Et si DLSS 5 devait ressusciter le SLI ? Un moddeur tente l'expérience avec deux RTX 5060 Ti

Faire travailler deux GeForce RTX 5060 Ti permet de dissocier le travail graphique pour exploiter au mieux un DLSS 5 plutôt gourmand.

Ce bon vieux SLI pourrait reprendre du service... Enfin d'une manière détournée. © NVIDIA

Ce bon vieux SLI pourrait reprendre du service... Enfin d'une manière détournée. © NVIDIA

Deux GeForce RTX 5060 Ti au sein d'un même PC ? Une carte graphique pour jouer et l’autre pour faire travailler l’intelligence artificielle ? C'est le concept mis en place par un passionné pour exploiter DLSS 5 sur un système « SLI » et ça semble plutôt bien fonctionner.

Ah, le SLI. Une technologie qui a notamment eu son heure de gloire avec les fameuses 3DFX… Ce qui clairement ne va pas rajeunir certains d'entre nous. Aujourd'hui, ce que l'on nomme aussi multi-GPU n'est pas vraiment à la mode.

En effet, après avoir longtemps été synonyme de puissance démesurée – mais aussi parfois de bugs retentissants –, le SLI de NVIDIA a petit à petit disparu des radars, faute de jeux capables d'en tirer correctement parti. Mais voilà que le DLSS 5 et son Neural Rendering pourraient bien donner une seconde vie à l'idée… en prenant le problème par l'autre bout.

Le principe expérimenté par le moddeur maohgad-web est finalement assez simple. Deux GeForce RTX 5060 Ti de 16 Go sont installées dans la même machine : la première se charge de rendre le jeu, tandis que la seconde récupère l'image terminée pour effectuer la coûteuse étape de Neural Rendering via DLSS 5. Pour que tout cela fonctionne, le moddeur utilise un addon du logiciel Reshade baptisé MGPU Bridge. Rien d'officiel donc.

Alors, bien sûr, il ne s'agit pas exactement d'un nouveau SLI : les deux GPU ne se partagent pas le rendu d'une même scène et la seconde carte ne vient pas calculer une partie des images du jeu. Elle intervient après le rendu, en quelque sorte comme un coprocesseur spécialisé. Le premier GPU fabrique l'image, la transmet au second, puis celui-ci applique le traitement neuronal avant d'afficher le résultat final.

Cette séparation des tâches est justement rendue possible par la nature de DLSS 5. Contrairement au rendu 3D traditionnel, le Neural Rendering intervient sur une image déjà calculée. Il devient donc envisageable de déporter cette étape vers une autre carte graphique sans devoir réorganiser toute la manière dont le jeu construit ses images.

Quand la deuxième carte transforme les performances

L'intérêt de la démonstration n'est évidemment pas de pouvoir installer deux cartes graphiques juste pour le plaisir de remplir deux ports PCIe. DLSS 5 a un défaut : son traitement neuronal peut coûter très cher en performances.

Les premiers essais des testeurs – et le nôtre sur NBA 2K27 – ont montré que la facture pouvait être particulièrement salée sur les GPU les moins puissants. La GeForce RTX 5060 Ti est ainsi lourdement handicapée par l'activation de DLSS 5 et c'est évidemment encore plus sur la petite sœur, la RTX 5060. Dans les essais réalisés avec le système à deux cartes, le simple fait de transférer cette charge vers la seconde RTX 5060 Ti permet au premier GPU de retrouver une bonne partie de son souffle.

Un test réalisé sur le récent The Blood of Dawnwalker, un scénario en 1080p, passe par exemple d'environ 67-70 images par seconde à 44 ips lorsque le Neural Rendering est exécuté sur la carte principale, avant de remonter à son niveau initial une fois la tâche déportée. En mode Performance, le gain est encore plus spectaculaire, avec un passage de 59 à 107 ips entre l'utilisation de DLSS 5 sur une ou deux cartes. Vous avouerez que conserver un tel niveau de performances peut avoir quelque chose de réjouissant.

Forcément, tout n'est pas rose avec cette expérimentation. Premier écueil, il faut bien sûr disposer de deux cartes graphiques alors que la période n'est pas vraiment propice à ce genre d'investissement. Il faut aussi que la carte mère dispose de deux connecteurs PCIe 5.0 au moins x8. Enfin, NVIDIA travaille à pousser la technologie multi-frame generation toujours plus loin (x6 à l'heure actuelle) : on voit mal la société réinvestir le terrain du « SLI ».

Cela dit, le projet montre que le fait d'associer deux GPU pour traiter des charges complexes en les découpant de manière cohérente peut avoir un intérêt. Et puis, il y a toujours ce que l'on peut appeler la « beauté du geste » qui nous fait regarder avec curiosité ces projets qui sortent de l'ordinaire.