Gisèle Pelicot en campagne de sensibilisation contre la soumission…
« Il y a des crimes que l’on ne peut pas raconter, parce qu’on ne s’en souvient pas » : une première campagne nationale de sensibilisation à la soumission chimique est lancée lundi en France, avec Gisèle Pelicot, devenue une figure internationale de lutte contre les violences sexuelles.
Les viols subis par Gisèle Pelicot, assommée aux anxiolytiques par son ex-époux Dominique qui l’avait violée et livrée à des dizaines d’inconnus recrutés sur Internet, ont révélé au grand jour ces pratiques criminelles. Son ex-mari a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle en décembre 2024, à l’issue d’un procès au retentissement mondial.
Cette campagne a été lancée par l’association française M’endors pas, fondée par Caroline Darian, la fille de Mme Pelicot.
Gisèle Pelicot s’est dite lundi « très fière » de sa fille et « profondément reconnaissante ». « Ce combat, il est celui de Caroline, il est le mien, mais il est surtout désormais celui de toute la société. Il faut que les pouvoirs publics s’emparent de ce sujet qui est vraiment un fléau qui touche tout le monde », a-t-elle déclaré sur la radio France Inter.
L’objectif est de faire connaître la soumission chimique, cette administration à une personne d’une substance psychoactive à son insu ou sous la contrainte, à des fins délictuelles ou criminelles.
« Le message qu’on veut faire passer, c’est que si vous avez un doute, il faut investiguer. Ce n’est pas parce qu’on n’a pas de souvenir qu’il n’y a pas de traces », a expliqué à l’Agence France-Presse Caroline Darian.
Elle sera diffusée jusqu’au 18 octobre à la télévision, dans la presse, sur les réseaux sociaux et sur des panneaux d’affichage.
Dans le film, des personnes s’installent dans un studio et sont chacune invitées à « raconter ce qui s’est passé » avec leur beau-père, compagnon ou collègue.
Aucune ne parvient à répondre, toutes montrent leur désarroi. Un message apparaît ensuite à l’écran : « Il y a des crimes que l’on ne peut pas raconter, parce qu’on ne s’en souvient pas ».
Dans la dernière scène, Gisèle Pelicot apparaît pour délivrer un message de prévention, invitant les victimes potentielles à contacter le Centre de référence sur les agressions facilitées par les substances (Crafs).