Espace canin de 7 hectares, vidéosurveillance, initiation à la permaculture et à la taille des oliviers… Tout juste inaugurée, la base nature Sainte-Barbe va poursuivre sa mue à Draguignan

En l’absence du maire de Draguignan, c’est Grégory Loew, adjoint délégué aux travaux et à la démocratie participative qui a assuré l’allocution inaugurale de la base nature Sainte-Barbe mercredi 2 septembre, à 18 h. Il a insisté sur la dimension humaine du projet : « D’abord appelé “espace de loisirs”, il a été complètement modifié après les consultations des habitants. »

De ces échanges est née l’idée d’un « arboretum accessible » plutôt qu’un parc de loisirs classique. « C’est un projet vivant qui peut toujours être amélioré selon les besoins de la population. »

L’aménagement du terrain est donc le fruit d’une large démarche participative citoyenne lancée en 2025. Ateliers collaboratifs avec les membres des conseils de quartier Est et Centre-Est, consultations en ligne et rencontres sur site ont permis de façonner avec l’avis de la population ce projet d’un coût de 744.000 euros TTC, soutenu à hauteur de 150.000 euros par le Département.

Le terrain compte déjà trois aires de jeux en bois et des espaces pique-nique.
Le terrain compte déjà trois aires de jeux en bois et des espaces pique-nique.
Florian Escoffier / Nice-matin

Avec la préservation de l’existant et plus de 360 nouveaux végétaux plantés, dont 160 arbres, la base nature Sainte-Barbe s’affirme comme un poumon vert intergénérationnel et ultra-accessible. La faune endémique y est également préservée comme l’indiquent les panneaux pédagogiques à propos des tortues d’Hermann, orvets de Véronne, couleuvres de Montpellier… et de nombreux oiseaux.

Côté équipements on compte déjà trois aires de jeux en bois et des espaces de pique-nique. Le site se projette également vers l’avenir avec une « classe extérieure » sur les hauteurs, proposée par l’école Jaques-Brel pour faire école en plein air.

Les chiens sont actuellement les bienvenus en laisse et un espace canin de 7 hectares pourrait être aménagé sur les futurs bassins de rétention végétalisés et équipé « de parcours de motricité pour les animaux, selon les idées exprimées par la population lors de consultations à venir ».

Une concertation est lancée à Draguignan: exprimez-vous sur l'aménagement de la zone naturelle Sainte-Barbe

Le site se distingue aussi par son conservatoire d’oliviers et la mise en valeur d’espèces endémiques (arbousiers, figuiers et néfliers). « Pour faire vivre ce patrimoine nous allons travailler pour développer des projets d’initiation à la permaculture et à la taille de l’olivier par exemple », annonce Grégory Loew.

Réponses aux critiques et ajustements des pratiques

Marine et son chien Izak apprecient l’espace de jeu déjà offert.
Marine et son chien Izak apprecient l’espace de jeu déjà offert.
Florian Escoffier / Nice-matin

Conscient des débats qui animent les riverains de la base nature, dans son allocution, Grégory Loew a choisi de répondre sans détour aux griefs déjà formulés. Et pour clore, il a invité le public à échanger avec les élus présents : « Notre travail c’est d’écouter, donc n’hésitez surtout pas. »

À commencer par la question des arbres jugés sans vie. « Sur les réseaux sociaux, on nous reproche d’avoir planté des arbres déjà morts. Oui, certains le sont en raison de leur stockage chez le pépiniériste. Mais ils sont garantis deux ans et seront immédiatement remplacés en période propice, et non en plein été pour éviter qu’ils ne meurent de nouveau. »

Concernant d’éventuelles nuisances sonores liées à l’activité diurne subies par les riverains, « les aires de jeux et de pique-nique ont été éloignées au maximum des habitations », rassure l’élu. Mais « on est dérangé tout le temps, des gens viennent faire la fête jusqu’à 2 h du matin » se plaint une voisine. « Les gens se garent n’importe où et bloquent les accès », ajoute un autre riverain… « Nous sommes en capacité d’installer la vidéosurveillance rapidement, on l’a anticipé », avance Grégory Loew comme solution de dernier recours pour dissuader les comportements inadaptés.

Finalement « nous ne sommes pas là que pour râler, c’est un beau projet et on va vous laisser le temps », rassure l’une des voisines. Concernant les difficultés de stationnement, l’aménagement d’un parking est programmé à la place de l’ancien village d’accueil d’urgence des Ukrainiens. Retardée par des contraintes techniques et d’urbanisme, sa livraison ultérieure est compensée temporairement par le parking du Cosec situé à 300 mètres de la base nature.