"Good Move, c'était un plan anti-bagnoles" : le MR de Bruxelles veut "rouvrir les axes de pénétration" dans la capitale avec "plus de fluidité"

"Good Move appartient au passé." Alors que le gouvernement bruxellois finalise l'évaluation de son plan régional de mobilité, baptisé Good Move, le MR bruxellois revient avec sa propre vision, qu'il baptise, depuis plusieurs années déjà, "Fluid Brussels". "Good Move, c'est fini, c'est la fin du blocage de la mobilité à Bruxelles", affirme la députée Anne-Charlotte d'Ursel (MR). "Notre volonté est de revoir totalement le plan avec un seul objectif : offrir une mobilité plus équilibrée pour tout le monde et avoir plus de fluidité en Région bruxelloise, tant pour des raisons sociales qu'économiques."

Son chef de file David Weystman ne dit pas autre chose : "le gouvernement bruxellois ne prépare pas une simple évaluation du plan de mobilité : il prépare son remplacement. Une évaluation approfondie doit déboucher sur des corrections en 2027, avant l'entrée en vigueur d'un nouveau plan régional de mobilité d'ici la fin de la législature."

"L'avenue Louise est un axe auto +"

Le MR revendique déjà plusieurs acquis sous le gouvernement Dilliès : retrait de blocs de béton jugés non essentiels à la Toison d'Or et au bois de la Cambre, réaménagement du rond-point Louise, découplage entre les subsides régionaux pour les box à vélos et la suppression de places de stationnement, etc. Mais il en veut plus, beaucoup plus. Notamment sur un point crucial à leurs yeux : rouvrir les axes de pénétration de Bruxelles et éviter que certains quartiers soient isolés. Pour le MR, "Bruxelles ne peut pas multiplier les dispositifs qui rendent plus difficile l'accès à son centre".

"Nous voulons un plan équilibré pour tout le monde, y compris pour les voitures et le stationnement. Le plan précédent, c'était un plan qui était surtout anti-bagnoles, il faut le dire clairement", poursuit le président du MR bruxellois.

Ainsi, ils demandent depuis longtemps que l'avenue Louise retrouve sa capacité à absorber le trafic automobile pour amener Bruxelles et navetteurs en ville. David Weystman avait même poussé l'idée de créer un tunnel continu reliant le bois de la Cambre et la place Stéphanie. "Même les aficionados du Plan régional de mobilité d'Elke Van den Brandt reconnaissent que l'avenue Louise est un axe dit auto +. C'est un axe auto + par définition. Il doit être large, robuste, avoir de la flexibilité et permettre aux voitures de passer", commente de son côté Anne-Charlotte d'Ursel.

"Il faut rouvrir le bois de la Cambre"

Quant au bois de la Cambre, David Weytsman veut le rouvrir. "Si j'étais seul à décider, j'aurais rouvert une partie du bois de la Cambre dès le lendemain de mon arrivée dans la majorité. Notre partenaire de majorité (le PS) défend la situation actuelle. Le dossier fait donc l'objet d'études et de discussions." Mais, "pour nous, le bois de la Cambre n'est pas seulement un parc mais aussi un axe permettant de pénétrer dans la capitale".

Concrètement, les libéraux bruxellois demandant dès lors à la ministre en charge de la Mobilité de mettre la priorité sur trois dossiers, essentiels à leurs yeux. "On ne changera pas Elke Van den Brandt, mais elle doit s'adapter aussi à cet accord de majorité", prévient David Weytsman.

Primo : l'octroi d'un une carte professionnelle valable pour tous les travailleurs sur l'ensemble du territoire régional. Cette carte n'est pas valable dans les zones rouge, orange et "stationnement réservé". Elle coûte 90 euros pour un mois, 1080 € pour un an.

"La nature même de Beliris est de permettre aux Belges de rentrer et de circuler dans leur capitale"

Deuzio : l'accélération du programme pluriannuel d'investissement consacré aux tunnels, viaducs et ponts. Le MR demande notamment le lancement du chantier – maintes fois reporté – des tunnels Loi et Belliard avant la fin de la législature et le retour à deux fois de bandes dans les tunnels Vleurgat et Bailli (avenue Louise) une fois le chantier terminé, là encore avant la fin de la législature. Plus largement, et toujours dans cet esprit de faciliter l'entrée dans Bruxelles, le MR veut empêcher que la politique régionale conduise à la fermeture définitive de plusieurs tunnels.

Pour mémoire, une étude réalisée fin 2024 avait envisagé la fermeture de cinq tunnels à l'horizon 2030. La nouvelle majorité demande au contraire une révision du programme d'investissement consacré aux tunnels, viaducs et ponts. Des moyens doivent notamment être dégagés pour les tunnels Belliard et Loi via Beliris. Pour le MR, Beliris doit précisément participer à cette logique d'accessibilité de la capitale. "La nature même de Beliris est de permettre aux Belges de rentrer et de circuler dans leur capitale."

Tertio : l'accessibilité de Bruxelles. Le MR reproche à la Région de s'être progressivement isolée de ses voisines, notamment de la Flandre. Les problèmes liés au Ring, aux chantiers et aux entrées de ville sont désormais placés au centre du débat. "On ne doit pas bloquer les entrées de Bruxelles", insiste Weytsman. Il demande à la ministre de travailler davantage avec ses homologues flamands. "La Flandre a autant besoin de Bruxelles que Bruxelles a besoin de la Flandre."

Trente minutes de stationnement gratuit partout

Autre exigence : le stationnement. "On a mis dans notre campagne pour dire qu'il était inadmissible de devoir payer le stationnement jusqu'à 21h", rappelle David Weytsman. Qui soutient la volonté du nouveau président de Parking. Brussels Abdellah Achaoui (PS) de revoir les tarifs à la baisse et demande que l'on passe "à 30 minutes de parking gratuit partout dans la capitale."

"Notre logique est double : soutenir le pouvoir d'achat et faciliter l'accès aux commerces. Dans les grands réaménagements urbains, le MR veut également que la suppression de places soit compensée par la création de stationnement à proximité."

Sur le piétonnier du centre, le MR veut accélérer le tempo et interdire la présence de vélos et trottinettes le plus rapidement possible, sauf aux heures de livraisons soit de 4h à 11h du matin. "Là encore, si j'avais pu, je l'aurais fait tout de suite", reconnaît David Weytsman. La majorité PS/MR/Les Engagés travaille à un compromis, mais le président du MR Bruxelles assure que cette interdiction "devrait être mise sur pied avant la fin de cette année".

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