Il s’était déguisé en livreur Deliveroo pour égorger sa femme : François-Xavier Hussherr, cofondateur d’une start-up d’IA, sera jugé pour assassinat en janvier
l'essentiel Accusé d'avoir assassiné son épouse en se faisant passer pour un livreur Deliveroo, le cofondateur d'une start-up spécialisée dans l'intelligence artificielle sera jugé en janvier 2027 devant la cour d'assises de Paris. L'enquête a mis au jour de nombreux éléments laissant, selon la justice, présumer une préméditation.
Un homme fera face à la justice en janvier prochain pour le meurtre présumé de sa femme. Le cofondateur d'une start-up d'intelligence artificielle, accusé d'avoir tué en 2023 de plusieurs coups de couteau son épouse, professeure agrégée, en se faisant passer pour un livreur Deliveroo, sera jugé en janvier devant la cour d'assises de Paris.
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François-Xavier Hussherr, 54 ans, comparaîtra du 11 au 15 janvier 2027 pour l'assassinat de son épouse Cécile Poisson, enseignante-chercheuse en littérature comparée à l'université Gustave-Eiffel à Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne), a appris lundi 3 août l'AFP de source judiciaire. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Tous deux étaient d'anciens élèves de l'École normale supérieure et agrégés, elle de lettres classiques, lui d'économie.
Il a attendu dans le hall de son immeuble déguisé en livreur
Le drame s'est produit le 20 mars 2023 vers 9 h dans le 12e arrondissement de Paris, alors que le couple, marié depuis 1997 et parent de trois enfants, était séparé depuis près de deux ans.
Selon les éléments de l'enquête dont l'AFP a eu connaissance, François-Xavier Hussherr, muni d'un casque de moto, d'un masque chirurgical et d'un sac de livraison Deliveroo, a attendu son épouse dans le hall de son immeuble, avant de lui asséner plusieurs coups de couteau à la gorge et au thorax. Il a ensuite pris la fuite avant d'être interpellé dans une église par des policiers, informés par des témoins qui l'avaient pris en chasse.
Du sang était visible sur le manteau, les chaussures et le sac de François-Xavier Hussherr qui présentait des plaies aux mains. Les policiers ont trouvé sur lui un couteau ensanglanté et dans son sac un casque de moto, des gants et un cutter notamment.
La préméditation retenue
Au cours de l'instruction, il a reconnu avoir tué son épouse, mais nié toute préméditation. Il a expliqué qu'il voulait discuter avec elle - évoquant le projet de la séquestrer une heure - pour lui proposer une solution financière "gagnant-gagnant". Selon des témoignages, François-Xavier Hussherr craignait l'impact du divorce sur sa situation financière, pourtant confortable.
Le président de "ProfesseurBob.ai", une start-up d'IA visant à proposer aux élèves un enseignement individualisé, a invoqué l'effet d'une surconsommation de médicaments (anxiolytiques...) et affirmé avoir entendu une "voix" lui disant qu'une personne voulait le tuer, au moment des faits.
Les experts psychiatres ont toutefois conclu à l'absence de pathologie ayant pu affecter son discernement et écarté un épisode psychotique, estimant que ses déclarations pouvaient relever d'une "démarche opportuniste".
Pour la juge d'instruction, le crime a bien été prémédité.
La victime avait confié avoir "peur" de son mari "dangereux"
Selon les éléments de l'enquête, François-Xavier Hussherr avait engagé un détective privé pour espionner son épouse et fait des repérages sur place.
Un assistant de l'accusé au sein de la start-up a affirmé qu'il lui avait demandé de venir à son domicile le jour du crime afin d'envoyer des emails déjà rédigés et d'utiliser son téléphone portable. Ce que François-Xavier Hussherr a reconnu, dans le but de lui fournir un "alibi".
Selon des proches de Cécile Poisson, celle-ci avait "peur" de son mari, "dangereux" selon elle, faisant état de violences psychologiques et physiques. Dans une lettre datée de 2021, elle demandait qu'une enquête soit menée si elle venait à décéder.
"Un homme meurtri" selon ses avocats
Interrogés par l'AFP, les avocats de François-Xavier Hussherr, Roxane Best et Alexandre Simonin, ont déploré qu'"un récit s'installe avant même que le premier débat ait eu lieu". Le procès aura lieu "pendant cinq jours devant une cour et des jurés, et c'est là que chaque pièce sera discutée contradictoirement", ont-ils souligné, contestant la qualification retenue (assassinat, et non meurtre).
"M. Hussherr appréhende cette audience (...) C'est un homme meurtri, qui vit depuis trois ans avec ce qui s'est produit. Il n'a jamais cherché à en minimiser l'horreur. Il se présentera devant la cour sans se dérober. Il répondra à toutes les questions qui lui seront posées, y compris les plus difficiles", a souligné sa défense, précisant que "ses pensées vont d'abord à ses enfants".
Maud Touitou, avocate de parties civiles, dont les parents de Cécile Poisson, n'a pas souhaité commenter, gardant ses déclarations pour la cour d'assises.