Équipe de France : la Zizoumania est en marche, en trois matchs le nouveau sélectionneur des Bleus s'est mis les supporters dans la poche, l'ancien entraîneur du TFC Pascal Dupraz nous explique pourquoi
l'essentiel Il était attendu comme le Messie, il est à la hauteur des espérances du peuple de France. Si la bromance entre Zinédine Zidane et les Bleus n'en est qu'à sa lune de miel, elle renferme tous les ingrédients pour perdurer. Entraîneur du TFC entre mars 2016 et janvier 2018, Pascal Dupraz, consultant RMC, analyse le phénomène pour La Dépêche.
Conte de fées, à un contrôle raté près. Si Da Cunha, mis dans l'embarras par la transmission de Rabiot, n'avait pas fauté, les débuts de l'icône seraient parfaits : "ZZ" reçu trois sur trois à la tête des Bleus. Soit trois succès en autant de matchs après avoir voyagé en Turquie (1-0) et en Belgique (victoire sur le même score 1-0) et, vendredi dernier, reçu l'Italie (1-1).
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Oui mais voilà, la France qui était parvenue à forcer le verrou transalpin dans son troisième match de Ligue des Nations via un coup franc barre rentrante d'Olise (1-0, 55e) concéda l'égalisation un quart d'heure plus tard (1-1, 68e). Faites les calculs vous-mêmes : 9 - 2 = 7 points. CQFD. Vivement ce soir et le deuxième round face aux Diables Rouges pour ressortir les habits de lumière... et refaire le plein des sens, si on peut dire.
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En attendant, la Zizoumania est (bien) en marche. C'est un fait escompté, avéré et prouvé. Un tifo "Bienvenue chez toi" accompagné d'une ovation monstre à l'annonce de son nom par le speaker du Stade de France suffisent. Le nouveau sélectionneur des Bleus qui retrouvait le gazon béni du SdF 28 ans après y avoir soulevé la Coupe du monde en tant que joueur, s'est dit "touché". "J'aime cet enthousiasme qui entoure son entame de mandat, commente Pascal Dupraz. Il s'agit d'une forme de reconnaissance, d'une passation de pouvoir naturelle car j'ai beau chercher, tourner, virer : il n'y avait que Zizou pour succéder à Dédé. Et relever le challenge."
"Il est entraînant"
"Qu'il soit adoubé, poursuit le Haut-Savoyard, c'est normal aussi. Il a plaisir à avoir endossé le costume et il prend plaisir, il l'a dit lors de son intronisation ; il voulait être là et nulle part ailleurs. Il croque dans le truc à pleines dents, c'est comme ça qu'il faut procéder je pense. Je le trouve bien dans toutes ses prises de parole, il sait déjà protéger ses joueurs. Il a également une espèce d'autorité légitime et innée ; Zidane est entraînant, surtout. Pour moi, c'est la qualité première d'un coach."
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Et sur le terrain ? "Si on ose une petite comparaison avec Didier (Deschamps), laquelle sera même un peu hâtive vu les 14 années de Deschamps et les 3 matchs de Zinédine Zidane, on s'aperçoit d'une chose : avec Zizou, la marque de fabrique c'est ce pressing haut, tout terrain. Cette volonté d'aller agresser le camp adverse, avec davantage de mouvement et d'envie, je constate, que durant Dédé."
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"Maintenant, continue celui qui, à 64 ans, reste attentif aux projets qui pourraient le faire rasseoir sur un banc, le foot est vraiment magique. Avec Zidane, le leitmotiv c'est jouer vers l'avant, créer du jeu au travers de son 4-3-3 résolument offensif, générer des occasions ; avec Deschamps, on résumera par pragmatisme et sécurité défensive via son 4-2-3-1. Pourtant, les chiffres sont là : pour l'heure, sous ZZ les Bleus marquent seulement un but par match (3 en 3 rencontres) ; alors que sous Dédé la moyenne était supérieure à deux (2,18)... Plus tu as la sensation de connaître le ballon rond, sourit Dupraz, plus il te surprend. Après, on espère toujours mieux et plus vite – comme je le disais samedi matin sur les ondes dans Les Grandes Gueules du Sport, mais je ne suis pas inquiet. Zizou a un sacré matos, il le sait, il va le faire bonifier. Je le répète : il a juste besoin d'un peu de temps."
"Touché par la grâce"
"Encore, il est verni : il a disposé d'une trêve exceptionnellement longue. C'est l'apanage des êtres uniques, ponctue Pascal Dupraz, même si tout ce qui leur arrive est mérité. Deschamps était escorté d'une veine insolente, Zidane est touché par la grâce..."
Retrouvailles, en novembre, à Bordeaux
Après le Stade de France qui lui a réservé un accueil digne d’une rock star, on imagine sans trop s’avancer que, lors du prochain rassemblement du mois de novembre, la hype sera du même acabit à Bordeaux. Dont le Stade A-tlantique privé de foot de haut niveau depuis un petit moment maintenant hébergera la sixième et dernière rencontre pour les Bleus dans ce Groupe 1 en Ligue A de la LdN. Ce sera France – Turquie, dimanche 15/11, à 20h45. Trois jours auparavant, les Tricolores se seront déplacés dans la Botte, à Milan, au Giuseppe Meazza (jeudi 12, 20h45). Un autre rendez-vous une fois encore pas anodin pour Zinédine Zidane.