Incendie dans les Fagnes : des renforts internationaux à nouveau mobilisés
Chaque jour, environ 80 personnes restent mobilisées sur le terrain. La réduction progressive des moyens ne suffit pas à lever l’alerte sur les secteurs les plus exposés.
Publié le 29/08/2026 à 19:51
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Une quinzaine de jours après le début de l’incendie dans les Fagnes, la situation reste compliquée, particulièrement sur les fronts nord et est. Un vent soutenu de sud-ouest, de l’ordre de 20 km/h avec des rafales pouvant atteindre 40 à 50 km/h, favorise la reprise du feu ainsi que sa propagation et impose une vigilance accrue, ont indiqué les services du gouverneur.
Les services du gouverneur précisent que les opérations aériennes ont pu reprendre grâce à des conditions météorologiques favorables. «Afin de permettre aux équipages belges de respecter les temps de repos réglementaires, un hélicoptère de la police allemande a été déployé samedi et devrait poursuivre sa mission dimanche», ont-ils ajouté.
Ce week-end, environ 80 personnes restent mobilisées chaque jour. Cinq véhicules allemands et une trentaine d’hommes sont également venus en renfort dans le cadre du partenariat transfrontalier au sein de l’Eurorégion Meuse-Rhin (Emric).
Un véhicule spécialisé «Super FireFighting» de 40 tonnes a par ailleurs été engagé pour appuyer la lutte contre le feu et les opérations de dégagement.
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La N68 reste fermée à la circulation, au moins jusqu’au mercredi 2 septembre, afin de réserver cet axe aux mouvements et à l’approvisionnement des véhicules d’intervention, notamment à hauteur du rond-point Drossart.
Malgré la réduction progressive des moyens engagés, la situation nécessite toujours une surveillance permanente et une capacité d’intervention rapide, particulièrement sur les fronts nord et est, concluent les services du gouverneur.
Travaux en pleine sécheresse, coupe-feu, moyens d’intervention… : l’étau se resserre autour des choix du DNF suite à l’incendie dans les Fagnes, « c’était inconscient »
Deux semaines après le début de l’incendie qui a ravagé plus de 3.300 hectares dans les Hautes Fagnes, plusieurs éléments recueillis à bonne source interrogent sur les choix opérés avant le sinistre. Des professionnels du terrain jugent, eux, les conditions de travail particulièrement risquées.
Deux semaines après le début de l’incendie des Hautes Fagnes, dont une importante reprise de feu a été constatée, les circonstances exactes du départ du feu et de sa propagation restent au cœur de l’enquête judiciaire. Certains choix posés avant le sinistre ont-ils pu contribuer à son déclenchement ou à son ampleur ?
Plusieurs sources concordantes et particulièrement fiables mettent aujourd’hui en question plusieurs décisions prises dans le cadre de la gestion des Hautes Fagnes par le DNF. Des éléments sérieux, sans qu’aucune responsabilité judiciaire soit établie à ce stade.
Au centre des interrogations figurent des travaux de fauchage réalisés à proximité de la zone où l’incendie aurait pris naissance. Ils dépendraient du cantonnement de Malmedy du DNF et auraient été confiés à une société sous-traitante. Selon plusieurs témoignages concordants recueillis par nos soins, l’entreprise aurait elle-même exprimé des réticences à poursuivre en raison de la sécheresse et du risque d’incendie. Toujours selon ces sources, elle aurait néanmoins été invitée à continuer. Contactée, la société n’a pas souhaité réagir.
« C’était une bêtise »
Sans être témoins de ces échanges, deux professionnels connaissant bien le terrain et ces machines jugent les conditions particulièrement risquées.
Sébastien Lambotte, professionnel du monde agricole et de ses machines, rappelle que des pierres peuvent affleurer sous les hautes herbes. « Travailler à ce moment-là avec des broyeurs forestiers, c’était une bêtise. D’autant plus sans prévoir des moyens de précaution à proximité. Ils auraient dû faire ce travail au printemps ou attendre l’automne. Là, c’était vraiment le pire moment possible. »
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Didier Schmitz, agent communal à Jalhay, exploitant forestier et coordinateur durant les incendies, est tout aussi sévère. « Les pierres dans les Fagnes sont très dures. Par expérience, je peux dire que des étincelles, lors de ce type de travaux, il y en a toujours. » Et d’ajouter : « Faire un fauchage par broyage en pleine sécheresse, au mois d’août, avec de hautes herbes complètement sèches, c’est inconscient. C’est quelque chose qui aurait dû être évité. »
Des coupe-feu qui posent question
L’entretien des coupe-feu est également pointé par plusieurs sources. « Avant, on les fauchait toujours fin juin ou début juillet pour qu’ils soient verts en été. Actuellement, il y a un mètre de foin séché dessus. Ils ne forment plus cette barrière de défense entre la Fagne et les forêts », affirme l’une d’elles.
Didier Schmitz évoque aussi un problème plus global : baisse des effectifs, accès plus compliqués, manque de points d’eau et entretien moins régulier. « Il faut travailler avec les gens de terrain, plus que jamais », estime-t-il.
Une chenillette privée de son matériel
Autre élément sensible : les moyens d’intervention rapide auraient été réduits. À Botrange se trouverait une chenillette qui aurait pu être utilisée directement dans la Fagne. Lorsque le feu s’est déclaré, des ouvriers auraient pensé à aller la chercher. « J’ai vu le feu et on nous a dit d’aller chercher la chenillette », témoigne un ouvrier forestier. « Elle est toujours là, mais nous n’avons plus les tonneaux et les pompes. Sans cela, cela ne servait à rien d’aller à la rencontre du feu. »
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Selon nos informations, ce matériel aurait été vendu plusieurs mois auparavant. « Nous n’avions plus les moyens de défense rapide pour intervenir », regrette l’ouvrier, qui assure que cette chenillette avait déjà servi lors de précédents départs de feu.
Plusieurs sources évoquent des tensions autour du maintien des travaux malgré la sécheresse. Des remarques du terrain n’auraient pas été suffisamment prises en compte. Dans le même temps, le gouverneur de la province de Luxembourg avait interdit le fauchage sur son territoire. Aucune mesure similaire n’avait été prise dans la province de Liège.
Le SPW appelle à la prudence
Du côté du SPW, dont dépend le DNF, on refuse de tirer des conclusions avant la fin de l’enquête. « On respecte le secret de l’information judiciaire. Il appartiendra à l’enquête de faire la lumière sur tout ce qui s’est passé », indique Nicolas Yernaux. Le SPW rappelle que le fauchage est pratiqué depuis des décennies dans les Hautes Fagnes et constitue un outil de restauration de la biodiversité. « Est-ce qu’il y avait trop de risques à faucher ? C’est tout le travail de l’enquête, qui va prendre plusieurs mois. Il manque de nombreuses pièces au puzzle. »
Une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Liège du chef d’incendie involontaire. Plusieurs hypothèses restent examinées. À ce stade, aucune responsabilité judiciaire du DNF n’est établie. Mais les travaux réalisés en pleine sécheresse, l’entretien des coupe-feu et les moyens d’intervention sont désormais au cœur des questions.
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