Menace de mort à Toulouse : un père condamné à 6 mois de prison ferme

Publié10. septembre 2026, 20:21

FranceIl veut «couper la tête» de l'institutrice: six mois de prison

Le père qui a menacé de mort une enseignante de l'école de son fils a été condamné, jeudi, à six mois de prison ferme. Il a été incarcéré dans la foulée.

Agence France-Presse

Traumatisée, l'enseignante est en arrêt maladie et ne sait pas si elle reprendra le chemin de l'école.

Traumatisée, l'enseignante est en arrêt maladie et ne sait pas si elle reprendra le chemin de l'école.Image d'illustration: Canva

Le tribunal correctionnel de Toulouse a condamné jeudi à six mois de prison ferme et incarcération immédiate un père de famille qui avait menacé de «couper la tête» d’une enseignante de l’école de son fils au Fauga, près de Toulouse. Convoqué le 4 septembre pour un entretien par la direction de l’établissement où son fils de 9 ans est scolarisé, ce père de trois enfants a reconnu avoir pris ce jour-là à partie une enseignante sur le parking de l’établissement de cette ville d’environ 2600 habitants.

Son enfant avait été déplacé dans une autre classe en raison de son comportement et l’enseignante le voyant sourire à l’issue des cours, lui avait dit d’éviter «de jouer au caïd», des propos que le père n’avait pas acceptés. Au-delà de l’altercation sur le parking, le père de famille avait continué ses menaces après être rentré dans l’établissement, notamment devant la directrice.

Des propos d’une «grande violence»

À l’audience, d’une voix faible, il a présenté des excuses, affirmant n’avoir «pas mesuré la gravité» de ce qu’il disait. Se définissant comme «très, très protecteur de (s)es enfants», il a ajouté : «je ne suis pas quelqu’un de violent à la base, je ne sais pas ce qui m’est arrivé ce jour-là».

Le président du tribunal, Fabrice Rives, a relevé des «propos extrêmement inquiétants», d’une «grande violence» et «qui ne peuvent renvoyer qu’à une actualité malheureusement restée dans la tête de tous les Français», le magistrat faisant référence à l’assassinat de Samuel Paty.

«Manque de prise de conscience»

La procureure de la République, Marie Caumont, avait requis six mois sous bracelet électronique pour le prévenu ainsi que l’obligation «absolument indispensable» d’effectuer avant six mois un stage de citoyenneté, sous peine d’un emprisonnement de trois mois, assorti d’interdictions de trois ans d’entrer en contact avec la victime» ou de se présenter devant l’établissement.

Outre les six mois de prison ferme, le tribunal a également condamné le prévenu aux peines complémentaires demandées par la procureure. «Il s’excuse, il dit ''je ne suis pas fier de moi'', c’est important, j’espère qu’il le dira aussi à son fils», a relevé la représentante du parquet. Pour autant, «on n’entend pas qu’il pense que ces propos, il ne fallait pas les prononcer», a-t-elle relevé, regrettant «un manque de prise de conscience» du père.

«Pas signé pour ça»

«Les professeurs doivent pouvoir exercer leur mission sans peur: la menace et l’intimidation ne peuvent en aucun cas être tolérées», a dénoncé dans un communiqué le recteur de Toulouse Karim Benmiloud, condamnant «avec la plus grande fermeté ces faits particulièrement graves».

L’enseignante expérimentée, âgée de 58 ans, est actuellement en arrêt maladie et est «traumatisée», a plaidé l’avocat du rectorat, Me Jocelyn Momasso-Momasso. «Elle m’a dit: ''je n’ai pas signé pour ça'' et se demande si elle va poursuivre son activité», a-t-il ajouté.

(les/jw)

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