Football (Coupe de France) : un tir cadré en 90 minutes, l’OSQ est éliminé par Compiègne

« Ça brûle la rétine. » L’expression utilisée par Kylian Mbappé prend aussi tout son sens à l’heure d’analyser l’élimination de Saint-Quentin (N2) par Compiègne (R1), au quatrième tour de la Coupe de France.

Cela peut sembler fort, voire prématuré, d’écrire ces lignes un 26 septembre. Mais ça saute tellement aux yeux qu’il est légitime de poser certaines questions. Car si Jérôme Foulon, au sortir de cette défaite (0-2), se comporte en « Monsieur » en prenant toute la responsabilité sur ses épaules, le constat, lui, est difficile à éviter.

« Je suis complètement dégoûté pour l’OSQ, pour les joueurs, pour mon staff, parce que j’avais bien insisté sur le fait qu’un parcours en Coupe de France pouvait beaucoup nous apporter. Moi, aujourd’hui, je ne tire pas sur mon équipe, c’est moi le responsable, ce ne sont pas mes joueurs les responsables. C’est moi qui fais le 11, donc c’est moi le responsable. »

Finalement, cet effectif peut-il faire mieux ?

La responsabilité est forcément partagée, puisque cet effectif a été construit collectivement. D’abord avec les moyens à disposition, légèrement en baisse par rapport à l’exercice précédent. Saint-Quentin a d’ailleurs divisé par deux le nombre de ses contrats fédéraux.

La direction sportive a également fait le choix de renouveler une grande partie de sa ligne d’attaque : exit Gamael Dorvil, Kevin Brancourt et Corentin Lemaire, alors que ces derniers souhaitaient, eux, poursuivre l’aventure. Un choix assumé, dont les raisons d’équilibre (financier, humain ou sportif) peuvent s’entendre. En revanche, à ce jour, les remplaçants ne sont pas à la hauteur.

Jérôme Foulon, interrogé sur le sujet, ne cherche d’ailleurs pas à masquer les difficultés : « Il ne faut pas se voiler la face, on voit très bien qu’offensivement on va avoir de grandes difficultés. Je ne veux pas cracher et tirer à bout portant sur mes attaquants car c’est moi qui les ai choisis. Si on les a choisis, c’est qu’on a estimé qu’ils avaient le niveau, mais c’est à eux de le prouver aussi. »

Ce samedi soir face à Compiègne, Saint-Quentin n’a jamais vraiment réussi à créer du danger dans les 30 derniers mètres. Face au bloc compiégnois, l’OSQ a longtemps eu le ballon sans parvenir à en faire quoi que ce soit. Une possession stérile, sans véritable décalage ni occasion franche. À la pause, aucun tir cadré.

Compiègne a fait son match

Au retour des vestiaires, Compiègne est revenu avec de meilleures intentions et n’a pas tardé à mettre l’OSQ en grande difficulté. À la 59e minute, sur un très beau mouvement collectif, Benatmane s’est retrouvé en position de frappe. Sa tentative cadrée a été repoussée par Matthieu Hucliez, avant que, dans la continuité, Aichi ne se présente seul face au gardien saint-quentinois. Après l’avoir dribblé, il a tenté sa chance, mais Anthony Boucher s’est jeté pour détourner le ballon en corner. Un répit de courte durée.

Sur le corner, parfaitement frappé au deuxième poteau par Benatmane, Aichi, pourtant loin d’être le plus grand de la classe, s’est élevé plus haut que tout le monde pour placer une tête imparable. Cette fois, Matthieu Hucliez n’a rien pu faire. Compiègne venait de faire sauter le verrou (0-1 ; 60e).

Je suis frustré, ça fait plusieurs années qu’on sort rapidement. On n’a pas l’opportunité de vivre de bonnes émotions
Matthieu Hucliez, portier de l’OSQ

Compiègne, loin de se contenter de cet avantage, a continué à vouloir faire mal. À la 70e minute, Marega, son numéro 9, est lancé en profondeur et se retrouve en face-à-face avec Hucliez. L’attaquant compiégnois frappe, le gardien saint-quentinois touche le ballon, mais ne peut empêcher celui-ci de poursuivre sa course jusqu’au fond des filets.

« On sait généralement que le petit, plus les minutes passent et plus il prend confiance face à un gros qui tergiverse et commence à paniquer. J’avais dit aux joueurs que ça allait venir, explique Anis Aouni, l’entraîneur de Compiègne avant de poursuivre. Après le premier but, on a essayé de rappeler les joueurs pour ne pas se découvrir mais ils ont senti qu’on pouvait faire le break et c’est ce qu’ils ont réussi à faire. »

« Il faut mettre le bleu de chauffe »

Malgré une réaction dans le dernier quart d’heure, Saint-Quentin n’a jamais réellement réussi à inquiéter Compiègne. Il aura fallu attendre la 94e minute pour voir l’OSQ cadrer sa première véritable frappe. Zakaria Bouchema, depuis l’extérieur de la surface, a tenté sa chance et obligé le portier compiégnois à s’employer, celui-ci repoussant le ballon sur son poteau.

Matthieu Hucliez, le portier saint-quentinois, ne cherchait d’ailleurs pas d’excuses au coup de sifflet final et appelait déjà à la mobilisation avant la réception de Lille, samedi 3 octobre (18 heures) : « Je suis frustré, ça fait plusieurs années qu’on sort rapidement. On n’a pas l’opportunité de vivre de bonnes émotions, que ce soit nous, les joueurs, ou le public, donc c’est frustrant. La responsabilité nous revient à nous, les joueurs, de faire plus. Après le deuxième but, on a su se révolter, mais c’était trop tard. Une défaite, ça fait toujours mal, mais surtout après une défaite à Vimy, on voulait se relancer. On savait que le match allait être difficile, on s’y attendait, donc ça fait mal. »

Et le gardien saint-quentinois sait déjà ce qu’il faudra changer : « La semaine prochaine, on joue Lille, il faut mettre le bleu de chauffe, travailler plus. Si on ne donne pas assez sur le terrain, c’est qu’on ne donne pas assez à l’entraînement. On s’entraîne bien, mais on doit faire plus pour prendre des points à domicile contre Lille. »

La Coupe de France est terminée pour l’OSQ. Reste désormais le championnat, avec une réaction attendue dès la semaine prochaine.

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SAINT-QUENTIN (N2) – COMPIÈGNE (R1) : 0-2

Au stade Paul-Debresie de Saint-Quentin : Spectateurs : 350.

Mi-temps : 0-0.

Avertissements : Houenou (64e), Touré (83e).

Exclusions : Alex Mendes (89e)

OSQ : Hucliez – N’Goma, Houenou, Boucher, Bangoura (cap) – Touré, Oulaaouane (Karamoko 20e), Garot (Paris 78e) – Duflot (Bouchema 63e), Mandefu (Fofana 63e), De Sousa. Entraîneur : Jérôme Foulon.

Compiègne : Bamba – Oubouragaa, Khebizi, Tong Tjuen, Esokowa – Minin (Mayuma Ndundu 86e), Diallo, Demirel (cap) – Aichi (Motuta Liweya 69e), Marega, Benatmane. Entraîneur : Anis Aouni.