Faire la sieste presque tous les jours serait lié à un risque de démence accru de 48 % chez les personnes âgées

Une étude américaine associe la sieste quotidienne à un surrisque significatif de démence après 65 ans.

Alexandre Brunet

Rédacteur scientifique

Publié le 24/10/26 à 20:19

  • Des chercheurs de l'université Johns Hopkins ont suivi 995 Américains de plus de 65 ans pendant dix ans pour étudier le lien entre sieste et démence.
  • L'étude révèle un risque accru de démence de 48 % chez les seniors faisant des siestes fréquentes ou involontaires.
  • Les siestes fréquentes pourraient être un signal d'alerte précoce de déclin cognitif, mais des limites méthodologiques subsistent.

Ce résumé généré par IA a été validé par les journalistes de la rédaction.

La sieste serait associée à un risque accru de démence chez les plus de 65 ans. Des chercheurs de l’université Johns Hopkins, à Baltimore, ont suivi 995 Américains pendant près de dix ans pour le vérifier. Leurs résultats, publiés en octobre 2026, pointent un surrisque de 48 %. S’endormir sans le vouloir aggraverait encore la donne.

Le lien entre sieste et démence mesuré chez 995 seniors

L’analyse s’appuie sur le National Health and Aging Trends Study, une enquête nationale américaine. Ce programme suit chaque année des milliers d’Américains de plus de 65 ans couverts par l’assurance publique Medicare. En 2013, 995 d’entre eux ont décrit leurs habitudes de sieste. Les chercheurs les ont ensuite suivis jusqu’en 2023.

Aucun participant n’a subi d’examen clinique formel. Les chercheurs ont repéré la démence grâce à un outil de dépistage qui croisait les déclarations des familles, un questionnaire d’aidant et des tests cognitifs portant sur la mémoire, l’orientation et la planification. D’après The Journal of Gerontology: Medical Sciences, 42 % des volontaires avaient développé une démence possible ou probable au terme du suivi.

Sieste fréquente ou involontaire, deux profils à risque distincts

Les chercheurs ont classé les habitudes selon trois critères : la fréquence, le caractère volontaire ou non et la durée au-delà de 30 minutes. Même en tenant compte de l’âge, des maladies chroniques et de la qualité du sommeil nocturne, le lien entre sieste quotidienne et démence tenait bon.

Le surrisque atteignait 39 % pour les endormissements involontaires. Les siestes planifiées, elles, ne montraient aucun lien significatif. Environ 51 % des personnes qui s’assoupissaient chaque jour ont fini par développer des signes de démence, contre 38 % chez celles qui ne faisaient jamais la sieste. La mémoire était la fonction cognitive la plus altérée.

Un possible signal d’alerte précoce plutôt qu’un vrai facteur de risque

Les lésions cérébrales liées à la maladie d’Alzheimer peuvent endommager les neurones qui régulent l’éveil diurne. Un patient s’assoupirait davantage avant même le diagnostic. Les zones du cerveau qui maintiennent la vigilance figurent parmi les premières touchées par la neurodégénérescence. Aux États-Unis, environ 6,9 millions de personnes âgées vivent avec une forme de démence.

Pour tester cette hypothèse de causalité inverse, l’équipe a exclu les cas de démence survenus durant les cinq premières années de suivi. Le surrisque associé à la sieste quotidienne grimpait alors à 75 %. Les endormissements involontaires perdaient leur solidité statistique dans ce nouveau calcul. Les siestes courtes n’affichaient plus aucune association claire non plus.

Les siestes fréquentes serviraient de marqueur précoce d’un

déclin cognitif à venir. L’étude comporte des limites notables. Les habitudes de sommeil reposaient sur les déclarations des participants à un seul moment, et le diagnostic ne provenait pas d’un examen médical direct. La distinction entre cause et conséquence reste ouverte.