Gildaa : "Gildaa est cathartique, ni parfaite ni consensuelle."

Gildaa est l'invitée de Tapage pour vous présenter en interview et en live son premier album "Gildaa".

Le billet de Camille
Cette semaine, Tapage reçoit Gildaa, l’alter ego de Camille Constantin Da Silva : son double artistique né pendant un atelier de clown il y a 10 ans. C’est l’occasion de se pencher sur le besoin, pour tant d'artistes, de se créer un personnage, un alter ego. De Ziggy Stardust pour David Bowie, aux robots de Daft Punk, en passant par Slim Shady et Gainsbarre, nombreux sont ceux qui ont créé un “autre soi” pour se cacher, se réinventer ou explorer leurs facettes les plus sombres.
Alors, pourquoi tant d’artistes ressentent-ils le besoin de devenir quelqu’un d’autre ? Et peut-on vraiment distinguer les alter ego des personnages de fiction ?

L’artiste réagit au billet de Camille : “Avant, je n’aimais pas qu’on parle de Gildaa comme d'un personnage parce que je pensais que ça racontait une fiction, alors qu’elle a une existence propre. Maintenant, j’ai anobli cette idée de personnage dans ma tête et ça ne me gêne plus.”
Dans cet album elle fait dialoguer le monde des vivants et des morts : " Gildaa c'est sept générations de femmes qui dialoguent. Un jour, chez moi, une bougie  s’est mise à danser alors qu'il n'y avait pas de vent. D’un coup j’ai pensé à mon arrière-grand-mère et j’ai écrit le morceau Vela Velha."
Pour son 1er live dans Tapage, Gildaa interprète "Perséphone", extrait de ce nouvel album Gildaa.

Inspirée par la Grèce antique, Gildaa en revisite les mythes : « Perséphone, c’est l’un de mes mythes préférés. Une femme qui s’ennuyait et qui a commencé à voir des âmes dans son salon. Par ennui, elle les suit et atterrit dans les Enfers. Hadès et elle tombent amoureux, mais il ne la laisse pas partir. C’est là que l’emprise commence. Finalement, elle a trouvé sa place au milieu des deux mondes en devenant passeuse d’âmes. Je trouve qu’on peut en apprendre beaucoup. On ne peut pas équilibrer le monde, mais apprendre de nos blessures pour trouver sa place. »
Dans cet album, Gildaa mélange les genres. On y trouve de la samba, du jazz, de la chanson française et même de la drum'n'bass. L'artiste confie : " A un moment je me suis dit qu'il y avait trop de choses dans cet album, et plus tard je me suis rendue compte que Gildaa sait des choses que moi même je ne réalise pas et donne du sens."
La musicienne s’est d’abord fait remarquer sur scène : ses concerts  plus que des  performances musicales. Ce sont des spectacles, mêlant théâtre, costumes, scénographie et mise en scène : " Ce sont les gens dans la salle qui font des concerts. On est des miroirs les uns les autres. J’aime bien les accidents. Il y a beaucoup de travail mais il y a beaucoup de crapulerie."
Pour sa carte blanche musicale, Gildaa a choisi de reprendre a cappella le titre "Carmen" de Stromae.

Pour en savoir plus sur le candomblé, la religion afro-brésilienne, le culte des orixás, son amour pour le groupe Sault, sa relation avec Yael Naim et l'enregistrement de son album... Ecoutez l'émission.