"Il répand du poison dans le sang des Français" : un homme interdit de territoire interpellé au péage de Montauban avec 115 grammes d'héroïne d'une "pureté impressionnante"
l'essentiel Interdit du territoire français, un homme de 32 ans a été interpellé le dimanche 26 juillet au péage nord de Montauban (Tarn-et-Garonne). Les douaniers ont découvert dans son véhicule un sachet contenant 115 grammes d'héroïne. D'une pureté près de deux fois supérieure à la moyenne, la drogue devait être livrée à Cahors (Lot). Déjà condamné pour des faits similaires, le trentenaire a écopé de deux ans de prison ferme.
"On est loin d’être face à Al Capone." C’est par cette formule que l’avocat de la défense a tenté de relativiser la situation d’Oltion. Ce vendredi 31 juillet, l’homme de 32 ans comparaissait devant le tribunal de Montauban (Tarn-et-Garonne). Au terme d’une audience brève, au cours de laquelle ses explications ont parfois agacé les magistrats, l’individu d’origine albanaise a été condamné à deux ans de prison ferme, assortis d’une interdiction du territoire français.
Une marchandise d'une valeur de 3 680 €
Cinq jours plus tôt, les douaniers repèrent une Peugeot 406 au péage nord de Montauban. Ils interceptent le véhicule et procèdent à sa fouille. Cette dernière s'avère fructueuse : un sachet adhésif contenant 115 grammes d'héroïne est découvert. Placé en retenue douanière, Oltion explique d'abord qu'il se rend à Cahors "pour un anniversaire". Il finira finalement la soirée en garde à vue.
Les investigations mettent en évidence plusieurs éléments troublants. D'abord, l'héroïne présente un taux de pureté de 21 %, soit près de deux fois supérieur à la moyenne, établie à 12,7 %. Selon les douanes, la valeur de la marchandise est estimée à environ 3 680 €.
Des arguments peu convaincants
Le prévenu refuse ensuite de permettre l'exploitation de son téléphone. "J'avais peur pour ma famille si on remonte jusqu'à la personne qui m'a demandé d'effectuer ce transport", assure-t-il, avec l'aide d'une interprète.
Autre détail étonnant : le bornage de son téléphone fait état de nombreux allers-retours entre Castelnaudary et Cahors, mais aussi de brefs déplacements à Lyon puis en Espagne. "Que faisiez-vous en Espagne ?", lui demande la juge. "J'allais acheter des cigarettes", répond-il. "Et à Lyon, pour seulement vingt minutes ?", relance-t-elle. "J'allais voir un copain que je n'avais pas vu depuis longtemps", tente d'expliquer le trentenaire, provoquant un sourire crispé chez la magistrate.
Le dernier élément à charge concerne le casier judiciaire de l'homme de 32 ans. Celui-ci a déjà été condamné pour des faits similaires en 2018. Il avait alors fait l'objet d'une interdiction du territoire français pendant dix ans. "Il vient pour répandre du poison dans le sang des Français", lance la procureure, agacée par "le petit rigolo de la bande, qui se moque des institutions".
"Je m'excuse, ça ne se répétera pas", finit par déclarer Oltion en désespoir de cause. En vain. Le tribunal suit finalement les réquisitions du ministère public.