Gianni Infantino aurait promis au Maroc la finale de la Coupe du monde 2030
Fragilisé comme jamais, Gianni Infantino semble avoir lancé sa campagne de reconquête. En déplacement au Maroc mercredi pour une réunion d'urgence, le président de la Fifa aurait cherché à obtenir le soutien officiel de la Fédération royale marocaine en vue de sa réélection en 2027.
Selon les révélations du Times, confirmées par plusieurs médias, le dirigeant italo-suisse aurait laissé entendre que la finale de la Coupe du monde 2030 pourrait être attribuée au futur stade Hassan II de Casablanca, plutôt qu'au Santiago Bernabéu de Madrid, si Rabat lui apportait son appui.
L'Europe du foot passe à l'offensive contre Gianni Infantino : boycott, bataille pour la FIFA... "La crise de gouvernance est profonde"La Fédération royale marocaine n'a pas tardé à afficher publiquement son soutien à Gianni Infantino sur ses réseaux sociaux. Mais cette promesse reste suspendue à l'avenir politique du patron de la Fifa. S'il venait à être battu ou contraint de quitter ses fonctions, son successeur serait libre de revenir sur cette décision. Cette séquence illustre surtout la stratégie d'un président désormais engagé dans une véritable course aux soutiens.
Les critiquesse multiplient
Après l'échec retentissant de son projet d'ouvrir la gestion commerciale de la Coupe du monde à des investisseurs privés, Infantino voit son autorité vaciller.
Dans ce contexte, il n'est guère surprenant qu'il cherche à consolider l'appui des fédérations qui lui sont traditionnellement favorables, à commencer par le Maroc. Et la pression continue de monter.
La légende portugaise Luis Figo a réclamé mercredi la démission du président de la Fifa, estimant qu'il était "trop tard pour sauver sa dignité, mais pas pour sauver le football".
Dans le même temps, European Leagues, qui représente les principales ligues professionnelles européennes, a salué l'abandon du projet de privatisation comme "la seule issue logique", tout en dénonçant de graves problèmes de gouvernance au sein de l'instance.
"Dès son élection, il a jugé qu'il n'était pas assez élevé" : dans l'œil du cyclone, quel est le salaire du boss de la FIFA, Gianni Infantino ?L'organisation reproche également à Gianni Infantino de continuer à multiplier les décisions unilatérales, citant notamment son projet d'élargir la Coupe du monde 2030 à 64 équipes sans consultation des ligues, des clubs ou des joueurs. European Leagues réclame désormais une réforme en profondeur du fonctionnement de la Fifa afin que les principales parties prenantes puissent participer aux décisions qui engagent l'avenir du football mondial.
Dans ce climat de défiance, le voyage marocain prend une dimension toute particulière. Plus que jamais, chaque soutien compte pour un président dont la réélection, longtemps considérée comme une formalité, apparaît désormais loin d'être acquise.
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