Fonds d’indemnisation des victimes des pesticides : les travailleurs ou anciens travailleurs viticoles représentent 12,6 % des demandeurs en 2025
Fonds d’indemnisation des victimes des pesticides : les travailleurs ou anciens travailleurs viticoles représentent 12,6 % des demandeurs en 2025
La viticulture est « le secteur qui connaît la plus forte augmentation de demandes avec 33 demandes supplémentaires par rapport à 2024 », précise le rapport annuel 2025 du fonds, publié ce 3 septembre 2026.Ajouter L’union sur Google
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C’est une première. Le fonds d’indemnisation des victimes de pesticides (FIVP) a reçu plus de 1 000 demandes en 2025 – 1 044 précisément –, soit une augmentation de 6,8 %, la plupart venant de victimes exposées professionnellement et le reste (20 demandes) concernant des enfants exposés durant la période prénatale, selon le rapport publié jeudi sans communication officielle.
Le rapport annuel 2025, d’où sont tirés ces chiffres, souligne que le fonds a dû de manière inédite piocher dans ses réserves pour payer les prestations aux victimes. Les demandeurs sont à 92,5 % des hommes, avec une part de retraités qui augmente, travaillant ou ayant travaillé dans des fermes en polyculture élevage (30 %), des cultures céréalières, légumineuses ou industrielles (13,4 %) ou en viticulture (12,6 %).
Le rapport souligne un découpage nord-sud, avec plus de demandes venant du nord, notamment des zones Armorique (ouest de la Bretagne), Maine-et-Loire et Bourgogne. Le cancer de la prostate reste l’affection prédominante dans les demandes.
De plus en plus demandeurs
En 2021, première année pleine de fonctionnement du fonds, celui-ci avait reçu plus de 300 demandes, un chiffre qui avait doublé en 2022 et s’était stabilisé en 2023 à près de 700. L’année 2024 avait enregistré une progression exceptionnelle de 44 %, à 978 demandes.
« La reconnaissance des pathologies causées par les pesticides progresse », souligne dans le rapport Laurent Habert, président du conseil de gestion du FIVP, évoquant l’élargissement récent de la prise en compte de la maladie de Parkinson et d’hémopathies malignes.
« Il reste toutefois encore possible de mieux informer et de faire mieux connaître le fonds : les taux de saisine par région sont ainsi encore disparates sans explication évidente », ajoute-t-il. Des ONG déplorent régulièrement le manque de visibilité de ce fonds.
La mutualité sociale agricole (MSA) est chargée du pilotage et de la gestion statistique, économique et financière du fonds mais la communication ne fait pas partie de ses missions. Le rapport annuel est publié chaque année discrètement, sans communication du gouvernement.
Une majorité de demandes acceptées
L’ensemble des prestations versées au titre de la réparation des dommages subis par les personnes exposées aux pesticides a atteint 25,9 millions d’euros en 2025, en augmentation de 35,5 % par rapport à 2024.
Ce montant n’a cessé d’augmenter avec le nombre de demandes, dont une large majorité est acceptée chaque année, mais les recettes du fonds ont, elles, baissé, ce qui l’a poussé à recourir pour la première fois en 2025 à ses réserves financières, constituées lors des premières années. En 2025, le fonds a enregistré 795 accords de demandes et 180 refus. Les victimes reconnues peuvent ensuite percevoir des indemnisations sur le temps long en fonction de la pathologie.
Le fonds est financé par une taxe sur la vente de produits phytopharmaceutiques et par des cotisations accidents du travail et maladies professionnelles. Mais les recettes de la taxe ont chuté depuis 2023, passant de 18,16 millions à 13,61 millions cette année. Le presque doublement du montant des cotisations dédiées au fonds, à 4,7 millions d’euros, n’a pas compensé.
Les prestations financées par la taxe ont dépassé pour la première fois en 2025 les recettes issues de celle-ci.
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