Opéra Populaire de Genève: 'In Guilty Night' au Pavillon Sicli
L'Opéra Populaire de Genève présente son premier spectacle, 'In Guilty Night', entre baroque et musique électronique, création et répertoire. Mise en scène par son nouveau directeur artistique Luc Birraux, la production est à découvrir du 21 au 23 août au Pavillon Sicli.
Pour célébrer ses soixante ans, l'historique Opéra de Chambre de Genève change de nom et devient l'Opéra Populaire de Genève. Pour inaugurer cette nouvelle ère, son nouveau directeur artistique et metteur en scène, Luc Birraux, propose une création audacieuse intitulée 'In Guilty Night', présentée dans un lieu peu habitué à l'art lyrique, le Pavillon Sicli, ancienne usine d'extincteurs à l'architecture incroyable. Un spectacle hybride au croisement de la musique baroque, de l’électronique et du théâtre social.
Le spectacle s'articule autour de la figure biblique du Saül, premier roi (malgré lui) d'Israël, couronné par un Dieu obscur, absent et injuste, et de sa rencontre interdite avec la magicienne (ou sorcière) d'En-Dor. Au centre de l'œuvre se trouve le micro-oratorio d'Henry Purcell (1659-1695), 'Saul and the Witch of Endor'. Acculé par la défaite, le roi choisit, face au silence divin, de transgresser ses propres lois en allant consulter la devineresse, qu'il avait lui-même bannie, pour chercher des réponses, hélas funestes. Pour Luc Birraux, ce récit est avant tout celui d'une quête humaine désespérée et une réflexion sur la transgression et la transcendance.
Quand Purcell rencontre l'électro
Interprétée sur instruments anciens par l'ensemble Les Argonautes, sous la direction de Jonas Descotte, la musique de 'In Guilty Night' conjugue la partition de Purcell et les musiques électroniques d'Uèle Lamore, compositrice pour la scène (notamment Yael Naim, Thylacine ou Max Cooper) autant que pour les écrans ('Les femmes au balcon', la série 'Maigret' sur PBS). "Purcell est un génie absolu dont on ressent encore l'influence jusque dans la techno aujourd'hui (...). Pour l'ouverture, j'ai proposé d'imaginer ces funérailles avec un Purcell, d'une certaine manière, sous acide", raconte Luc Birraux dans l'émission Musique Matin du 14 août.
C'est dans l'ADN de l'Opéra Populaire de Genève de faire de la création, de commander de nouvelles partitions à des compositrices et des compositeurs vivants pour ne pas toujours invoquer que les morts dans les salles de concert.
Si 300 ans d'écart séparent les partitions musicales de Purcell et Uèle Lamore, toutes deux interrogent la mort et la transgression dans un dialogue théâtral.
Une aventure humaine inclusive
Fidèle à la mission de l'Opéra Populaire, cette production intègre un chœur parlé constitué de personnes en situation de fragilité ou de handicap. Les solistes Mariamielle Lamagat (soprano), Joël Terrin (ténor), William Socolof (baryton-basse) et les comédiens et comédiennes Michaël Comte et Kelly Chevaucherie sont accompagnés sur scène par sept personnes bénéficiaires des établissements publics pour l'intégration (EPI), comme interprètes à part entière.
"L'opéra, c'est le lieu où les humains les plus différents possibles peuvent se rencontrer. C'est un art du collectif par excellence (...). Faire se rencontrer de très grands professionnels et des gens qui sont habituellement éloignés de la scène (...), c'est une collaboration bouleversante à découvrir", estime le metteur en scène.
Propos recueillis par Yves Bron
Adaptation web: ld
'In Guilty Night' de l'Opéra Populaire de Genève, mis en scène par Luc Birraux, Pavillon Sicli, Genève, du 21 au 23 août 2026.