Hany Farid, en première ligne contre les deepfakes

Portrait.

Ce chasseur d’images manipulées est le plus grand expert mondial de l’investigation numérique, discipline qu’il a inventée il y a plus de vingt ans. Le “San Francisco Chronicle” a rencontré le chercheur dans son université, à Berkeley, en Californie. Inquiet face à l’inflation folle de deepfakes à l’ère de l’intelligence artificielle, il défend une norme d’identification des images.

Hany Farid examine tous les jours des vidéos pour identifier d’éventuels deepfakes, comme ici dans son bureau de l’université de Californie à Berkeley, en mars 2026. PHOTOS ERIN SCHAFF/THE NEW YORK TIMES

Dans une pièce aveugle qui ressemble au poste de commandement d’une base militaire iranienne, des agents en tenue de camouflage font les cent pas et aboient des ordres dans le micro de leur casque. Soudain, la lumière du plafonnier vacille. Le sol tremble et le souffle d’une explosion fait tourbillonner les panaches d’une épaisse fumée noire dans la pièce. Les militaires sont éjectés de leurs sièges. Des étincelles provoquées par des tirs se transforment en brasier.

Quand cette vidéo, qui prétendait montrer une frappe de missile israélienne, a commencé à circuler sur X en décembre 2025, la scène semblait plausible et dévastatrice. Les images sont rapidement devenues virales et ont attiré l’attention des grands médias internationaux. Mais ils ont suscité les doutes d’une rédactrice en chef, qui les a envoyées à l’expert international des deepfakes : Hany Farid.

Celui-ci a confirmé en quelques minutes que la vidéo avait été produite à l’aide d’une intelligence artificielle (IA). “Je passe ma vie devant ce genre de choses”, explique-t-il.

“Il y a des matins où je regarde des vidéos de gens qui se font décapiter avant même d’être bien réveillé.”

Ce professeur en sciences informatiques à l’université de Californie à Berkeley, qui part enseigner au Dartmouth College [dans le New Hamps

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San Francisco Chronicle (San Francisco)

Charles et Michael de Young ont tout juste 17 et 19 ans, et 20 dollars en poche, lorsqu’ils publient en 1865 le premier numéro du Daily Dramatic Chronicle. Grâce à une équipe de 500 journalistes, le titre est aujourd’hui l’un des poids lourds de l’information de la côte Ouest.

Le quotidien des frères de Young, un amalgame de nouvelles satiriques, horaires de théâtre et publicités était la risée de ses compétiteurs jusqu’à ce que, trois mois après sa fondation, il rapporte avec plusieurs heures d’avance l’assassinat du président Abraham Lincoln. Il n’en fallait pas davantage pour qu’il acquiert une solide réputation. La contribution de plumes célèbres, en particulier celle de Mark Twain, contribua ensuite à gonfler le tirage du quotidien, qui atteint les 300 000 exemplaires dès 1960. Il fut racheté par le groupe Hearst, le géant des communications qui possède une douzaine de journaux, des magazines et des chaînes de télévision et est l’ancien propriétaire du San Francisco Examiner, le principal rival du Chronicle.

La première mouture Internet du San Francisco Chronicle a été mise en ligne dès 1993. Le contenu du quotidien y est intégral. Les textes sont archivés pendant 90 jours et leur consultation est gratuite.

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