Policier parisien condamné : pneus crevés et amende de 800 euros
Publié25. septembre 2026, 19:08
FranceIl saccage une voiture «par vengeance»: un policier condamné
Six ans après avoir endommagé une voiture dans un parking privé à Paris, un agent a été condamné à 800 euros d’amende.

Un policier parisien a été condamné jeudi à 800 euros d’amende pour avoir dégradé la voiture d’un habitant du XXe arrondissement en octobre 2020, rapporte Mediapart. Il devra aussi verser environ 4800 euros à la victime pour les réparations, le préjudice moral et les frais de justice.
Dans la nuit du 10 octobre 2020, le fonctionnaire, alors âgé de 29 ans, pénètre avec cinq collègues dans le parking privé où se trouve la Peugeot 5008 de F. Coulibaly. Quatre pneus sont crevés, un déflecteur brisé et un bloc optique endommagé.
La scène est filmée par le propriétaire du véhicule depuis son immeuble. Sur la vidéo, devenue virale, il murmure: «Ils sont en train de crever mes pneus.» Le bruit d’un pneu qui se dégonfle est également audible.
Le policier a reconnu avoir perforé les pneus à l’aide d’un petit couteau. En garde à vue, il avait expliqué avoir «perdu la raison», évoquant des «problèmes personnels» et un incident survenu quelques heures auparavant avec le même automobiliste.
Des versions qui évoluent
Plus tôt dans la nuit, les policiers étaient intervenus pour un tapage nocturne. F. Coulibaly avait refusé que sa voiture soit emmenée à la fourrière avant de quitter les lieux. Le policier condamné a ensuite affirmé que le véhicule avait effectué une manœuvre dans sa direction.
Selon Mediapart, les images de vidéosurveillance ne montrent toutefois personne devant la voiture au moment de son départ. Un autre policier avait aussi déclaré à l’IGPN que l’automobiliste n’avait «pas tenté de renverser qui que ce soit».
L’enquête a également révélé qu’une trentaine de minutes avant les faits, le message «FAUT LE CREVER» avait été envoyé depuis le téléphone du policier dans un groupe WhatsApp du commissariat, avec l’adresse de F. Coulibaly. Le prévenu affirme ne pas s’en souvenir et nie toute préméditation.
«Sans la vidéo, qui l’aurait cru?»
Les cinq collègues présents n’ont pas empêché les dégradations. Plusieurs ont expliqué avoir eu peur des conséquences ou avoir préféré laisser leur collègue reconnaître lui-même ses actes. «Sans la vidéo, qui l’aurait cru?», a lancé l’avocate de la victime.
À l’audience, le policier a qualifié son geste d’«irresponsable, injustifiable, honteux». Le parquet réclamait six mois de prison avec sursis, mais le tribunal a finalement prononcé une amende de 800 euros.
Déjà suspendu une semaine avec retenue sur salaire en 2024, le fonctionnaire exerce toujours, selon Mediapart, au même commissariat du XXe arrondissement de Paris.

Adrien Iseli (adi) est journaliste au 20 Minutes depuis janvier 2007. Intégré au pôle pilotage, il gère la homepage de 20 Minutes.
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