Marchand craint que Québec perde son statut à l’UNESCO

Bruno Marchand estime que tout projet d’infrastructure qui risquerait de faire perdre à Québec sa désignation de ville du patrimoine mondial de l’UNESCO serait « une erreur terrible ».

Radio-Canada révélait mercredi que l’organisme des Nations unies affirme ne pas avoir reçu de « notification officielle » concernant un éventuel troisième lien et prévient que tout projet de cette envergure devra faire l’objet d’une évaluation d’impact sur le patrimoine.

La mouture du troisième lien proposé par Christine Fréchette, aurait indéniablement une incidence sur le paysage historique visible au sommet du cap Diamant qui, selon l’UNESCO, fait partie des éléments nécessaires pour exprimer la valeur universelle exceptionnelle de l'arrondissement historique.

On doit être fiers de ce statut-là, a indiqué le maire mercredi. C’est un important moteur économique de la région, ça nous positionne et ça fait en sorte, entre autres, que les touristes nous regardent. On ne peut pas perdre ça.

Cette désignation, comme un site exceptionnel du patrimoine mondial, c’est un trésor pour la ville. Ça fait 40 ans qu’on l’a. À titre de maire de Québec, je ne pourrai jamais m’associer à des projets qui vont menacer ce statut-là. C’est impossible.

Carte des deux tracés, qui survolent le fleuve, qui relient l'autoroute 20, à Lévis, à la Rive-Nord.

Le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) a étudié deux tracés devant l'île d'Orléans pour le projet de troisième lien.

Photo : Radio-Canada

Déterminer le tracé d’abord

Appelée à réagir, la cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ) assure que la désignation de l’UNESCO fera partie des considérations, mais il est encore trop tôt, à son avis, pour s’inquiéter d’une perte de statut.

Christine Fréchette, cheffe de la Coalition avenir Québec

Christine Fréchette, cheffe de la Coalition avenir Québec

Photo : Radio-Canada

On va commencer par définir le corridor et analyser les 21 offres qu'on a eues dans le cadre de l'appel d'intérêt. La prise de contact avec l'UNESCO va se faire, mais dans une seconde étape, quand on saura exactement à quel endroit va passer cette infrastructure.

Selon Christine Fréchette, un pont à l’est n’est pas nécessairement incompatible avec le statut patrimonial de Québec, à condition de choisir une structure qui va bien s’insérer dans le paysage.

C’est alarmant

De son côté, le député sortant de Québec solidaire dans Taschereau déplore le peu de considération qu’ont certains partis pour le statut et la ville de Québec.

Etienne Grandmont, candidat solidaire dans la circonscription de Taschereau

Etienne Grandmont, candidat solidaire dans la circonscription de Taschereau. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

C’est alarmant; il ne faut absolument pas perdre cette désignation du patrimoine mondial de l’UNESCO, c’est une carte de visite à l’international qui est exceptionnelle, juge Etienne Grandmont.

Ce dernier souligne que la perte de ce statut de ville du patrimoine mondial est une possibilité bien réelle alors que la ville de Liverpool, en Angleterre, l’a perdue en 2021 en raison du développement immobilier incompatible avec la désignation.

La désignation de l'arrondissement historique de Québec par l'UNESCO en tant que bien du patrimoine mondial est aussi centrale dans la Loi accordant le statut de capitale nationale à la Ville de Québec.

Pas de problème avec un pont à l’île

Aux yeux du Parti conservateur du Québec (PCQ), cette mise en garde de l’UNESCO représente un argument de plus en faveur de son projet, qui consiste à construire un pont pour relier l’île d’Orléans à la Rive-Sud. Le chef Éric Duhaime souligne que le paysage dans le secteur est déjà affecté par la présence de pylônes d’Hydro-Québec.

Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec.

Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec

Photo : Radio-Canada

Je pense que, si l'UNESCO trouve quelque chose d'affreux, je pense qu'elle va parler plus des pylônes d'Hydro-Québec que du pont qu'on veut construire, qui va s'harmoniser avec le pont qui en en train d'être construit, analyse celui qui tente de se faire élire dans Bellechasse.

Éric Duhaime avance aussi que son projet n’aurait presque pas d’incidence sur le paysage que cherche à protéger l’UNESCO. Je pense que ça ne s'applique pas pour le pont proposé par le PCQ. Pour le pont de la CAQ, oui, il pourrait y avoir un problème.

Le projet du PCQ s’est néanmoins récemment attiré certaines critiques, notamment de la part de camionneurs qui jugent impensable de transiter par le chemin Royal et la route Prévost.

L'improvisation dénoncée

Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, croit pour sa part que la déclaration de l'UNESCO démontre l'improvisation de la CAQ dans le dossier du troisième lien.

Paul St-Pierre Plamondon parle et lève l'index.

Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon

Photo : La Presse canadienne / Christinne Muschi

Pour être honnête, je ne sais pas à quel point l'UNESCO a de l'influence sur la politique québécoise, mais quand même, ça nous rappelle à quel point c'est de l'improvisation, ce projet caquiste qui nous a été promis à deux reprises, a-t-il affirmé.

À son avis, le troisième lien proposé par la CAQ ne tenait à rien; ça ne tenait à aucune planification ni réflexion sur où ça débouche, et comment ça fonctionne.