Immigration, allocations familiales, Parcoursup… Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Edouard Philippe dans l'émission "L'Heure de vérité" sur France 2
Le candidat Horizons à la présidentielle était l'invité de la nouvelle émission politique de France 2. Voici les passages marquants à retenir de cette interview de plus de deux heures.
France Télévisions
Publié le 08/10/2026 23:05
Mis à jour le 08/10/2026 23:38
Temps de lecture : 6min
Le rendez-vous était important pour Edouard Philippe. Le patron d'Horizons, qui espère toujours s'imposer comme le candidat unique du bloc central lors de l'élection présidentielle, était l'invité, jeudi 8 octobre sur France 2 du premier numéro de l'émission ressuscitée "L'Heure de vérité".
Pendant plus de deux heures, l'ex-Premier ministre a été soumis aux questions sur la mobilisation lycéenne, le pouvoir d'achat, la réforme des retraites, mais aussi la situation internationale avec les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient. L'ancien Premier ministre a dévoilé plusieurs mesures de son programme, notamment concernant le pouvoir d'achat. Voici ce qu'il faut en retenir.
Il prévoit une vingtaine d'ordonnances s'il est élu
"Les acteurs, avant de monter sur la scène, ont le trac. Je suis impressionné par la tâche", a lâché d'entrée de jeu Edouard Philippe, interrogé sur le poids de la fonction présidentielle. Dès son arrivée à l'Elysée, où il ne compte pas vivre, l'ancien Premier ministre prévoit de présenter une vingtaine d'ordonnances lors d'une session extraordinaire en juillet 2027 au Parlement.
Edouard Philippe a aussi assumé qu'il proposerait "des efforts" aux Français car il est "convaincu que si on veut s'en sortir, il va falloir qu'on travaille tous un peu plus."
Il veut revoir "totalement le système des allocations familiales"
Interrogé sur la question du pouvoir d'achat des Français, Edouard Philippe propose de "travailler (…) deux heures de plus par semaine", pour un gain de "1 000 euros de plus par an". "Ce n'est pas négligeable quand on est au smic", a-t-il dit. Le candidat à la présidentielle souhaite aussi "revoir totalement le système des allocations familiales" : "notre nation a besoin d'accompagner ceux qui font des enfants."
Concrètement, le maire du Havre propose de verser une allocation familiale unique de 350 euros par mois dès le premier enfant. La mesure serait "ensuite dégressive avec l'impôt sur le revenu". Il veut aussi "accompagner les familles qui travaillent et qui font un enfant, puis un deuxième, puis un troisième s'ils le souhaitent, en faisant en sorte d'obtenir une réduction d'impôt d'environ 3 000 euros." Enfin, il veut offrir "la possibilité d'obtenir un prêt à taux zéro pour les familles qui, ayant un enfant, doivent changer d'appartement et décident d'acheter un appartement."
Il défend sa réforme des retraites
"Après une vie de travail, il faut pouvoir garantir la retraite à ceux qui la prennent." Le candidat Horizons est revenu sur la réforme des retraites qu'il souhaite mettre en place s'il est élu et qu'il avait dévoilée fin septembre. Edouard Philippe avait ainsi proposé "de porter progressivement la durée de cotisation à quarante-cinq ans et l'âge de départ à 65 ans pour les Français qui le peuvent". Concrètement, il souhaite reprendre la réforme de 2023 d'Elisabeth Borne, suspendue en 2025, et la prolonger pour atteindre ces deux objectifs en moins de dix ans.
"Si on veut équilibrer le système des retraites et si on veut préparer la retraite de ceux qui travaillent aujourd'hui, (...) on doit équilibrer le système en travaillant un peu plus longtemps et en mettant en place un système de capitalisation", a-t-il argumenté.
Il promet de réduire la durée d'indemnisation des chômeurs de dix-huit à douze mois
"Il faut remettre nos comptes en ordre", a martelé Edouard Philippe, qui a fait de cette expression un mantra de sa campagne. Il propose de "consacrer 50% de l'effort sur la plus grande masse de la dépense publique, c'est-à-dire les dépenses sociales."
Pour y parvenir, le maire du Havre souhaite réformer l'assurance chômage pour réduire la durée d'indemnisation de dix-huit à douze mois. Il entend aussi réorganiser les agences de l'Etat et souhaite ne renouveler, durant son quinquennat, que deux départs sur trois concernant les 750 000 départs à la retraite prévus dans la fonction publique.
