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    Jul 20, 2026

    « Humblement, j’ai le niveau pour être sénateur » : face aux pressions, Jean-Pierre Colin défie les favoris

    Privé du soutien officiel des ténors de la région, ce centriste pro-Édouard Philippe mise sur une intense campagne de terrain et des tacles acérés contre les LR et le RN pour s’imposer dans le Var.


    M.Z

    Michaël Zoltobroda

    CRÉÉ LE 20 juillet 2026 • 21:30

    MIS À JOUR LE 20 juillet 2026 • 21:30


    Face aux pressions, Jean-Pierre Colin dévoile ses ambitions et une partie de sa liste pour les sénatoriales.
    Face aux pressions, Jean-Pierre Colin dévoile ses ambitions et une partie de sa liste pour les sénatoriales.
    Florian Escoffier / Nice-matin

    « Du bluff ! » C’est ce qu’imaginent certains politiques varois en évoquant la candidature de Jean-Pierre Colin aux sénatoriales. Et pourtant, le vice-président du conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur chargé des finances n’a jamais été aussi déterminé. « Il y a 100 % de chances que j’aille jusqu’au bout », lâche-t-il, souriant. Voilà plusieurs mois (années ?) que cet assureur toulonnais rêve de rejoindre le Palais du Luxembourg. « Je connais la maison. Et puis, avec une formation de juriste et mon expérience à la Région, je ne serai pas ridicule, poursuit le centriste qui a pris sa carte Horizons. Humblement, j’ai le niveau pour être sénateur. »

    Sur les 153 maires varois, dont l’influence compte triple parmi les grands électeurs, Jean-Pierre Colin en a rencontré 70 environ. « Ça fait beaucoup de kilomètres parcourus. Mon record, c’est 411 en un jour », s’amuse-t-il. Avec combien de voix à la clé ? Celui-ci anticipe d’en récolter « plus de 500 » : « On fera un siège assez facilement ». Dans ses pronostics, deux mandats seront pour les LR, un pour le RN et zéro pour Marc Lauriol (ex-LR, candidat indépendant) tout comme pour Véronique Maurel (patronne de l’UVP et très probablement candidate UDI). Avant de se montrer plus prudent et de citer Jean-Claude Gaudin, ancien maire-sénateur de Marseille : « Les sénatoriales, c’est la seule élection où les électeurs mentent plus que les candidats ».

    Priorité aux réalités varoises

    Lui, sénateur ? Il souhaiterait lutter en priorité contre les violences faites aux femmes et aux enfants, dans la lignée des maisons Françoise Giroud qu’il a aidé à implanter au titre de la Région. Autre préoccupation : les maisons de santé qu’il souhaiterait continuer à développer notamment dans les déserts médicaux du Haut-Var. Il met également en avant « les zones blanches entre Barjols et Brignoles ». « Ils font quoi les députés RN du coin ? Il n’y en a pas un pour rencontrer le patron d’Orange ou SFR ? », s’agace-t-il. Et de s’en prendre particulièrement à Frank Giletti, vice-président de la commission de la Défense nationale et des Forces armées à l’Assemblée, qui porte la liste du Rassemblement national pour les sénatoriales dans le Var : « C’est quoi son métier, à part couper des rubans et remettre des gerbes ? »

    Pour décrocher un siège au Palais du Luxembourg, les candidats varois devront séduire le plus de grands électeurs désignés ce vendredi 5 juin.

    Au fil de ses rencontres, Jean-Pierre Colin a eu comme demande de nouveaux véhicules capables de rouler dans les pistes forestières pour mieux lutter contre les incendies. Dans la foulée, il pointe les problèmes de mobilité, de fracture numérique, de réserve d’eau ou encore de logement pour les primo-accédants. Quoi d’autre ? Jean-Pierre Colin, qui compte s’arranger professionnellement « pour monter trois jours à Paris », promet « un service 48 heures » pour répondre aux sollicitations des élus locaux, parfois « seuls face à des dispositifs complexes ».

    Ses « trois guerrières »

    Pour l’accompagner dans son « combat contre les extrêmes et ceux qui seraient susceptibles de les rejoindre », Jean-Pierre Colin, qui votera blanc en cas de duel Le Pen-Mélenchon à la présidentielle, a choisi « trois guerrières », dont il nous dévoile les noms aujourd’hui. Dans l’ordre : Nathalie Rocailleux (neuropsychologue engagée dans la recherche en innovation sociale), Patricia Poignant (cheffe de l’opposition à Saint-Raphaël) et Hélène Verduyn (ex-maire de Signes et ex-présidente des maires ruraux). « Dans ma liste, il n’y a pas de faux-nez, on connait les convictions et les engagements de chacun », souligne-t-il. Il compte également sur deux maires en activité, qu’il souhaite, pour l’instant, mettre à l’abri des pressions. « Je suis un peu méfiant depuis que Françoise Dumont (sénatrice varoise LR, candidate à sa réélection, Ndlr) a demandé à Renaud Muselier de me débrancher... », confie-t-il, déplorant au passage « l’ambiguïté des responsables des Républicains varois qui ne condamnent pas ceux qui flirtent avec l’UDR » d’Éric Ciotti.

    Investi le 30 juin par Les Centristes, ce pro-Édouard Philippe n’a finalement pas reçu les soutiens dont il se vantait il y a peu : ni celui du président (Renaissance) de la Région Sud (en lice pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône), ni de François de Canson (maire de La Londe et vice-président de la Région en lice pour prendre la succession de Renaud Muselier). « Ils ont d’autres enjeux plus importants, balaie-t-il. De toute façon, je n’ai pas besoin de soutien. » Réponse le 27 septembre, si Jean-Pierre Colin maintient toujours sa candidature.  

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