Incendies en Gironde et dans les Landes : pourquoi Bruno Retailleau avait-il dit non à une base de Canadairs à Mont-de-Marsan en 2025, pourtant promise par l'État ?
l'essentiel Le refus du gouvernement d'implanter une base de Canadair à Mont-de-Marsan en 2025 revient au cœur du débat alors que les incendies frappent de nouveau les Landes et la Gironde.
En mai 2025, le gouvernement avait refermé la porte. Le projet d'une base aérienne de sécurité civile permanente à Mont-de-Marsan (Landes), destiné à accueillir des Canadair, était abandonné par Bruno Retailleau, alors ministre de l'Intérieur. Une décision qui, un an plus tard, résonne avec une acuité particulière alors que les flammes ravagent de nouveau les forêts des Landes et de la Gironde.
À lire aussi : VRAI OU FAUX. Incendies : la flotte aérienne pour lutter contre le feu a-t-elle vraiment été "multipliée par deux" comme l'affirme Laurent Nuñez ?
Estimé à 318 millions d'euros, le projet devait permettre d'améliorer la rapidité d'intervention des avions bombardiers d'eau dans le Sud-Ouest. À l'époque, Beauvau estimait que l'installation d'une deuxième base aérienne pérenne n'était "pour l'instant" pas prévue. Une réponse qui avait suscité une vive colère dans les Landes.
Une promesse non tenue
Le président socialiste du conseil départemental, Xavier Fortinon, ne cachait pas son amertume après avoir reçu le courrier du ministre. "Bruno Retailleau dit non", résumait-il.
Dans un communiqué, il dénonçait "un revirement" de l'État et rappelait qu'en août 2023, au milieu des paysages encore marqués par les incendies de La Teste-de-Buch et de Landiras, l'exécutif avait promis de tirer les leçons de la catastrophe et de mobiliser les moyens nécessaires pour éviter qu'un tel scénario ne se reproduise.
"Gérald Darmanin annonçait l’installation à Mont-de-Marsan d’une seconde base aérienne en complément de celle de Nîmes", indiquait le président du département.
À lire aussi : VIDÉO. Incendie en Gironde : 32 700 hectares brûlé et 167 000 personnes évacuées
"Cela en dit long sur l’intérêt réel que porte ce gouvernement et ses soutiens à la protection du massif forestier landais et à la sécurité de nos concitoyens", pestait alors Xavier Fortinon suite à cette promesse non tenue.
Une seule base pour les Canadair
Une seule base permanente concentre aujourd'hui l'ensemble de la flotte française de lutte aérienne contre les incendies. Les Canadair, les Dash et les Beechcraft sont stationnés à Nîmes.
Pour le Sud-Ouest, cette organisation implique des temps de trajet plus longs avant les premiers largages. Un paramètre déterminant au moment où un feu naît et peut encore être contenu, dans une région qui abrite le plus vaste massif forestier de France métropolitaine et qui voit sa population fortement augmenter chaque été.
"Cette situation n’est plus possible"
Sauf que le contexte actuel ravive évidemment le débat. Plus d'un an après le refus gouvernemental, les forêts girondines et landaises brûlent à nouveau et la question d'une implantation plus proche des zones les plus exposées revient avec insistance.
À cette difficulté géographique s'ajoute celle des moyens disponibles. Sur les douze Canadair que possède la France, "seuls cinq étaient opérationnels vendredi, c’était sept samedi", assurait Éric Durand, pilote et secrétaire général adjoint du Syndicat national du personnel navigant de l’aéronautique civile, dans un entretien au Monde.
"Cette situation n’est plus possible, il faut trouver des solutions", alertait-il en fin de semaine.
À lire aussi : VIDÉO. Incendie en Gironde : L'A400M effectue son premier largage de retardant
Le président du département des Landes revient à la charge
Quelques jours avant les premiers départs de feu de cet été, Xavier Fortinon avait déjà tenté de relancer le dossier. Début juillet, il a écrit au Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour réclamer la création d'une base aérienne de sécurité civile à Mont-de-Marsan.
L'objectif est toujours le même : doter le Sud-Ouest d'une infrastructure capable d'accueillir des moyens aériens lourds, notamment des Canadair, afin de renforcer la lutte contre des incendies qui, été après été, semblent devenir la nouvelle norme.