Feux de forêt : le Portugal et la Crète toujours en proie à des incendies
L'incendie en cours à Valpaços dans le nord du Portugal, à environ 150 kilomètres de Porto, mobilise toujours vendredi un millier de pompiers et intervenants, selon la protection civile.
"Nous avons vécu une nuit de travail intense" a indiqué à la chaîne de télévision CNN Portugal le commandant régional de la protection civile Albano Teixeira.
La baisse du vent et des températures a apporté un répit, et des habitants évacués par précaution jeudi après-midi ont pu regagner leurs domiciles.
La vigilance reste toutefois élevée dans le tout le Portugal. Plusieurs régions de l'intérieur du pays et de l'Algarve sont placées en risque maximal d'incendie par l'Institut météorologique portugais (IPMA), malgré une légère baisse attendue des températures dans le nord et le centre.
À Valpaços, la principale difficulté jeudi était liée aux conditions de visibilité qui gênaient l'engagement de moyens aériens et les autorités espèrent que ceux-ci pourront intervenir vendredi et jouer un rôle déterminant.
Le feu, parti mardi de Valpaço et qui a ravagé au moins 6.000 hectares selon la protection civile, s'est étendu aux communes voisines de Mirandela et Vinhais dans un secteur proche de la frontière espagnole. Vendredi, un autre incendie sévissait dans les environs d'une autre commune à proximité, Chaves mobilisant près de 200 personnes.
Ravagée chaque été par les feux de forêt, la péninsule ibérique est particulièrement exposée aux effets du changement climatique, qui favorisent des vagues de chaleur plus fréquentes et des sécheresses prolongées.
Depuis le début de l'année et jusqu'à fin juillet, quelque 50.000 hectares de forêts et de broussailles ont déjà été ravagés par les incendies au Portugal, selon des données provisoires de l'Institut de conservation de la nature et des forêts (ICNF).
La Crète toujours en proie à un incendie porté par des vents violents
La région du département de Rethymnon sur l'île touristique de Crète est toujours la proie des flammes vendredi, poussées par des vents violents, selon les pompiers, malgré une certaine amélioration.
"La situation à Rethymnon est meilleure", a indiqué à l'AFP un porte-parole des sapeurs-pompiers mais le feu "n'est toujours pas circonscrit" et "il y a encore des foyers".
Alors que la saison touristique bat son plein en Crète, 4.500 hectares sont déjà partis en fumée mercredi et jeudi au sud de ce département, selon le site meteo.gr de l'Observatoire national d'Athènes.
Les vents violents, la géologie et le relief accidenté de la région compliquent considérablement les opérations de lutte contre le feu, selon les autorités.
Aux alentours de la station balnéaire d'Agia Galini, où 8.000 personnes avaient dû être évacuées mercredi soir, les dégâts étaient importants.
Tout mon café "a été détruit. Ce lieu faisait vivre deux familles, la mienne et celle de mon fils", a déploré son propriétaire Thrassyvoulos Paterakis, 69 ans, auprès de l'AFP. "Nous nous retrouvons désormais à la rue",
Dans la péninsule du Péloponnèse (sud), près du port de Patras, un incendie était également en cours qui inquiète les autorités.
Quatre avions bombardiers d'eau et trois hélicoptères ont été déployés près du village de Floka, au sud de Patras, selon les pompiers.
Sur les îles touristiques de Paros et Andros, dans l'archipel des Cyclades, et à Kalymnos dans le sud-est, la situation était en revanche en cours d'amélioration, selon les pompiers.
Ces derniers sont en alerte générale ce vendredi en raison des vents forts qui balaient une grande partie de la Grèce.
De nombreuses régions, dont celle d'Athènes, la Crète, un grand nombre d'îles de la mer Egée et une partie du Péloponnèse ont été classées en risque incendie "très élevé", de niveau 4 sur une échelle qui en compte 5.
Des vents jusqu'à 88 km/h sont attendus ce vendredi, ce qui perturbe le trafic des ferries vers les îles prisées des vacanciers.
"Les rafales emportent littéralement le feu et le propagent dans toutes les directions", a expliqué sur la chaîne publique ERT Theodore Giannaros, chercheur principal à l'Observatoire national d'Athènes.
"Les vents violents soulèvent des brandons qui […] peuvent provoquer de nouveaux départs de feu, parfois très loin du front principal", a-t-il ajouté.
La géographie insulaire du pays "complique en outre le déploiement rapide des secours", a reconnu jeudi soir Vassilis Vathrakogiannis, porte-parole des sapeurs-pompiers.
"Les vents violents et les épais panaches de fumée […] rendent les largages d'eau particulièrement difficiles, voire impossible" en Crète notamment, a-t-il affirmé.
Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a prévenu jeudi que la Grèce, plutôt épargnée au début de l'été par les canicules et les feux importants comme en France et en Espagne, allait vivre "des jours difficiles".
"Les conditions devraient encore se dégrader dans les prochains jours", a également prévenu le porte-parole des sapeurs-pompiers.
La Grèce, touchée de plein fouet par la crise climatique comme l'ensemble du pourtour méditerranéen, est en proie à des incendies chaque été en raison de fortes températures, de canicules fréquentes, et de la sécheresse.