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  • 2026-07-25 11:25:00 +0000 UTC

    Jul 25, 2026

    Environnement. Personnes à risque, mortalité... Quel impact les fumées des feux ont-elles sur la santé ?

    98 000 hectares ont été brûlés en France, soit un « record historique », a annoncé samedi le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. L'odeur du feu en Gironde a atteint Bordeaux vendredi, et sept communes aux portes de la ville ont été évacués tôt samedi. Une situation qui pose des questions pour la santé des habitants, alors que les feux de végétation libèrent des gaz et des particules dans l'air dangereux pour nos organismes, rappelle l'Anses sur son site. Les particules fines, en particulier, sont particulièrement nocives car pouvant pénétrer profondément dans les poumons. 

    Le « monoxyde de carbone est aussi un des polluants majeurs générés » par ces épisodes, souligne l'agence de sécurité sanitaire, qui liste les autres substances chimiques contenues dans les fumées comme « le dioxyde de carbone (CO2), des composés organiques volatils dont l’acroléine, le formaldéhyde et le benzène » ou des « des composés semi-volatils ». A ces polluants peuvent s'en ajouter d'autres en cas de combustion de véhicules ou de bâtiments.

    Qui sont les personnes les plus à risques?

    Les personnes situées à proximité de l'incendie peuvent présenter des symptômes respiratoires d'irritation. Mais l'effet va se faire sentir beaucoup plus largement à toute la population sous le vent d'un incendie, et donc exposées aux fumées, « pendant plusieurs heures ou plusieurs jours » selon les conditions météo, rappelle le pneumologue Bruno Crestani.

    Sont particulièrement à risque « les personnes fragiles, âgées ou ayant une maladie respiratoire, les nourrissons, les asthmatiques, car cela peut déséquilibrer une situation préalablement contrôlée », explique le président de la Fédération du Souffle.

    De plus, les « effets ne sont pas seulement respiratoires », souligne-t-il, car « ces particules vont pouvoir passer dans la circulation » voire « activer certains processus comme faire décompenser un diabète, entraîner un AVC, un infarctus du myocarde » et avoir un impact pour les femmes enceintes.

    Quels risques spécifiques pour les pompiers ?

    L'Anses pointe les effets pour les soldats du feu, exposés de façon directe lors de l'intervention mais aussi indirecte, lorsque le feu est éteint, « pendant les phases de surveillance, d’enquête, de déblai mais aussi lors du retour en caserne, par la contamination des équipements, du matériel ou des véhicules par les suies et les eaux d’extinction ».

    Des facteurs peuvent augmenter leur vulnérabilité « face aux risques liés à l’inhalation des fumées »: « le stress thermique, la déshydratation, la charge physique intense, la privation de sommeil, la fatigue cumulée, le stress psychique et les accidents », rappelle l'agence alors que plusieurs centaines de pompiers et militaires sont mobilisés.

    Y a-t-il des effets sur la mortalité?

    A l'automne 2025, dans son rapport annuel sur les risques du changement climatique sur la santé, la revue The Lancet avait chiffré à 154 000 dans le monde le nombre de « morts liés à la pollution aux particules fines issues de la fumée des feux de forêt ».

    Pour la France, Oxfam avance le chiffre de 2 800 décès prématurés annuels liés à la pollution de l’air causée par les feux de forêt. Le Pr Bruno Crestani insiste sur les effets « sur le long terme » de ce type d'épisodes pour l'ensemble de la population, pas seulement les plus fragiles.

    Que faire pour se protéger?

    Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé l'envoi de 1,5 million de masques FFP2 vers la Gironde où sévit un incendie d'une ampleur inédite. Le port de tels masques de protection est en effet recommandé par l'Anses pour toutes les personnes sensibles exposées aux fumées. Lesquelles doivent contacter un médecin généraliste voire le 15, en cas « en cas d’apparition de symptômes ou d’une gêne respiratoire ». « Ce n’est pas une protection à 100%, mais c’est significatif, oui, de porter un masque », confirme le Pr Bruno Crestani.

    Dans les zones non évacuées, l'Anses rappelle qu'il est recommandé de « limiter les déplacements et le temps passé à l’extérieur, garder les portes et fenêtres fermées et n’aérer que lorsque les conditions le permettent, occulter les aérations avec des linges humides, arrêter les ventilations mécaniques contrôlées (VMC) durant les épisodes de fumées, éviter les activités physiques en plein air dans le secteur... »

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