pas pu travailler, colère des syndicats qui dénoncent une "double peine"
Face aux fermetures imposées par les feux de forêt estivaux, La Poste s’appuie sur le Code du travail pour imposer le rattrapage des heures perdues à ses agents. Cette récupération, plafonnée à une heure par jour, doit être effectuée sous 12 mois. Dénonçant une "double peine", la CGT-FAPT a déposé un préavis de grève.
Après les violents incendies ayant ravagé la Gironde, la direction de La Poste exige de plus de 500 employés, privés d’activité lors de la fermeture exceptionnelle de sites, de récupérer les heures non travaillées ou de poser des congés. Une décision légale mais qui provoque un tollé.
Les conséquences inattendues pour plus de 500 postiers
L’impact des incendies dévastateurs en Gironde, qui ont réduit en cendres plusieurs dizaines de milliers d’hectares de végétation, se fait lourdement ressentir sur le plan social. Au plus fort de la crise, la plateforme de tri de Cestas, ainsi que de nombreux bureaux locaux, ont été contraints de fermer.
Les employés concernés par ces fermetures — dont certains avaient été évacués de leur propre domicile — ont pu conserver leur rémunération habituelle. Toutefois, la direction de Nouvelle-Aquitaine a adressé un courrier formel à ses équipes, consulté par France Inter : "Les heures non réalisées seront reportées". La direction exige de ses employés de récupérer ces heures sous forme d'"heures perdues" ou en posant des jours de congé.
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Une application stricte du Code du travail
Pour justifier cette orientation, la direction s’appuie sur l’article L. 3121-50 du Code du travail. Ce dernier autorise, dans des circonstances exceptionnelles et en cas de force majeure, la récupération des heures perdues. L’objectif pour l’entreprise est de lisser le coût financier des perturbations tout en garantissant le maintien de salaire des 500 collaborateurs affectés.
Si le dispositif est légal, il est strictement encadré : l’Inspection du travail doit être informée, et ces heures doivent être récupérées dans un délai maximum de 12 mois. Passé ce délai, elles seront définitivement perdues pour l’employeur. La limite de récupération a été fixée par la direction à une heure maximum par jour et huit heures par semaine.
Colère syndicale
Cette décision a immédiatement provoqué la colère des syndicats, notamment la CGT-FAPT, qui dénoncent une "double peine" pour des salariés déjà traumatisés par les incendies et les évacuations. Johnny Perré, délégué syndical CGT, souligne que la direction de La Poste pourra utiliser ce réservoir d’heures lors des futurs pics d’activité, comme la période de Noël ou le Black Friday, obligeant les postiers à travailler plus sans rémunération supplémentaire.
Face à ce qu’ils considèrent comme un grave manque d’empathie patronale, les représentants du personnel ont déposé un préavis de grève. Ils exigent le maintien intégral des salaires sans aucune perte de congés ni obligation de rattrapage. Le Comité social et économique (CSE) de Nouvelle-Aquitaine doit être officiellement consulté dans les prochains jours pour débattre des conditions de ce dispositif particulièrement controversé.