Guerre en Ukraine. « Il est temps d'avoir un nouveau président » : Donald Trump s'en prend à Volodymyr Zelensky

Le président américain s'en est pris vertement ce samedi à son homologue ukrainien, affirmant qu'il était temps pour l'Ukraine d'« avoir un nouveau président » et condamnant les frappes ukrainiennes sur des infrastructures d'hydrocarbures russes.

La rédaction avec AFP -

Aujourd’hui à 19:37 | mis à jour aujourd’hui à 19:50

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Digiteka PlaceHolder

Donald Trump furieux contre Volodymyr Zelensky. Le président américain s'en est pris vertement ce samedi à son homologue ukrainien, affirmant qu'il était temps pour l'Ukraine d'« avoir un nouveau président » en raison de son incapacité selon lui à mettre fin à la guerre avec la Russie. « Je leur suggère de se doter d'un nouveau dirigeant qui peut parvenir à un accord », a-t-il affirmé devant la presse à la Maison Blanche, condamnant les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes, qui ne font qu'aggraver - dit-il - « le problème mondial » de pénurie de diesel. « Il a intérêt à arrêter », a mis en garde Donald Trump à l'adresse du président ukrainien, au lendemain de l'annonce d'un accord controversé entre Moscou et Washington pour l'achat massif de diesel russe.

Les prix du carburant aux États-Unis ont bondi depuis le déclenchement par Donald Trump et Israël de la guerre contre l'Iran, et l'accord est vu comme un moyen de soulager en partie les consommateurs américains à moins d'un mois d'élections de mi-mandat cruciales pour la suite du mandat du milliardaire américain. Avant les déclarations incendiaires du président américain, Volodymyr Zelensky avait dénoncé cet accord comme une « décision faible » de la part des États-Unis et une opportunité lucrative pour la Russie de renflouer sa trésorerie et financer sa guerre.

Donald Trump et Volodymyr Zelensky. Photos Sipa

Donald Trump et Volodymyr Zelensky. Photos Sipa

Le président ukrainien s'est également lamenté face à des frappes russes sur Zaporijjia, dans le sud-est de l'Ukraine, qui ont fait au moins 20 morts ce samedi. « La Russie a exprimé ses remerciements pour la levée des sanctions sur les exportations de diesel en lâchant cinq bombes sur des immeubles résidentiels à Zaporijjia », a-t-il déclaré.

Incertitude sur la poursuite des négociations

Selon Washington et Moscou, la Russie doit livrer 300 000 tonnes de diesel dès le mois d'octobre aux États-Unis et sur le marché mondial et accroître ensuite ces livraisons jusqu'à un million de tonnes en décembre. L'annonce de l'accord a jeté l'incertitude sur la poursuite un temps prévue samedi des discussions entamées la veille entre négociateurs ukrainiens et américains en Floride, pour tenter de relancer la diplomatie toujours dans l'impasse après plus de quatre ans d'invasion russe de l'Ukraine. Le Kremlin a affirmé samedi que le président russe Vladimir Poutine avait « accueilli avec compréhension » des propositions américaines « de mesures visant à la désescalade » en Ukraine lors de l'appel téléphonique avec son homologue américain qui a débouché sur l'accord d'exportation de diesel, sans plus de détails.

L'Élysée n'a pas immédiatement réagi à l'annonce de l'accord entre Washington et Moscou. Allié militaire majeur de Kiev, Berlin s'est limité à « prendre acte » de la décision américaine, mais a réaffirmé son soutien à Kiev et a dit travailler « conjointement avec ses partenaires européens, à de nouvelles sanctions ». Vendredi, l'émissaire du président Trump, Steve Witkoff, a qualifié de « constructives » les discussions à Miami avec les négociateurs ukrainiens, en présence de conseillers à la sécurité nationale de plusieurs pays européens, de la Commission européenne et de l'Otan. Mais le président ukrainien a dénoncé « un écran de fumée » après l'annonce de l'accord sur le diesel.