"Il était parfois trop travailleur" : Roméo Amane, le nouveau milieu de terrain d'Anderlecht, est considéré comme un talent du championnat autrichien
Il ne joue au football que depuis dix ans. Ça fait peu pour un joueur de 23 ans. Romeo Amane n'a pas découvert le ballon à 14 ans. Il n'avait juste jamais porté le maillot d'un club. En une décennie, il est passé de rien à un premier grand transfert. Mais qui est la nouvelle recrue d'Anderlecht dont l'évolution ne cesse de surprendre ?
Au Rapid Vienne, club où il évoluait depuis 18 mois, il est considéré comme le meilleur joueur du noyau. C'est pour cette raison qu'Anderlecht a lâché plus de cinq millions (hors bonus) pour un inconnu du public belge.
S'il est enregistré à temps auprès de la ligue, Amane pourrait déjà être sur la feuille de match dès jeudi contre Courtrai. Il a fait toute la préparation avec son club et a encore joué ce week-end en championnat.
Vitor Bruno ne veut pas qu'on blâme ses joueurs : "Je suis responsable de la défaite d'Anderlecht face à l'Union"Fan d'Iniesta mais pas de la neige
Le nom de son académie en Côte d'Ivoire résonnera auprès des supporters. L'Asec Mimosas avait fourni à Anderlecht l'un de ses meilleurs joueurs du début du siècle : Aruna Dindane. Romeo Amane n'y a pas traîné bien longtemps. Trop fort pour passer inaperçu aux yeux des recruteurs européens. Il a quitté Abidjan pour la Suède à 18 ans. Attiré par Häcken où il a d'abord dû prouver sa valeur lors d'un test.
D'après les sources suédoises, il a directement convaincu, notamment par un bagage technique inhabituel pour son jeune âge et sa brève formation. Pas étonnant d'entendre le gamin citer à l'époque Andres Iniesta comme sa principale source d'inspiration. Kevin De Bruyne fait également partie de ceux qu'il regarde avec admiration.
Ce qu'il déteste, par contre, c'est la neige. Son premier rapport à l'hiver blanc de Göteborg n'est pas simple. Il a dû prendre sur lui pour s'habituer à la météo locale mais aussi à la langue et à la culture. Pour accélérer le processus d'acclimatation, il passe des heures devant son ordinateur à travailler son anglais.
Anderlecht n'est pas maudit sur le terrain de l'Union (3-0), il est juste moins bon et n'a pas la culture de la gagne de son voisinIl n'a pas explosé en Suède
Il est champion de Suède dès sa première saison en 2022. Sans être un incontournable sur la pelouse. Son histoire dans le nord de l'Europe est celle d'une évolution progressive plutôt que l'explosion d'un diamant brut.
À Häcken, on fait le lien entre son évolution et son profil : Amane est un milieu de terrain qui pense avant tout à travailler et à aider le collectif. Martin Ericsson, directeur du club, a dit de lui qu'il pouvait jouer partout dans le milieu et que "tout paraît simple avec lui".
Marco Kana comprend la déception des supporters d'Anderlecht : "On était venu à l'Union pour montrer qui on est vraiment, mais on ne l'a pas fait"Il est bon à la passe, bon à la récupération et bon avec ses équipiers. En Suède, les médias le définissent comme humble et agréable. Lui-même se dit plus intéressé par sa famille que par les strass et paillettes. Quand il est arrivé en Europe, il passait son temps à deux choses durant son temps libre : danser et jouer à Need for speed à la PlayStation. Étonnant, jouer à FIFA (NdlR : devenu FC) ne l'intéresse pas.
Il doit apprendre à canaliser son énergie
Le Rapid Vienne flaire la bonne opportunité en janvier 2025. Une clause de départ à 2,5 millions existait dans son contrat mais une blessure à l'orteil a permis aux Autrichiens de faire baisser le prix de l'Ivoirien autour d'un million et demi. Ils n'étaient d'ailleurs pas seuls sur le coup car l'Antwerp, l'Ajax, le Celtic et les Rangers avaient noté son nom sur leur liste de joueurs à suivre.
Son coach à Vienne l'a mis devant ses faiblesses, il lui a demandé de mieux choisir ses courses.
Amane y rencontre celui qui est à l'heure actuelle le coach qui l'a fait le plus progresser de sa jeune carrière : Peter Stöger. L'entraîneur le met devant ses faiblesses. Il considère que l'Ivoirien doit se déplacer plus intelligemment et à mieux se positionner. Il le pousse à sélectionner davantage ses efforts. Dans Kurier, il a déclaré que "Romeo a toujours été travailleur, même trop travailleur parce qu'il veut aider partout sur le terrain".
Que les supporters d'Anderlecht se rassurent : si Stöger a pointé ses défauts, c'est parce qu'il avait un faible pour son joueur qu'il disait capable de tout faire dans le milieu de terrain. "Il a le sens de l'espace et une technique qui lui permettent de faire le lien entre la défense et l'attaque."
Son entraîneur le préférait en "8" dans un rôle de box-to-box mais voyait également en lui un milieu plus défensif s'il avait besoin qu'il dépanne un cran plus bas. De cette position, il pouvait dicter le tempo du jeu.
Le média Kurier a, dans une analyse, du jeu de Romeo Amane décrit son style par l'expression "stratege mit technik". Pas besoin de traduction pour comprendre qu'il a les qualités requises pour être le remplaçant de Nathan Saliba.
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