Essonne. Plus de 200 000 euros de bénéfice : quatre ans de prison pour un surveillant jugé pour trafic de cigarettes
En poste au centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis, le surveillant a reconnu avoir soustrait des cartouches destinées aux détenues pour les revendre à l'extérieur.
La rédaction avec AFP -
Aujourd’hui à 13:32 | mis à jour aujourd’hui à 13:37
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Un surveillant pénitentiaire de Fleury-Mérogis a été condamné mardi à cinq ans d'emprisonnement dont un avec sursis pour trafic de cigarettes par le tribunal correctionnel d'Evry. David D., 50 ans, comparaissait libre pour détournement de biens et blanchiment aux côtés de sa sœur, directrice des affaires financières de l'établissement - soupçonnée de négligence et de recel de détournement - et de sa femme, jugée pour blanchiment.
Le parquet avait requis trois ans de prison ferme contre le surveillant pénitentiaire, qui a été condamné mardi à une peine plus lourde : cinq ans d'emprisonnement assortie d'un sursis probatoire d'un an avec mandat de dépôt, d'une amende de 20 000 euros et d'une interdiction de travailler dans la fonction publique pendant quatre ans.
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Il avait reconnu, lors de l'audience fin juin, avoir soustrait des cartouches destinées aux détenues pour les revendre via un intermédiaire à l'extérieur de la prison, précédemment condamné, et avoir tiré un bénéfice de plus de 200 000 euros de son trafic organisé depuis son poste au magasin central du centre pénitentiaire de l'Essonne. Selon le tribunal, ce trafic a duré de janvier 2021 à novembre 2025, occasionnant pour l'administration pénitentiaire un préjudice estimé à plus de 300 000 euros.
Il s'est senti « intouchable »
Son avocate, Me Hélène Jouny-Foucher, a indiquéque son client allait « probablement interjeter appel à titre conservatoire », sans vouloir commenter davantage la décision. Son épouse, Sandrine D., a été condamnée à 18 mois d'emprisonnement avec sursis pour avoir profité en connaissance de cause du liquide de son mari. Le parquet avait requis 14 mois de prison, dont deux ferme contre l'infirmière, qui s'essuyait discrètement les larmes à l'énoncé de la décision. La soeur de David D., pour laquelle le parquet avait requis un an de sursis, a été relaxée.
Le parquet d'Evry a indiqué qu'il entendait « interjeter appel de la décision de relaxe », en particulier pour les faits de « négligence ». Dans son délibéré, la présidente a estimé que David D. s'était cru « intouchable du fait des fonctions de sa sœur », sa supérieure hiérarchique, et avait lors de l'audience « minimisé sa responsabilité », avec « une absence totale de remise en question ». Fonctionnaire depuis une quinzaine d'années, « il a méprisé l'intérêt général » et « porté atteinte à la confiance que ses citoyens et ses collègues doivent avoir » en l'administration pénitentiaire, a-t-elle ajouté.