États-Unis. La prise d’Ozempic, une conséquence inattendue sur les vendeurs de robes de mariage
Aux États-Unis, les traitements amaigrissants ont la cote, notamment pour les futures mariées. Selon une enquête menée en 2026 par la plateforme d’organisation de mariages Zola, 10 % des couples envisagent de prendre des médicaments GLP-1 (Glucagon-Like Peptide-1) développés à l'origine pour traiter le diabète, permettant une perte de poids. Et principalement de l'Ozempic (un type de GLP-1), injectable et vendu sur ordonnance. Ces médicaments, qui comprennent des produits tels que le semaglutide et le tirzepatide, sont devenus synonymes de changements corporels rapides et visibles et très largement prescrits Outre-Atlantique, le mariage étant pour certains couples l'élément déclencheur. L'objectif est clair : afficher un physique idéal le jour-J. « Nous constatons un changement radical dans la manière dont nos couples gèrent la pression intense du mariage moderne, de plus en plus influencée par les réseaux sociaux », expliquait Samantha Kobrin, responsable de Zola à Vogue en avril dernier.
Ces transformations physiques ont aussi un impact non négligeables pour les créatrices de robes de mariage. Depuis 2024, la perte de poids des futures mariées est « spectaculaire », a constaté Rebecca Schoneveld, à la tête d’une marque inclusive en matière de tailles, interrogée par le média anglais The Guardian. Par crainte de multiplier les retouches au dernier moment, certaines créatrices ont modifié leurs conditions, comme Anne Barge. « Si vous prévoyez de perdre beaucoup de poids, veuillez en informer notre équipe commerciale. Vous pourriez être amenée à acheter une autre robe si celle-ci est de plus de trois tailles supérieures », indique-t-elle désormais à sa clientèle, et dont le personnel de vente est formé pour soulever rapidement la problématique.
Interrogée par le média britannique, Kelly Cook, présidente-directrice générale de la société David’s Bridal, qui compte près de 200 boutiques, a décidé de lancer une garantie d’ajustement, à savoir que « peu importe la robe, nous allons garantir qu’elle s’adapte jusqu’au mariage », et même si cela doit être au détriment d’un échange avec une autre robe. Il faut dire que la marque a les reins solides financièrement, pour des prix de ventes allant de 500 à 2 000 dollars. Une telle mesure est toutefois plus difficile à tenir pour les petites entreprises.
« C'était angoissant »
À l’inverse, toutes les futures mariées ne prennent pas de traitements amaigrissants dans le but d'affiner leur silhouette. C’est notamment le cas de Laura, interrogée par le Guardian, qui s’est vu prescrire un traitement pour des raisons médicales en octobre 2024, soit 11 mois avant ses fiançailles. En choisissant sa robe deux mois plus tard, elle ignorait le poids qu’elle perdrait. Résultat : environ 23 kg en moins sur la balance. « C‘était angoissant. J’y pensais sans arrêt. Les délais de fabrication sont tellement longs pour une robe sur mesure qu’on ne peut pas simplement changer d’avis au dernier moment et en choisir une autre. En plus, cet achat est tellement important et coûteux. » Pour son dernier essayage, la couturière l’a supplié de ne plus perdre de kilos.
Outre-Atlantique, deux marques seulement peuvent commercialiser des GLP-1 (Wegovy et Zepbound) approuvée par le gendarme américains des médicaments, principalement prescrits à des patients ayant un IMC (indice de masse corporelle) élevé.