Guerre en Ukraine. Ils mangent de l'herbe : une trêve demandée à Olechky, en proie à une terrible famine
Trois jours après avoir été opéré d'une tumeur cancéreuse au poumon, le pape s'est entretenu vendredi par téléphone depuis son hôpital avec Vladimir Poutine. Léon XIV a demandé au président russe un cessez-le-feu immédiat à Olechky, une ville située au sud de l'Ukraine, prise en étau entre les deux armées sur les rives du Dniepr.
Située dans la région de Kherson, la ville fait face à une grave crise humanitaire et à une situation d'occupation par les Russes depuis le début du conflit. Quelque 24 000 personnes vivaient là avant le début de la guerre. Il reste environ 2 000 habitants, dont une trentaine d'enfants, qui restent coincés à l'intérieur de la ville.
Aucun convoi humanitaire officiel n'a pu accéder à Olechky depuis le mois de mai. Le secteur est lourdement miné, et le ciel est constamment survolé par des drones militaires des deux camps. Les habitants sont confrontés à de graves pénuries de nourriture et d'eau potable, entre autres. Les magasins et les pharmacies sont fermés. En l'absence de réserves, ils sont en proie à la famine et se nourrissent des fins de récoltes de leurs potagers pour survivre. Certains sont contraints de manger de l'herbe ou leurs propres animaux domestiques, selon certains médias, dont France 2.
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« Les gens sont épuisés par la faim »
« Il n'y a pas de pain, pas de viande, pas d'œufs, pas de sucre, il n'y a pratiquement plus rien », a affirmé mardi auprès d'Euronews Tetiana Hasanenko, cheffe de l'administration militaire de la ville d'Olechky. « Les gens sont épuisés par la faim, épuisés physiquement par les conditions dans lesquelles ils vivent »
Face à l'impossibilité d'évacuer ou d'acheminer une aide terrestre, les forces ukrainiennes tentent de ravitailler les survivants par des largages de vivres et de produits de première nécessité par drones. Pour ceux qui tentent de fuir, le fait même de partir peut être mortel. Selon Tetiana Hasanenko, quelques habitants ont tenté de parcourir à pied les 25 kilomètres qui les séparent du village de Radianske. Certains ne sont jamais revenus.
L'Ukraine comme la Russie reconnaissent la crise humanitaire dans cette zone, mais se rejettent la responsabilité de la situation, s'accusant mutuellement d'entraver les livraisons de vivres et les évacuations.
Durant son appel avec le pape, Vladimir Poutine a fourni « une explication détaillée sur la responsabilité du régime de Kiev dans la difficile situation humanitaire » qui règne dans la région, a indiqué le Kremlin. « Il a été convenu que les deux parties coordonneraient leurs efforts » quant à « créer des conditions garantissant la sécurité de la population de la ville et faciliter l'acheminement des fournitures essentielles », selon la présidence russe.
Vladimir Poutine a aussi « exprimé ses vœux sincères pour la santé du pape et son prompt rétablissement », et souligné « l'importance de la coopération russo-vaticane dans la promotion de valeurs spirituelles et morales unificatrices, ainsi que dans la protection des chrétiens et des lieux saints chrétiens dans diverses régions du monde ».