Googlebook OS ressemble encore trop à ChromeOS, et ce choix technique en est la preuve — Frandroid

Sur Googlebook OS, plusieurs des principaux services Google, comme YouTube ou Gmail, ne sont que des applications web. En adoptant la même stratégie que ChromeOS, Google pourrait bien montrer son manque d’ambition.

Source : Chloé Pertuis pour Frandroid

Google attaque sur deux fronts avec sa gamme de PC portables Googlebook : le segment très concurrentiel des ultraportables semi-premium de type MacBook Air, et surtout Windows et macOS, ses concurrents directs côté logiciel. Pourtant, à la lumière de nos deux premiers tests, ceux de l’Acer Googlebook 14 et de l’Asus Googlebook 14, ces machines sont pour le moment plombées par leur OS plus que par leur potentiel technique.

Googlebook OS ressemble pour le moment à une version améliorée de ChromeOS. À l’usage, ses limites montrent qu’il n’est pas encore prêt à rivaliser avec Windows et macOS. Passons sur les bugs et erreurs de jeunesse, comme l’absence de compatibilité au lancement des smartphones Samsung, les soucis d’applications sur les modèles Intel ou encore le bug d’affichage qui touche les écrans OLED.

Ces soucis seront corrigés, si ce n’est déjà fait. D’autres limites relèvent en revanche de choix délibérés de Google, qui font partie intégrante de la « vision » Googlebook OS. Parmi eux, l’un nous a immédiatement choqués, bien qu’il soit parfaitement assumé par la firme.

6 /10

Acer-Googlebook-CP714-2HN-54Z3-Frandroid-2026

6 /10

Asus-Googlebook-14-(2026)-Frandroid-2026

Entre web et natif

Sur Googlebook OS, certaines applications se lancent nativement, sous une forme développée et optimisée pour le système de bureau de Google. On peut ici citer Gemini, Google Maps, Messages, Keep ou encore Google Photos, qui se comportent comme des applications venant tout droit de Googlebook OS.

À l’inverse, bon nombre des principaux services Google, comme YouTube ou Gmail, ne se lancent en réalité que comme une application web : un site web dans un conteneur d’application Googlebook OS. Googlebook OS lance donc la version web de ces services. Or, on le sait, ces versions web sont bien souvent plus gourmandes en cycles processeur et surtout, mémoire.

Ce surcoût en mémoire a déjà été mesuré. Après le passage de WhatsApp à une version web sur Windows 11, les tests de Windows Latest, relayés par Notebookcheck, ont relevé 30 % de RAM en plus par rapport à l’ancienne application native.

YouTube et Gmail, deux applications tournant comme des sites web // Source : capture d’écran Frandroid

Sur Windows, Microsoft a passé des années à pousser les développeurs vers les Progressive Web Apps (PWA), avant de faire machine arrière en 2026. Lors de sa conférence Build, l’entreprise a appelé les développeurs à créer des applications natives avec son propre framework, WinUI (ex-WinUI 3). Sur macOS, les applications natives sont un peu plus répandues, même si celles qui reposent sur des frameworks web comme Electron restent légion, comme sur Windows. Le choix de Google est dans la continuité de ChromeOS, qui exploitait aussi ces Progressive Web Apps pour ses services préinstallés.

Google s’évite aussi de maintenir une application dédiée à sa plateforme de bureau. C’est l’argument qu’on prête à Netflix et à WhatsApp, qui ont remplacé leur application native sur Windows par une version web, en 2024 pour le premier et en 2025 pour le second.

Googlebook OS en manque d’ambition ?

Interrogé par Frandroid, Google justifie ce choix en divisant son catalogue d’applications en deux catégories : les expériences web « de bureau » et les applications construites pour le bureau. Google estime, à juste titre, que certaines de ses applications sont bien plus agréables à utiliser dans une version pensée pour un ordinateur portable. On parle ici de l’ergonomie mais aussi de l’adaptation de l’interface à l’écran d’un PC.

La firme rappelle ainsi que les applications dites « natives » sont celles qui utilisent plus profondément les capacités d’un PC portable, comme son NPU pour Gemini ou la localisation pour Google Maps. Google les développe et les maintient donc spécifiquement pour Googlebook OS.

À l’inverse de Microsoft et Apple, Google a développé ses services en premier lieu pour les utilisateurs web, avant d’ensuite les déployer en applications mobiles. Il n’est donc pas surprenant de voir Google partir de ces versions web pour ses applications de bureau. Mais pour gagner du temps de développement, l’entreprise semble avoir choisi la facilité. C’est peu ou prou la même posture que Microsoft avec son « nouvel Outlook », qui regroupe les applications Courrier et Calendrier dans un conteneur WebView2, lui aussi basé sur Chromium via Edge.

Source : Frandroid

Si elles ne manquent pas de fonctionnalités (notamment la lecture de vidéo hors ligne sur YouTube), elles n’offrent pas à notre sens une expérience différenciante sur Googlebook OS par rapport à un PC ou à un Mac. Pourquoi acheter un PC Googlebook si les principales applications Google ne sont que des sites web, plus gourmands pour le système de surcroît ?

Ce choix peut passer pour un détail, voire une querelle de principe. Il a pourtant un coût : une application web demande plus de mémoire et de processeur à une machine vendue entre 1 099 et 1 599 euros selon les configurations. Interrogée sur ce point, l’entreprise affirme que « le système est conçu pour évoluer continuellement » et que l’optimisation de « la réactivité et de l’allocation mémoire » reste un travail constant. Selon elle, l’expérience utilisateur compte tout autant. Google ne dit pas, en revanche, si YouTube ou Gmail auront un jour droit à une version native sur Googlebook OS.