Huit mois après sa sortie de prison, le Botch, l'ancien grand patron de la cité de Varèse à Toulouse, arrêté en quad entre la France et l'Espagne avec 237 kilos de résine

l'essentiel EXCLUSIF. Hamza Abbou, surnommé "le Botch", a été interpellé dans la nuit du 13 au 14 octobre, vers 3 heures du matin, près de Collioure, dans les Pyrénées-Orientales. L’ancien "boss" du point de deal de Varèse, à Toulouse, aurait franchi la frontière espagnole en quad avec 237 kilos de résine de cannabis dans ses bagages. Sorti de prison en mars 2026, il s’était installé en Espagne avec l’interdiction de séjourner en France. Cette nouvelle arrestation intervient après plusieurs condamnations dans les dossiers qui avaient fait de ce Toulousain une figure du trafic au Mirail.

"Lorsque j’aurai purgé ma peine de prison, vous ne me verrez plus jamais dans ce box." Devant le tribunal correctionnel de Toulouse en novembre 2020, Hamza Abbou avait promis de tourner la page. Ses trois années de cavale, assurait-il lors de cette précédente audience, l’avaient "fait réfléchir". Depuis sa libération, en mars 2026, l’ancien patron du point de deal de Varèse vivait en Espagne. Sept mois plus tard, celui que le milieu surnomme "le Botch" vient de nouveau d’être arrêté par les gendarmes à Laroques-des-Albères. Désormais agé de 31 ans, il est en garde à vue, assisté par son avocat historique, Me Alexandre Parra-Bruguière.

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Un quad chargé

Il était environ 3 heures du matin, dans la nuit du mardi 13 au mercredi 14 octobre. Près de Collioure, Hamza Abbou a été interpellé alors qu’il aurait traversé la frontière espagnole au guidon d’un quad. Dans ses valises : 237 kilos de résine de cannabis.

Cette arrestation ramène au premier plan un nom bien connu des enquêteurs toulousains. Celui d’un ancien plombier devenu, en quelques années, l’un des responsables du trafic implanté cheminement Edgar-Varèse, dans le secteur Mirail-Université. Son parcours avait donné lieu à plusieurs condamnations, représentant 22 années de prison, ramenées à dix ans.  " En France, si on a un casier vierge, le maximum légal est de dix ans", précise son défenseur. À sa sortie, au printemps dernier, le Franco-Hollandais  s’était établi de l’autre côté des Pyrénées, avec l’interdiction de séjourner en France.

De guetteur à responsable

Bien avant ce retour à la frontière, son ascension s’était jouée au pied des immeubles de Varèse. Entre 2014 et 2017, ce jeune homme avait gravi les échelons d’un point de vente parmi les plus lucratifs de Toulouse. "En trois ans, je suis passé de guetteur à responsable, oui", avait-il reconnu devant les magistrats. Il évoquait alors un revenu personnel de 10 000 euros par mois.

Les enquêteurs décrivaient un trafic générant quelque 25 000 euros par jour. Son avocat, Me Alexandre Parra-Bruguière, contestait cette estimation et la place attribuée à son client dans l’organisation. Hamza Abbou affirmait, lui aussi, avoir des comptes à rendre : "Je devais donner les bénéfices à des gens au-dessus de moi."

La justice l’avait néanmoins condamné dans plusieurs dossiers liés à ce point de deal. À Varèse, son nom était également associé à une évolution des méthodes de vente : le cannabis se commercialisait avec les recettes du commerce ordinaire.

Le marketing du cannabis

Pochettes siglées, flyers, cadeaux, promotions sur les réseaux sociaux… Les produits portaient les couleurs du point de vente, jusqu’à faire de Varèse une marque. Les sachets hermétiques permettaient de conserver le cannabis tout en affichant son origine. Une manière de fidéliser les clients et de les rassurer sur la marchandise.

"C’est vous qui avez lancé la mode du marketing, avec la création de pochettes siglées par exemple, ou la distribution de flyers", lui avait rappelé le procureur Francis Boyer lors d’une précédente audience. Hamza Abbou répondait qu’il avait simplement appliqué les consignes de ses supérieurs.

Cette réputation avait aussi été nourrie par une arrestation spectaculaire. En 2016, le Raid l’avait interpellé alors qu’il se trouvait quasiment suspendu à un balcon, à plusieurs mètres du sol. Il tenait un sac de luxe contenant 150 000 euros. "Depuis cette arrestation spectaculaire, il est devenu un mythe mais on lui taille un costume beaucoup trop grand pour lui !", dénonçait ensuite Me Parra-Bruguière.

Trois ans de cavale

À partir de décembre 2017, Hamza Abbou avait échappé à la justice pendant près de trois ans. Sa fuite s’était achevée en septembre 2020, en région parisienne, à l’occasion d’un banal contrôle routier. Trois mandats d’arrêt le visaient alors.

Son parcours judiciaire ne se limitait plus au cannabis. Des messages envoyés depuis la prison l’avaient également mis en cause dans un dossier d’armes découvertes en 2018, dans le garage d’une jeune femme à Colomiers. Une dizaine de fusils-mitrailleurs y avaient été retrouvés. Il avait contesté son implication. Jugé dans cette affaire et dans un dossier de stupéfiants, il avait écopé, lors d’une même audience, de cinq ans de prison pour les armes et de neuf ans pour la drogue.

C’est devant ce tribunal qu’il avait annoncé vouloir rompre avec le trafic une fois sa peine purgée. Aujourd’hui, les 237 kilos de résine découverts lors de son interpellation ouvrent un nouveau dossier, dont les suites judiciaires restent à préciser.