Il critique Parcoursup
"Je n'ai aucune envie d'être brutal avec les lycéens : j'en ai à la maison", a défendu Edouard Philippe, interrogé sur la mobilisation des lycéens après ses critiques sur les mots d'ordre des participants. "Dans les revendications, il y en a quelques-unes qui me paraissent parfois secondaires, mais il y en a d'autres qui sont fondées, légitimes et importantes à prendre en compte."
L'ancien locataire de Matignon a ainsi fait siennes les revendications des lycéens sur Parcoursup, la plateforme pour choisir ses études supérieures et recevoir les admissions. Selon lui, "ce système est stressant et ne marche pas comme [il] devrait."
Il ne "veut pas la guerre avec la Russie" et assure qu'il faut "discuter" avec Donald Trump
"Je ne veux pas la guerre avec la Russie et la Russie, je crois, ne veut pas la guerre avec l'Otan", a assuré Edouard Philippe, à propos de la guerre en Ukraine. "Aider l'Ukraine dans sa défense pour sa souveraineté, contre l'agression russe, c'est aider les intérêts de la France, parce que ça nous permet d'éviter que la Russie fasse peser sur nous une pression", a-t-il défendu à plusieurs reprises. "Un jour, nous reparlerons avec la Russie", a-t-il aussi prédit.
"Donald Trump est d'une brutalité extrême, dans les mots et dans les décisions", a aussi estimé Edouard Philippe, parlant d'une "relation dégradée" avec les Etats-Unis. Mais, a-t-il nuancé, "ils sont toujours nos alliés" et il faut donc continuer "à discuter" avec le dirigeant américain. "Nous avons des désaccords majeurs en ce moment" avec Israël, a poursuivi Edouard Philippe à propos de la guerre au Moyen-Orient, sans pour autant vouloir dénoncer les relations commerciales avec l'Etat hébreu.
Il veut "diviser par deux l'immigration légale"
"Notre politique d'intégration ne fonctionne pas (...). Il faut admettre que l'immigration est trop importante", a-t-il affirmé. "On doit diviser par deux l'immigration légale, mais cela ne veut pas dire la ramener à zéro", a nuancé l'ex-Premier ministre, défendant "une immigration de travail." Pour cela, il veut s'attaquer "au regroupement familial et au droit à mener une vie familiale normale" sans pour autant totalement évacuer un référendum sur l'immigration, comme proposé par d'autres candidats.
Il veut aussi que l'Union européenne (UE) définisse "une liste de pays sûrs" dont les ressortissants ne pourraient pas demander l'asile au sein de l'UE. Il a par ailleurs maintenu sa proposition de dénoncer l'accord franco-algérien de 1968.
Il promeut une "identité fière"
Dans une longue tirade, Edouard Philippe a défendu sa vision de la France et de son identité. "La France, elle n'est pas grande parce qu'on la regarde dans le rétroviseur", a-t-il exposé, voulant "faire en sorte que notre pays soit fier de ce qu'il est".
"On vit dans une société où les gens se regardent, se méfient, mais il y a aussi des moments extraordinaires où on partage quelque chose. Il faut avoir l'identité fière", a-t-il lancé.
Il veut "décarboner au maximum notre vie"
"Notre pays n'est pas suffisamment préparé à la transformation climatique rapide et de plus en plus rapide qui vient de fait. Nous devons nous adapter", a regretté Edouard Philippe. "Nous devons lutter contre le phénomène, c’est-à-dire décarboner au maximum notre vie", a-t-il ajouté.
Edouard Philippe avait expliqué mi-septembre vouloir "doter la France d'une véritable politique de sécurité climatique", avec plusieurs propositions, notamment la création d'un "fonds unique d'adaptation au changement climatique" de 2 milliards d'euros par an.
Il est contre la GPA
Edouard Philippe a maintenu sa position : il est contre la GPA, qui conduit selon lui "à une forme de marchandisation" du corps des femmes. "Cela fait longtemps que je suis contre et je le suis encore. Et je pense que je vais l'être encore assez longtemps."
Concernant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, il a confessé qu'il ne prenait "pas suffisamment au sérieux" ces sujets-là lorsqu'il était adolescent et jeune adulte et dit avoir évolué sur ces thématiques sous l'influence de ses enfants.
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