Il quitte son chantier après une dispute et est licencié quelques jours plus tard : la justice juge la sanction abusive et lui accorde près de 12 000 euros

l'essentiel Après une altercation avec un collègue, un salarié espagnol avait quitté son chantier naval sans prévenir. Licencié quelques jours plus tard, il a finalement obtenu gain de cause devant la justice.

Il pensait avoir quitté le chantier sur un coup de colère. Quelques jours plus tard, c’est son employeur qui lui annonçait son licenciement disciplinaire. L’affaire, née d’une altercation dans un chantier naval de Galice (Espagne), s'est terminée devant les tribunaux, rapporte le média spécialisé Noticias Trabajo.

Une dispute avec un collègue

Le 16 mai 2025, le salarié, employé par cette entreprise depuis 2022, est en service lorsqu’une dispute éclate avec un collègue. Après l’altercation, il quitte son poste sans prévenir sa hiérarchie. Son superviseur doit le remplacer et l’équipe prolonge sa journée de travail.

À lire aussi : Elle enchaîne neuf contrats en quinze ans dans la même administration et dénonce une situation abusive : elle obtient de la justice près de 30 000 euros

Le responsable du site finit par joindre le salarié par téléphone. Les deux hommes conviennent qu’il ne viendra pas travailler le lundi suivant et qu’il restera en vacances trois jours supplémentaires.

Plusieurs faits reprochés

Mais le lendemain, nouveau rebondissement. Le 20 mai, il se présente sans prévenir sur un autre chantier de l’entreprise, où il n’est pas affecté. Lorsqu’on lui explique que sa présence n’est pas nécessaire, il quitte les lieux. Le 30 mai, après une audience préliminaire, l’employeur lui notifie son licenciement disciplinaire.

À lire aussi : Elle a passé 15 ans à corriger les fautes dans les articles d’un média français, l’IA a remplacé son métier et la voilà contrainte de se reconvertir à 52 ans

L’entreprise lui reproche alors deux infractions très graves prévues par la convention collective de l’industrie sidérurgique de la province de La Corogne. La première concerne un abandon de poste. La seconde vise une fraude, une déloyauté ou un abus de confiance.

Une faute grave

En première instance, il est débouté et son licenciement est considéré comme justifié. Il fait alors appel devant la Haute Cour de Justice de Galice. Cette fois, les juges lui donnent raison sur un point essentiel. La cour confirme bien qu’il a abandonné son poste.

Mais elle estime que les conséquences de cet abandon ne permettent pas de retenir une faute suffisamment grave pour justifier un licenciement. La convention collective prévoit qu’un abandon de poste ne devient une infraction très grave que s’il provoque un préjudice au personnel impliquant un grave danger pour la sécurité, une cause d’accident, ou un dommage équivalent pour l’entreprise.

À lire aussi : Renvoyé pour faute grave, sa lettre de licenciement n'est pas signée par la bonne personne : il obtient 250 000 euros d'indemnités

Or, ici, les conséquences sont restées limitées à des tâches supplémentaires pour les autres salariés et à une prolongation de leurs horaires. Pour les magistrats, les faits relèvent donc d’une faute grave mais pas d’une faute très grave permettant de prononcer la sanction maximale.

Un comportement "erratique ou capricieux"

La seconde accusation ne convainc pas davantage la juridiction. Sa présence dans un autre centre est décrite comme un comportement "erratique ou capricieux". D’autant qu’une fois informé qu’il ne pouvait pas travailler sur place, le salarié est reparti.

À lire aussi : En arrêt maladie, une femme continue de travailler chez un concurrent... trahie par des avis Google, elle finit par être licenciée, sans indemnités

La Haute Cour de Justice de Galice a donc déclaré abusif son licenciement disciplinaire. L’entreprise doit choisir entre sa réintégration, avec le versement des salaires dus pendant la procédure, et le paiement d’une indemnité de 11 462,27 euros.

Le dossier n’est toutefois pas refermé. La décision peut encore faire l’objet d’un pourvoi devant la Cour suprême espagnole.