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    Aug 08, 2026

    Entre les canicules et la sécheresse, l’été est aussi infernal pour les agriculteurs

    Environnement 08/08/2026 13:17 Actualisé le 08/08/2026 13:26

    Les pâturages desséchés et les plants de fruits et légumes cramés par la chaleur font craindre le pire aux professionnels. La FNSEA appelle l’État à un « choc de réactivité ».

    Par Maxime Dhuin avec AFP

    Entre canicule et sécheresse, l’été est aussi infernal pour les agriculteurs. (photo d’illustration de vaches dans un champ desséché en Loire-Atlantique, le 20 juillet 2026)

    LAETITIA NOTARIANNI / Hans Lucas via AFP

    Entre canicule et sécheresse, l’été est aussi infernal pour les agriculteurs. (photo d’illustration de vaches dans un champ desséché en Loire-Atlantique, le 20 juillet 2026)

    Le cocktail estival de canicules, de sécheresse et d’incendies laisse un goût très amer aux agriculteurs. Le président de la FNSEA, le principal syndicat agricole, s’est fait le relais de leur détresse face à une « catastrophe » inédite. Invité de franceinfo ce samedi 8 août, Arnaud Rousseau a appelé le gouvernement à un « choc de réactivité » pour venir en aide aux professionnels.

    « On parle de milliards d’euros », a-t-il estimé, évoquant une « catastrophe climatique d’une ampleur [...] jamais vue sur une telle durée ». « Nous avons besoin d’une réponse gouvernementale inédite [...] s’il existe un certain nombre d’assurances, on sait parfaitement qu’elles ne pourront pas prendre en compte un tel niveau de sinistralité », a ajouté le patron de la FNSEA, comparant la sécheresse actuelle à celle, tristement célèbre, de 1976.

    L’inquiétude des agriculteurs s’est fait entendre ces derniers jours dans la presse régionale et nationale. « Les cultures de printemps n’ont pas produit du tout, comme on a eu très peu d’eau depuis la mi-mai », a déploré ce samedi au micro de BFMTV Jean-Luc Lasserre, éleveur et maire d’une commune de Haute-Garonne. « Moi j’ai un élevage bovin, les vaches sont sur des prairies paillasson », a-t-il ajouté en montrant l’herbe desséchée, « je pense qu’on n’aura pas assez de stock » de nourriture pour animaux « pour passer l’année ».

    « Regardez la catastrophe, je n’ai jamais connu ça »

    Mêmes retours préoccupants du côté de Thierry Pavageau, éleveur de vaches laitières dans l’Indre, interrogé par le réseau ICI. « En ce moment, mes vaches ne pâturent pas dans des champs d’herbe, mais dans la savane », a-t-il témoigné, tandis que d’autres professionnels font état de prairies « grillées ». Le ton n’est pas plus optimiste chez les producteurs de fruits et légumes.

    Les ananas d’Erven Gicquel, maraîcher dans le Morbihan, étaient prêts pour la récolte avec « trois semaines d’avance »... mais avec une taille très insuffisante. « Ils ont moins grossi, ils font la taille d’une pomme » alors qu’« ils devraient faire le double », s’est-il lamenté auprès d’ICI Armorique. Les récoltes prématurées se sont aussi fait remarquer en Champagne, où les premières vendanges ont débuté le 6 août, une précocité ahurissante et la marque d’un été record en chaleur.

    Parfois, les fruits et légumes ne sont pas simplement plus petits ou mûrs plus tôt, mais tout bonnement perdus. C’est le cas d’une partie des plants de laitues de Claude Boutry, maraîcher du Nord interrogé par franceinfo. « Regardez la catastrophe, je n’ai jamais connu ça », a-t-il déploré, pointant du doigt les feuilles qui jaunissent. « On va être à 25 % de pertes minimum », redoute-t-il. Le média public, tout comme Le Parisien quelques jours plus tôt, se fait l’écho d’une pénurie de salades dans certaines grandes surfaces.

    D’autres syndicats agricoles tirent la sonnette d’alarme

    Quelle est l’ampleur précise du désastre ? Difficile à dire, selon Arnaud Rousseau. Comme le gouvernement, il a précisé ce samedi qu’il faudrait attendre la fin du mois d’août pour avoir des chiffres « robustes ». Mais d’ici là, le patron de la FNSEA assure que certains agriculteurs ont besoin d’une aide d’urgence, notamment dans les zones défavorisées où la terre est moins riche : « Je pense au colza qui doit se semer dans les semaines qui viennent. Et, au regard de la situation des sols, il n’en est pas question ».

    Le ministère de l’Agriculture a aussi annoncé des adaptations de la gestion de l’eau pour permettre un meilleur accès aux agriculteurs mais n’a donné de détails. Arnaud Rousseau a affirmé que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, l’avait convié début septembre à une réunion à Matignon.

    Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, avait prévenu mercredi que le plan du gouvernement était trop « léger ». Le syndicat réitère ce samedi dans un communiqué le besoin d’un « plan massif et immédiat d’injection de trésorerie dans les exploitations » et un « plan hydraulique national » pour stocker plus d’eau.

    La Confédération paysanne, le 3e syndicat agricole, a adressé mardi une lettre à la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, pour l’« alerter sur la situation dramatique que vivent aujourd’hui les paysannes et les paysans », du fait des « conséquences du réchauffement climatique ». Dans ce courrier, l’organisation appelle à une « bifurcation agroécologique » et à une réforme des dispositifs d’aides pour les agriculteurs en cas de crise.

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