Fermeture de bases, flotte divisée par deux... Volotea vole en plein...
Aegean serait à la manœuvre pour aider Volotea

Volotea : une flotte de 26 appareils contre 44 annoncés - Crédit photo : RP
Fin août, alors que les pilotes déposaient un préavis de grève, la direction de Volotea leur annonçait la future tenue d’un CSE extraordinaire.
La réunion a bien eu lieu la semaine suivante. Elle avait pour objectif de présenter aux salariés la réduction à venir de l’activité, qui allait bien au-delà de la traditionnelle baisse du programme hivernal.
"Ce CSE extraordinaire a bien eu lieu et il ne respectait même pas le cadre juridique de ce genre de réunion.
Il nous a été expliqué que la baisse d’activité dans les bases était liée à la hausse des cours du kérosène. Mais cette annonce nous a été faite à partir du moment où nous avons déposé le préavis
", nous confiait le délégué du SNPL, dans un précédent article.Et visiblement, cet ajustement va bien au-delà de la simple augmentation du kérosène. La situation financière de la low cost a énormément fait parler en Espagne.
Et nous en apprenons chaque jour un peu plus.
Volotea : une flotte de 26 appareils contre 44 annoncés !
Selon Cronica Global, la baisse d’activité sur les bases et les aéroports français peut atteindre jusqu’à 50 % à Bordeaux et Lyon, mais surtout aller jusqu’à la fermeture de certaines bases, comme à Brest, Naples et Palerme.
Une restructuration qui placerait alors 300 salariés dans l’incertitude concernant l’avenir de leur emploi.
Ce n’est pas tout... Car les coupes sont nombreuses au sein de la low cost.
La compagnie à la dérive à damier, qui a traditionnellement une activité charter, à l’image de Transavia et d’autres acteurs du secteur, aurait décidé de cesser immédiatement de louer ses appareils, selon nos informations.
A lire : Aérien : le modèle low cost n’a plus la cote !
Une décision qui interpelle, surtout pour une compagnie qui doit trouver de l’argent, et vite.
"Aucun message de la direction à ce jour ne filtre. Nous ne sommes pas étonnés pour les charters, car toute notre flotte est déjà utilisée sur le programme de vols actuel", nous explique-t-on en interne.
Et, en effet, il y aurait eu une réduction très importante de la flotte de Volotea.
Au lieu de disposer d’une flotte de 44 appareils, comme cela était affirmé avant l’été, ni même de 40, comme le stipule son site Internet, la compagnie ne compterait plus que... 26 avions !
À ce chiffre, il convenait malgré tout d’ajouter quatre avions charter afin de réaliser le programme estival passé, selon nos confrères d’OK Diario.
L’enjeu est de réduire au maximum les coûts afin de redresser les comptes.
Volotea ferme ses bases de Brest, Palerme et Naples
Et pour arriver à cela, des décisions ont été prises, au-delà même des fermetures de bases.
D’après ce même média, les contrats des commandants de bord cadets seraient supprimés, tandis que l’hypothèse de la mise en place du chômage partiel circulerait au siège social de la compagnie.
Un autre journal affirme que la compagnie a tout simplement décidé de fermer son programme de cadets, car elle ne serait plus en mesure d’embaucher ensuite les pilotes formés.
De plus, le budget consacré aux événements et aux opérations de convivialité pour les salariés aurait été largement réduit.
Et les coupes dans les charges se doublent d’un plan de sauvetage.
Il faut dire que la situation paraît relativement critique.
La flambée du kérosène, dont les prix ont doublé en l’espace de six mois, expose le business model des compagnies à bas prix. Et, pour coller au mieux au cas de Volotea, il faut aussi ajouter le Covid.
En effet, pour passer la crise sanitaire, l’entreprise a dû contracter des prêts à hauteur de 200 millions d’euros, avec un remboursement étalé jusqu’en 2029.
"Nous sommes passés d’une dette nulle à 350 millions, ce qui était difficile, et nous sommes maintenant à 310 millions", expliquait Carlos Muñoz, fondateur et PDG de Volotea.
Il faut aussi ajouter les nombreux exercices déficitaires. En 2023, la compagnie enregistrait des pertes de 97,5 millions d’euros, puis 46,1 millions d’euros en 2024 et 64 millions d’euros l’année passée.
Volotea : le plan de sauvetage d’Aegean dépendra du gouvernement espagnol
Si les finances devraient s’améliorer cette année, les pertes sont tout de même attendues à 33 millions d’euros.
En mars dernier, Volotea a finalisé une augmentation de capital de 71 millions d’euros auprès d’Aegean Airlines, Alaeo, le groupe représentant l’équipe dirigeante de l’entreprise, et du fonds américain PAR Capital.
La compagnie en attendait 100 millions.
Un accord a bien été trouvé avec des créanciers pour échelonner 49,3 millions d’euros et entamer des discussions afin de trouver 25 millions d’euros de financements supplémentaires.
Face à l’urgence de la situation, Aegean aurait élaboré un plan pour prendre le contrôle de la low cost.
Déjà actionnaire minoritaire, le transporteur grec prévoirait de convertir 56 millions d’euros de dette de Volotea en actions et de procéder à une augmentation de capital de 15 millions d’euros.
D’ailleurs, Eftychis Vassilakis, le PDG d’Aegean, a reconnu que la compagnie espagnole était sous-capitalisée.
Sauf que cette prise de contrôle, selon Crónica Global, pourrait être soumise au bon vouloir du gouvernement espagnol, en raison de la taille de la compagnie, de son importance stratégique dans le pays et du prêt accordé durant la crise sanitaire.
Il pourrait ainsi donner son accord ou non, mais aussi imposer ses conditions, notamment sur l’emploi.
"AEGEAN est un investisseur minoritaire, sans représentation au conseil d’administration, et n’intervient ni dans les activités opérationnelles ni dans la gestion des affaires de Volotea", nous a communiqué la compagnie grecque.
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