Guerre en Ukraine : "Mieux informé et plus ferme", John Ratcliffe, le patron de la CIA, peut-il faire plier Vladimir Poutine ?
l'essentiel Plus ferme face à Moscou et surtout mieux renseigné, le patron de la CIA pourrait être appelé à la rescousse pour relancer les négociations sur l’Ukraine. Mais John Ratcliffe a-t-il réellement les moyens de faire fléchir Vladimir Poutine ? On vous explique.
Après Steve Witkoff et Jared Kushner, Donald Trump pourrait-il changer d'homme pour tenter de débloquer les négociations avec Moscou ? Selon le Financial Times, le président américain envisagerait de confier un rôle plus important au directeur de la CIA, John Ratcliffe, alors que les discussions autour de la guerre en Ukraine peinent toujours à aboutir. Une information démentie par la Maison-Blanche, qui assure qu'aucune réorganisation de son équipe n'est prévue.
Pourtant, celui qui dirige la plus puissante agence de renseignement américaine s’est déjà rendu à Moscou le 25 août pour rencontrer des responsables russes. Et face à Vladimir Poutine, son profil pourrait peser davantage que celui des émissaires jusqu’ici privilégiés par Donald Trump. "Il y a une différence énorme entre lui et Witkoff", estime Sergueï Jirnov, ancien officier du KGB et auteur des Auxiliaires du mensonge.
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"Il est très informé"
Avant de prendre la tête de la CIA, John Ratcliffe avait déjà occupé le poste de directeur du renseignement national durant le premier mandat de Donald Trump. "C'est quelqu'un qui a l'habitude de travailler avec l'information secrète. Il est très informé", souligne l'ancien espion.
À cette connaissance du terrain s'ajoute une ligne beaucoup plus ferme à l'égard de Moscou. Considéré comme un "faucon" sur la Russie, John Ratcliffe "estime que la Russie est une menace et non un pays amical", souligne l'ancien du KGB. Une posture qu'il aurait déjà affichée face aux Russes. Lors de sa visite surprise à Moscou fin août, le patron de la CIA aurait dressé devant de hauts responsables du renseignement un tableau particulièrement pessimiste de leur effort de guerre.
Une méthode qui contraste avec celle de Steve Witkoff, dont l'approche a suscité des critiques à Kiev. Selon le quotidien britannique, les Ukrainiens lui reprochent notamment de ne pas avoir suffisamment poussé Vladimir Poutine à revoir ses exigences. Si John Ratcliffe semble mieux armé pour confronter Moscou à ses propres faiblesses et durcir les discussions, tenir tête au Kremlin et réussir à le faire céder pourrait s'avérer plus compliqué.
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"Poutine ne négociera qu'avec Trump"
John Ratcliffe ne dispose pas des leviers capables de contraindre Moscou à revoir sa position. Les sanctions économiques, l'aide militaire accordée à Kiev ou d'éventuelles concessions américaines se décident à la Maison-Blanche. "Il n'est pas au niveau de Poutine car ce n'est pas un chef d'État. Son égal, c'est Trump et ce n'est pas le patron de la CIA qui va le faire plier", résume Sergueï Jirnov.
Les nombreux allers-retours américains à Moscou n'ont d'ailleurs pas permis, jusqu'ici, de débloquer les discussions. Steve Witkoff s'est rendu huit fois en Russie sans obtenir de percée décisive. Après son dernier déplacement avec Jared Kushner, le Financial Times rapportait que les Américains avaient apporté peu d'idées nouvelles et que Vladimir Poutine ne montrait guère de signes de vouloir revoir ses exigences. Des rencontres qui pourraient même servir les intérêts médiatiques de Vladimir Poutine, selon l'ancien du KGB. "Il utilise ces échanges pour montrer qu'il est toujours à la table des négociations, alors qu'il n'a aucune envie d'arrêter la guerre."
Après plus de quatre ans et demi de guerre, l'équation reste donc la même. Pour Sergueï Jirnov, changer de négociateur ne suffira pas et seule une pression économique massive, accompagnée d'un soutien accru à l'Ukraine, pourrait réellement faire fléchir Vladimir Poutine. "Tant qu'il sera en vie, la Russie continuera la guerre".