"Ils gagnent trop d'argent, je n'aime pas ça" : Trump s'attaque à deux géants américains
"Ils gagnent trop d'argent, je n'aime pas ça", a lancé le président américain Donald Trump, ce lundi, devant les journalistes dans son Bureau ovale. Dans son viseur : deux géants pétroliers américains ExxonMobil et Chevron, qui ont publié leurs résultats financiers vendredi dernier.
Le président américain accuse les deux entreprises de profiter de la hausse des prix du carburant, notamment provoquée par la guerre en Iran et par la fermeture du détroit d'Ormuz, rapporte Reuters. "Ils devraient rendre une partie de l'argent au public, et ils feraient mieux de réduire le prix de détail, le prix payé par les consommateurs", a poursuivi Donald Trump.
Une dent contre Chevron ?
Quelques heures plus tôt, le président américain avait déjà critiqué une intervention du directeur général de Chevron, Mike Wirth qui était de passage dans une émission de Fox News. Ce dernier reprochait à Donald Trump de ne pas être assez favorable à l'industrie pétrolière, rapporte Reuters.
Sur son réseau social Truth Social, le président américain lui a répondu : "La seule chose qu'il a commodément oublié de mentionner, c'est que sans le génie, la clairvoyance, la force et la stabilité de l'administration TRUMP, l'industrie pétrolière – et notre pays lui-même – seraient MORTS !".

Trump avait alors également évoqué le Venezuela : "Ils ont expulsé Mike et Chevron du Venezuela, mais aujourd'hui ils sont de retour, bien plus grands et plus forts que jamais, et s'attendent à gagner une fortune !", avait ajouté Donald Trump.
Trump s'en prend à un géant américain du pétrole et veut l'écarter du Venezuela : "Ils jouent trop gentiment"Pour rappel, début janvier, le président américain avait déjà menacé ExxonMobil de l'empêcher de revenir au Venezuela après que l'entreprise a réclamé une "véritable réforme" du pays avant toute reprise de ses activités. ExxonMobil se bat en effet depuis une vingtaine d'années pour obtenir une indemnisation après avoir été contrainte de quitter le pays sous la présidence d'Hugo Chavez, l'ancien président vénézuélien, décédé en 2013. L'entreprise américaine avait refusé de céder le contrôle majoritaire de ses projets pétroliers à l'État vénézuélien, qui voulait nationaliser davantage le secteur.
Depuis, Exxon affirme que le Venezuela lui doit plus de 20 milliards de dollars d'indemnités et cherche à être remboursé par le biais d'arbitrage international et d'autres procédures judiciaires.
Des bénéfices records
Les critiques de Donald Trump interviennent alors que les deux compagnies viennent d'annoncer des résultats spectaculaires. Le chiffre d'affaires d'ExxonMobil s'est ainsi hissé à 116,08 milliards de dollars entre avril et juin, contre 81,51 milliards un an plus tôt (+ 42,41 %). Son bénéfice net, lui, a doublé à 14,52 milliards de dollars, contre 7,08 milliards un an plus tôt (+ 105,08 %).
Chez Chevron, le bénéfice net a quasiment quintuplé à 12,07 milliards de dollars, contre 2,49 milliards un an plus tôt. Son chiffre d'affaires est également passé à 70,05 milliards de dollars (+ 56,29 % sur un an).
Les géants américains ne sont toutefois pas les seuls à profiter de l'envolée des prix de l'énergie. D'autres groupes internationaux, comme la multinationale française TotalEnergies par exemple, ont également enregistré une forte progression de leurs bénéfices.
Des prix à la pompe sous pression
Ces propos arrivent également dans un contexte économique délicat pour les États-Unis. En effet, le prix moyen de l'essence aux États-Unis est actuellement d'environ 4,10 dollars (3,56 euros) le gallon (environ 3,7 litres). Un chiffre qui a augmenté de plus de 30 % depuis les premières frappes menées en février 2026 contre l'Iran par les États-Unis et Israël, rapporte Reuters.

La hausse des prix de l'énergie est également le principal moteur de l'inflation depuis le début de l'année aux États-Unis et le pouvoir d'achat est l'une des principales préoccupations des Américains.
Les marchés pétroliers restent par ailleurs extrêmement volatils. Lundi, Donald Trump a affirmé que des négociations avec l'Iran étaient "en cours en ce moment même", les présentant comme "la dernière chance" pour parvenir à un accord. Téhéran a toutefois rapidement démenti ces déclarations. L'espoir d'une reprise du dialogue avait fait reculer les cours du pétrole d'environ 5 % lundi. Mais les démentis iraniens et les incertitudes géopolitiques continuaient d'alimenter la nervosité des marchés ce mardi matin.
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