F1 : l’IA pourrait clairement compliquer la vie des pilotes et ingénieurs en cette saison 2026
Les équipes en encore du mal à comprendre les F1 2026Credit Photo - Icon Sport
Le 23/07/2026
À mi-parcours de la première saison disputée sous la nouvelle réglementation technique, un constat s'impose dans le paddock : ni les ingénieurs ni les pilotes ne maîtrisent encore totalement les monoplaces 2026.
Zapping Sports Auto Moto Calendrier Saison MOTO GP 2024
Les difficultés rencontrées ces dernières semaines par plusieurs pilotes, notamment chez Mercedes, illustrent bien cette nouvelle réalité technique. Les problèmes de déploiement d'énergie, largement évoqués depuis le Grand Prix de Belgique, recouvrent en réalité des situations très diverses. Il peut s'agir d'un réglage activé au mauvais moment par le pilote, d'une erreur de conduite forçant le moteur électrique à compenser une perte de puissance, ou encore d'un algorithme d'intelligence artificielle interprétant une situation de façon inattendue et déployant l'énergie autrement que prévu. Quand les meilleurs ingénieurs du plateau, pourtant dotés d'une puissance de calcul considérable et d'une expérience immense, peinent eux-mêmes à comprendre ce qui se produit exactement, il devient quasiment impossible d'attendre des pilotes qu'ils trouvent instantanément la bonne réponse une fois en piste.
À lire aussi :
Mercedes : Toto Wolff lâche une bombe, l'écurie refuse de sacrifier Russell pour Antonelli
McLaren comble son retard de modélisation sur Mercedes
Depuis plusieurs mois, Andrea Stella répète dans des propos relayés par Nextgen-auto que McLaren accuse un certain retard sur Mercedes dans la compréhension et l'exploitation de son groupe propulseur. Le directeur de l'écurie précise aujourd'hui la nature exacte de ce retard : l'équipe de Woking ne disposait pas, jusqu'à récemment, de modèles de simulation suffisamment aboutis pour anticiper le comportement du moteur avant même son apprentissage par intelligence artificielle une fois sur circuit.
Stella explique qu'exploiter un groupe propulseur aussi complexe, une complexité qu'il attribue avant tout au règlement plutôt qu'à une particularité propre à Mercedes HPP, nécessite des modèles capables d'en reproduire fidèlement le fonctionnement, afin de tester différents paramètres et d'anticiper les réactions du moteur. Ces outils permettent aussi d'optimiser le déploiement d'énergie, le pilotage ou encore les rapports de boîte de vitesses. Certains de ces modèles n'étaient tout simplement pas disponibles à temps, ce qui a poussé McLaren à travailler main dans la main avec Mercedes pour accélérer leur mise au point. Ces outils commencent désormais à porter leurs fruits, avec des bénéfices déjà tangibles pour Lando Norris et Oscar Piastri, qui abordent leurs week-ends dans de meilleures conditions.
Stella tient toutefois à nuancer : ces simulations restent, selon lui, encore largement perfectibles. Il rappelle que ces modèles ne sont qu'une représentation des machines physiques réelles, et que le niveau de complexité de ces dernières dépasse encore souvent leur capacité de reproduction. Il estime que l'ensemble des motoristes traverse actuellement le même apprentissage, chacun cherchant à représenter fidèlement, d'un point de vue technique, des machines qu'il a lui-même conçues. La qualité de cette modélisation constitue, selon lui, l'un des grands défis actuels de la discipline.
Une sensibilité extrême au moindre paramètre
Le véritable enjeu ne se limite pourtant pas à la seule qualité des simulations. Stella insiste surtout sur l'extrême sensibilité des nouveaux groupes propulseurs au moindre paramètre extérieur. Il explique qu'une variation infime dans un geste de pilotage peut entraîner un écart de performance considérable, tout comme une légère variation physique d'un composant du moteur peut, elle aussi, provoquer de très grandes différences de résultat. Cette sensibilité oblige désormais les équipes à intégrer une quantité de variables bien plus vaste dans leurs modèles, qu'il s'agisse de la physique pure, des actions du pilote, ou même de paramètres aussi subtils que le vent. Stella rappelle d'ailleurs que plusieurs pilotes Mercedes ont évoqué la nécessité d'adapter leur pilotage à l'évolution de l'adhérence, ajustant leurs réglages tout au long même d'une séance de qualifications. Une preuve supplémentaire, selon lui, de la sensibilité extrême de ces monoplaces à des paramètres que les modèles de simulation devront encore apprendre à intégrer, un travail qui, de son propre aveu, demandera encore beaucoup de temps.
Podcasts à la une
MEN LIFE
Pour résumer
Les difficultés rencontrées ces dernières semaines par plusieurs pilotes, notamment chez Mercedes, illustrent bien cette nouvelle réalité technique. Les problèmes de déploiement d'énergie, largement évoqués depuis le Grand Prix de Belgique, recouvrent en réalité des situations très diverses.
Rédacteur
![]()
La Newsletter
Retrouvez tous les jeudis une sélection d'articles dans votre boite mail.