Ghlin: Une unité pilote destiinée au traitement et à la valorisation des déchets contenant de l'amiante pourrait être construite
Une unité pilote destinée à traiter et valoriser les déchets contenant de l'amiante-ciment pourrait voir le jour à Ghlin. La société SBMI envisage en effet d'introduire une demande de permis pour mener cette expérimentation sur son site, situé sur la route de Wallonie. Une réunion d'information préalable à l'étude d'incidences sur l'environnement est en ce sens organisée ce jeudi 15 octobre, à 18 h 15, à la grande salle Calva, place de Ghlin. Les habitants pourront y découvrir le projet et faire part de leurs observations.
Spécialisée dans le désamiantage, SBMI est implantée à Ghlin depuis 29 ans et dispose de 35 ans d'expérience dans le secteur. L'entreprise intervient sur des habitations, des bâtiments de grande taille, des sites industriels ou encore des infrastructures de transport. Mais la gestion des déchets issus de ces opérations reste un défi. "Aujourd'hui, les déchets contenant de l'amiante sont enfouis dans des centres d'enfouissement technique, dans des doubles big bags hermétiques. Ils ne se dégradent pas, ce sont des déchets qui restent là pour toujours", explique Maxime Pourtois (LB), échevin de l'Urbanisme.
52 maisons et 73 appartements en projet à Ghlin : "C'est un terrain à bâtir, il est normal qu'il soit urbanisé"Selon les estimations évoquées par l'échevin, il resterait entre cinq et huit millions de tonnes d'amiante à gérer en Belgique, soit environ un siècle de désamiantage. "Ces quantités sont trop importantes pour que l'enfouissement constitue, à lui seul, une solution durable. Il faut donc trouver une autre manière de traiter ces déchets."
Détruire les fibres pour valoriser la matière
C'est dans cette perspective que SBMI travaille depuis plusieurs années sur un procédé de traitement mécano-thermique de l'amiante-ciment. L'objectif est de modifier la structure des fibres d'amiante afin de transformer le déchet dangereux en une matière susceptible d'être valorisée. L'amiante-ciment est en effet composé d'environ 85 % de ciment et peut contenir jusqu'à 15 % d'amiante.
"La dangerosité de l'amiante est notamment liée à la taille et à la forme de ses fibres, qui peuvent pénétrer profondément dans les poumons. Le procédé développé par SBMI vise à transformer ces fibres sur le plan minéralogique, pour modifier leur forme et leur taille", détaille Maxime Pourtois. La démarche a donné lieu à deux brevets, dont un est encore en cours.
Le traitement se déroulerait en deux étapes. Les matériaux seraient d'abord broyés mécaniquement pour obtenir une poudre. Celle-ci serait ensuite chauffée à environ 1,050 °C dans un four électrique, afin de déstructurer les fibres d'amiante. À l'issue du processus, le matériau serait classé comme déchet non dangereux, sous le code 19.02.03, même s'il pourrait subsister des traces de fibres en très faible quantité, estimées à 100 parties par million.
Deux pistes de valorisation sont envisagées, toutes deux dans des cimenteries. La première consisterait à réutiliser la matière obtenue pour produire des ciments composés. Cette filière n'est pas encore acceptée en Wallonie en raison de la présence éventuelle de traces de fibres, mais elle le serait en Flandre. La seconde option serait d'utiliser la matière comme matière première secondaire, avant de la faire passer dans un four de cimenterie à environ 1,400 °C, une étape qui permettrait d'assurer la disparition totale des fibres d'amiante.
Une expérimentation limitée dans le temps
Le permis sollicité porterait sur la construction et l'exploitation d'une unité pilote à l'arrière de la parcelle de SBMI, à Ghlin. La capacité annoncée serait de 2 500 tonnes d'amiante-ciment par an, soit environ dix tonnes par jour. L'autorisation serait limitée à deux ou trois ans maximum, avec une fin envisagée en 2029. "L'objectif est de tester le procédé à l'échelle pilote et de vérifier s'il fonctionne comme prévu. Si les résultats sont concluants, SBMI envisage ensuite de construire une unité industrielle ailleurs en Wallonie. Le lieu n'est pas encore défini", précise l'échevin.
L'unité pilote pourrait permettre l'engagement d'une dizaine de personnes supplémentaires. Si le projet devait ensuite passer à l'échelle industrielle, les perspectives avancées par SBMI atteindraient une cinquantaine d'emplois. La réunion de ce jeudi doit permettre au demandeur de présenter son projet, mais aussi au public de poser ses questions et de formuler ses remarques. Les observations peuvent ensuite être adressées par écrit aux services compétents des communes de Mons, Saint-Ghislain ou Jurbise, jusqu'au 15 novembre 2026.
Rien n'est donc joué à ce stade et aucun permis n'est accordé. Mais la procédure est lancée.
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