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  • 2026-07-23 17:00:01 +0000 UTC

    Jul 23, 2026

    Gestion des jardins de Menton : malgré des irrégularités reconnues, l’ancien maire Yves Juhel et sept autres personnes échappent aux poursuites

    Le nuage des affaires judiciaires se réduit un peu plus avec cette nouvelle décision. L’épilogue est net : il n’y aura pas de procès financier dans le cadre de la gestion des jardins mentonnais. Dans une décision de classement datée du 10 juillet 2026, la procureure générale près la Cour des comptes, Véronique Hamayon, a décidé de ne renvoyer aucune des huit personnes mises en cause devant la chambre du contentieux.

    L’ancien maire Yves Juhel, l’ex-directeur général des services Éric Le Floch, le président de l’Association de sauvegarde des jardins d’exception du Mentonnais (ASJEM) Michael Likierman, sa trésorière Catherine Camaiti, ainsi que quatre autres membres de l’association, échappent ainsi à toute poursuite.

    Le dossier trouve son origine dans une convention signée le 7 juin 2022 entre la Ville de Menton et l’ASJEM, confiant à l’association la gestion de trois jardins publics — Villa Maria Serena, Serre de la Madone et Palais de Carnolès.

    Dénoncée comme illégale par le préfet des Alpes-Maritimes dès octobre 2022, la convention avait été résiliée le 9 février 2023. Saisie par la conseillère d’opposition de l’époque, Sandra Paire, la Chambre régionale des comptes Provence-Alpes-Côte d’Azur avait déféré l’affaire au parquet général le 12 mars 2025.

    Michael Likierman, président de l’ASJEM, et Gilles Deparis, directeur des jardins de Menton, se sont rendus à Paris pour représenter le jardin Serre de la Madone lors de cette remise officielle.

    L’instruction, confiée au magistrat Pierre Rolland, a permis de chiffrer précisément les sommes en jeu : entre le 7 juin 2022 et le 10 février 2023, l’ASJEM a encaissé 57 470,12 euros de recettes issues de la billetterie et de la boutique des jardins — 48 030,82 euros en 2022 et 9 439,30 euros en 2023 — sans disposer de l’habilitation requise pour manier des fonds publics.

    Des faits reconnus mais une responsabilité écartée

    Sur le plan juridique, l’ordonnance de règlement du 30 avril 2026 avait pourtant établi que les conditions de la « gestion de fait » — l’ingérence dans les compétences exclusives du comptable public — étaient susceptibles d’être réunies. Selon cette analyse, Yves Juhel et Éric Le Floch auraient pu être considérés comme « comptables de fait de longue main » pour avoir permis le montage, tandis que Michael Likierman et Catherine Camaiti auraient endossé la responsabilité de « comptables de fait de brève main » pour avoir directement perçu les recettes litigieuses.

    Mais la procureure générale a choisi de ne pas donner suite, invoquant trois éléments : la brièveté de la période concernée — neuf mois —, la cessation spontanée de la gestion irrégulière dès les observations préfectorales (la commune ayant repris la perception des recettes via une régie après la résiliation) et, enfin, la régularisation intervenue avec la signature, le 19 janvier 2024, d’une nouvelle convention tripartite associant cette fois le Conservatoire du littoral, propriétaire du jardin Serre de la Madone.

    Sur le second volet de l’enquête, relatif à la non-production des comptes, l’infraction n’a pas été retenue : les comptes de l’ASJEM pour les exercices 2022, 2023 et 2024 ont bien été produits et certifiés par un commissaire aux comptes.

    Faute de poursuites, la sanction se limite à une communication portant rappel au droit, adressée par la procureure générale à l’ancien maire Yves Juhel ainsi qu’à l’actuelle maire de Menton, Alexandra Masson. Le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes en a également été informé, pour la forme.

    2026-07-23 17:00:01 +0000 UTC