Guerre en Ukraine : alors que les morts civils explosent, Volodymyr Zelensky tranche dans le vif et limoge le commandant en chef de son armée
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé mardi 21 juillet 2026 le limogeage du commandant en chef de l’armée Oleksandre Syrsky, remplacé par Mykhaïlo Drapaty, 43 ans. Ce remaniement majeur survient alors que les victimes civiles en Ukraine ont bondi de 37 % au premier semestre 2026.
Le remaniement continue, en Ukraine. Après le départ de sa Première ministre et de son ministre de la Défense, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé mardi 21 juillet 2026 le limogeage du commandant en chef de l’armée Oleksandre Syrsky. Ce dernier a été remplacé par le populaire commandant des forces interarmées, Mykhaïlo Drapaty.
"J’ai décidé que le nouveau commandant en chef des Forces armées d’Ukraine serait Mykhaïlo Drapaty… Je remercie Oleksandre Syrsky et tous nos combattants pour les solides positions de première ligne de l’Ukraine", a déclaré Volodymyr Zelensky mardi soir dans un message sur Telegram.
"Servir l’Ukraine a toujours été un honneur pour moi", a réagi sur Facebook le général Drapaty, ancien commandant de l’armée de terre, âgé de 43 ans.
"Une bouffée d’air frais"
Oleksandre Syrsky, 60 ans, occupait ce poste depuis 2024. Il a notamment dirigé la défense de Kiev au début de l’invasion russe en 2022. Sa destitution intervient après plusieurs jours de manifestations en soutien au ministre de la Défense Mykhaïlo Fedorov, évincé le 14 juillet après seulement six mois en fonction. Celui-ci a accusé Oleksandre Syrsky de l’avoir poussé vers la sortie et d’avoir entravé sa tentative de réforme de l’armée.
Mykhaïlo Fedorov, 35 ans, est issu du monde de la tech. N’ayant jamais servi dans l’armée, il militait pour un recours massif aux nouvelles technologies pour décupler le potentiel des drones et réorganiser en profondeur les forces armées. Le limogeage du général Syrsky insuffle "une bouffée d’air frais" et "un nouvel espoir" dans le combat contre la Russie, a-t-il salué.
Né en Russie et formé à Moscou, Oleksandre Syrsky n’est en effet jamais parvenu à se défaire de sa réputation de général à la mentalité soviétique : ses détracteurs lui reprochent de faire peu de cas des pertes humaines, lui valant le surnom de "boucher".
De plus en plus de civils tués
Ce chamboulement à la tête de l’armée ukrainienne intervient alors que le nombre de civils tués ou blessés a augmenté de 37 % sur les six premiers mois de cette année, a alerté mardi le Haut-Commissariat aux droits de l’homme. Plus de quatre ans après le début de l’offensive russe à grande échelle contre l’Ukraine, les frappes des deux côtés du front montent en puissance et font un nombre toujours croissant de victimes civiles.
"Nous avons recensé 1 396 civils tués et 7 978 blessés" dans les deux pays, ce qui "représente une hausse de 37 % par rapport à la même période de l’année précédente, et près du double du niveau observé en 2024", a déclaré devant la presse à Genève Danielle Bell, représentante de la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies en Ukraine.
En Russie "au cours des six premiers mois de cette année, nous avons recensé, sur la base d’informations provenant de sources ouvertes de la Fédération de Russie que nous jugeons crédibles, 250 civils tués et 1 596 blessés. Cela représente une augmentation de 121 %" par rapport à la même période de l’année dernière, a ajouté Danielle Bell depuis Kiev.
Selon elle, "cette escalade est alimentée par deux facteurs principaux : d’une part les missiles balistiques et les drones à longue portée et, d’autre part, les drones et les bombes planantes à courte portée utilisés dans les zones de front". Ainsi, les pertes civiles dans les deux pays "dues aux attaques menées par des drones à courte portée ont augmenté de 65 %", a-t-elle ajouté.