Imran, 7 ans, retrouvé mort le corps en partie congelé à Perpignan : renvoyé aux assises pour meurtre, le père soutient que le "faux" certificat de décès de son fils a été rédigé par un autre
Moins de trois ans après le drame, le juge d’instruction a rendu son ordonnance de mise en accusation dans l’affaire du petit Imran, sept ans, dont le corps couvert de coups a été retrouvé au domicile familial dans le quartier du Vernet à Perpignan, en septembre 2023. Le père de l’enfant est renvoyé devant la cour d’assises afin de répondre de son meurtre mais aussi pour tentative de meurtre sur ses deux petites sœurs. L’homme a décidé de faire appel pour solliciter de nouvelles expertises.
L’enquête est officiellement bouclée concernant la mort tragique d’Imran, ce petit martyr de sept ans, qui a marqué pour longtemps tous ceux qui y ont été confrontés.
Le 14 septembre 2023, Salim B., le père de l’enfant, s’était présenté dans une société de pompes funèbres de Perpignan pour chercher des renseignements pour la levée de corps de son fils qui, disait-il, venait de succomber et se trouvait dans l’appartement familial, avenue Roudayre. Choquée par cette demande, l’employée s’était renseignée, avait appris qu’aucun décès correspondant n’avait été enregistré et avait alerté les forces de l’ordre. La police s’était aussitôt rendue sur les lieux et avait découvert l’enfant sans vie, le corps couvert d’ecchymoses gisant dans la salle de bains après avoir été vraisemblablement placé dans un congélateur.
Tandis que ses deux petites sœurs, âgées de deux et trois ans, avaient été emmenées aux urgences de Perpignan par d’autres membres de la famille, présentant, elles aussi, de multiples traces de graves traumatismes. L’homme de 29 ans, qui serait passé aux aveux sur la totalité des faits reprochés mais sans fournir aucune explication sur le déroulé des faits, ni surtout sur leur mobile, avait été placé en détention provisoire dans l’attente de la poursuite des investigations. Qui viennent donc d’arriver à leur terme.
Le juge d’instruction a décidé de renvoyer le père devant une cour d’assises pour le meurtre d’Imran et pour tentative de meurtre sur ses deux fillettes. La mère et le frère du mis en cause qui avaient été placés sous contrôle judiciaire et mis en examen pour ne pas avoir dénoncé un crime dont ils étaient soupçonnés d’avoir eu connaissance, ont bénéficié d’un non-lieu. "Cette décision était parfaitement attendue", précise Me Maxime Falchi, l’avocat de la mère. "Il n’y a rien dans ce dossier permettant de reprocher à cette femme de s’être abstenue d’informer les autorités. Mais cela a eu des conséquences énormes car cette grand-mère a été privée de voir ses petites-filles pendant des années."
Vers une abolition du discernement ?
Salim B., pour sa part, ne compte pas en rester là. Il a décidé, par l’intermédiaire de son avocat Me Gérald Brivet-Galaup, de faire appel de cette ordonnance de mise en accusation auprès de la chambre de l’instruction pour solliciter un complément d’informations. D’une part, il demande une contre-expertise psychiatrique dans l’objectif, semble-t-il, d’obtenir une abolition du discernement et donc une décision d’irresponsabilité pénale. Sachant que les premiers spécialistes ont conclu à "une schizophrénie ancienne et ancrée" et ont retenu l’altération du discernement. La seconde requête concerne une analyse graphologique du faux certificat de décès d’Imran que le père avait présenté aux pompes funèbres. "Ce n’est pas son écriture", assure son conseil. Cette nouvelle expertise, si elle est ordonnée, ouvrira-t-elle la piste d’un complice ? Quelqu’un avait-il connaissance du décès d’Imran, ou bien des violences subies par les enfants ?
Une plainte avait en effet été déposée à l’encontre du père trois mois avant le drame, soit en juin 2023, pour des violences sur les trois petits et sur leur mère. Pour ces faits, Salim B. a été jugé par le tribunal correctionnel de Perpignan, en octobre 2024, mais en son absence car il a refusé d’être extrait du centre pénitentiaire. Il a été reconnu coupable et condamné à 18 mois de prison ferme.