Guerre en Ukraine : "Nous avons une idée pour la paix", les émissaires américains de Trump à Moscou avant de se rendre à Kiev pour tenter de mettre fin au conflit
Les émissaires de Donald Trump, Jared Kushner et Steve Witkoff, sont arrivés samedi à Moscou avant un déplacement inédit à Kiev pour présenter un plan de paix. Malgré une offre de trêve ukrainienne, la Russie a bombardé la nuit même les deux aéroports kievrois pour entraver cette mission américaine.
Les émissaires de Donald Trump, Jared Kushner et Steve Witkoff, sont arrivés samedi à Moscou, porteurs selon le président américain d’une proposition pour mettre fin à la guerre en Ukraine, dont l’issue semble toujours aussi lointaine.
Pour la première fois depuis le début de leur travail de médiateur dans ce conflit, MM. Kushner et Witkoff doivent ensuite se rendre à Kiev. Mais les deux aéroports de la capitale ukrainienne ont été frappés par des bombardements russes dans la nuit de vendredi à samedi, selon le président Volodymyr Zelensky qui y a vu la volonté du Kremlin de perturber leur visite.
Avant cela, ils sont arrivés peu avant 13 h à l’aéroport moscovite de Vnoukovo, où ils ont été accueillis par l’émissaire russe pour les questions économiques, Kirill Dmitriev, ont rapporté les agences de presse TASS et Ria Novosti.
Aucune avancée tangible jusqu’à aujourd’hui
Depuis son retour à la Maison Blanche début 2025, M. Trump a amorcé plusieurs cycles de pourparlers pour tenter de trouver une issue au conflit, le plus meurtrier en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale, mais ces tentatives n’ont jusqu’à présent mené à aucune avancée tangible.
Le dirigeant américain n’a pas précisé si la proposition dont ses émissaires sont porteurs impliquait une cession de territoire de la part de l’Ukraine, comme il l’avait laissé entendre auparavant, mais il a déclaré : "Nous avons une idée pour la paix."
Il a par ailleurs attribué la guerre, qui a débuté avec le lancement d’une offensive russe à grande échelle contre l’Ukraine en février 2022, à un "problème de personnalité" entre MM. Zelensky et Poutine.
Le déplacement, événement rare, du directeur de la CIA, John Ratcliffe, la semaine dernière à Moscou, avait suscité de nombreuses spéculations. Selon le Kremlin, il a rencontré les services de renseignements russes. Le président des États-Unis a qualifié ce déplacement de "semi-routine".
Des bombardements russes pour perturber la visite
Selon M. Zelensky, il est envisagé que MM. Kushner et Witkoff viennent à Kiev en avion, ce qui serait exceptionnel car l’espace aérien et les aéroports ukrainiens sont fermés depuis le début de l’attaque russe à grande échelle, le 24 février 2022.
Les responsables visitant l’Ukraine s’y rendent généralement en train depuis des pays tiers, ce qui implique des trajets bien plus longs.
Mais des bombardements russes "démonstratifs" ont touché dans la nuit les deux aéroports de la capitale ukrainienne, a dénoncé Volodymyr Zelensky, qui n’a pas précisé l’ampleur des dégâts occasionnés.
"Il est clair que ces frappes russes sur les aéroports constituent une réaction aux discussions et aux préparatifs concernant l’éventualité d’un déplacement de la partie américaine en Ukraine par voie aérienne et d’un atterrissage aux aéroports de Kiev ou de Boryspil", a-t-il déploré.
Les attaques russes se poursuivent
M. Zelensky a proposé vendredi soir de respecter un cessez-le-feu avec la Russie pendant la tournée des émissaires américains.
Moscou n’a pour l’instant pas répondu à la proposition de M. Zelensky. Et aux premières heures de samedi, une attaque russe contre la ville de Kamianske, dans le centre-est de l’Ukraine, a fait au moins cinq morts et cinq blessés, selon les autorités régionales.
Vendredi, une spectaculaire attaque de drone russe a visé en plein centre historique de Kiev le siège des services de sécurité ukrainiens (SBU).
Quinze personnes ont été blessées, a indiqué l’administration militaire de la capitale, sans préciser si elles se trouvaient dans le bâtiment visé.
L’espace aérien russe désormais dangereux
"Le drone visait directement le bureau du chef du service de sécurité", Oleksandre Poklad, a affirmé le président ukrainien, précisant s’être entretenu avec ce dernier et l’avoir chargé d'"apporter une réponse appropriée et tangible" à l’attaque.
M. Poklad n’était pas dans son bureau au moment de la frappe, a indiqué une source proche du dossier à l’AFP.
Moscou a multiplié ces dernières semaines ses frappes de drones et missiles de jour comme de nuit sur Kiev et d’autres villes du pays, où les alertes aériennes se succèdent à un rythme de plus en plus rapproché.
Cet été, l’armée ukrainienne a également intensifié ses bombardements en Russie, parfois très loin du front, disant cibler des infrastructures logistiques, militaires et énergétiques.
M. Zelensky a prévenu cette semaine que l’espace aérien russe était à présent dangereux en raison des drones ukrainiens, un avertissement qualifié par Vladimir Poutine de "terroriste".