Il y a 47 ans, un tsunami a endeuillé la Côte d’Azur et fait sombrer le projet d’un nouveau port à Nice

C’est une date qui marquera l’aéroport de Nice Côte d’Azur. Ce jour-là, des ouvriers travaillent sur le chantier, lancé en 1975, de l’extension de l’aéroport. Un nouveau port de commerce doit notamment y voir le jour pour concurrencer les autres ports de la Méditerranée.

Les travaux se déroulent à l’embouchure du Var et des millions de mètre cube de terre ont été empilés sur le rebord du plateau continental pour gagner sur la mer et construire une digue longue de 300 mètres. Mais sous la surface, après plusieurs jours de pluies abondantes, les eaux et sédiments du fleuve Var contribuent à fragiliser les terrains sous-marins.

Le 16 octobre 1979, vers 14h, un glissement de terrain naturel se produit sous l’eau. La mer, comme aspirée par ce mouvement se retire brusquement vers le large. Ce qui a pour effet de faire céder la digue, qui emporte avec elle 10 personnes.

La vague meurtrière a continué sa course jusqu’au quartier de la Salis à Antibes, causant la mort d’une octogénaire.

Une vague de trois mètres de haut

Puis, un quart d’heure plus tard, deux vagues, dont une d’environ trois mètres de haut, frappent le rivage. Elles emportent tout sur leur passage : bateaux, voitures, engins de chantier et gravats. Jusque dans les ports de Saint-Laurent-du-Var et de Villeneuve-Loubet, et dans les quartiers de la Garoupe et de la Salis à Antibes, où une octogénaire décède, piégée par les flots.

Le lendemain de la catastrophe, Nice-Matin faisait la une sur cette « vague meurtrière ».
Le lendemain de la catastrophe, Nice-Matin faisait la une sur cette « vague meurtrière ».
Photo d’archive Nice-Matin

Les photos d’époque sont marquantes : on y voit des bateaux entassés et des voitures en fâcheuse posture.

Une dizaine de bateaux ont été ramenés violemment sur la digue du port.
Une dizaine de bateaux ont été ramenés violemment sur la digue du port.
Photo d’archive Nice-Matin

Une stèle d’hommage

En 1982, une stèle d’hommage où figurent les noms des huit ouvriers morts sur le chantier (un neuvième ouvrier, dont le corps n’a jamais été retrouvé, n’a pas pu être identifié) a été installée au terminal 2 de l’aéroport. Chaque année, la CGT y organise une commémoration. Elle aura lieu ce vendredi 16 octobre à 16h, devant la stèle.

Depuis le naufrage de ce projet de nouveau port niçois, aucun autre n’a fait surface à cet emplacement. Même si le nouveau maire de Nice, Éric Ciotti, a relancé l’idée lors de son élection.