Ebola en RDC : un vaccin testé pour freiner l'épidémie
Alors que l'épidémie d'Ebola ne cesse de progresser et a déjà fait plus de 3500 morts en République démocratique du Congo (RDC), les premiers volontaires d'un essai clinique ont été vaccinés la semaine dernière. Lancée par Médecins sans frontières, l'opération cible le personnel soignant et les agents de santé, les plus exposés au virus.
Le vaccin Ervebo – dont l'efficacité est prouvée sur la souche Zaïre du virus à maladie Ebola, la plus fréquemment rencontrée par le passé – a été administré au personnel en première ligne à Bunia, en Ituri, province épicentre de l'épidémie en RDC.
Programmé sur neuf à douze mois, cet essai clinique cible 20'000 personnes. Il permettra de savoir si l'Ervebo peut également protéger contre la souche Bundibugyo, à l'origine de l'épidémie en cours et contre laquelle il n'existe à ce jour ni traitement ni vaccin spécifique.
"Nous ne savons pas à quel pourcentage [ce vaccin] pourra être efficace contre la souche Bundibugyo", a reconnu la semaine dernière devant la presse le professeur responsable de la riposte sanitaire en RDC Steve Ahuka. Mais "il pourrait offrir un certain niveau de protection croisée" contre la souche Bundibugyo, a expliqué la doctoresse Nana Mimbu, coordonnatrice pour la recherche chez l'ONG Médecins sans frontières, présente sur le terrain.
Taux de létalité proche de 50%
La RDC est en proie à la 17e épidémie de maladie Ebola de son histoire, devenue en quelques mois la plus meurtrière jamais connue dans ce vaste pays d'Afrique centrale. Partie de la province de l'Ituri et déclarée officiellement mi-mai, l'épidémie a déjà causé 3639 décès et contaminé 7541 personnes, soit un taux de létalité de 48,3%, selon le dernier bilan de l'Institut national de santé public congolais (INSP) publié mi-septembre.
Par manque de moyens, dans une région reculée et où la présence de groupes armés complique les déplacements, mais aussi à cause d'une grande défiance des populations locales qui a conduit, à plusieurs reprises au cours des derniers mois, à des violences ciblant des personnels humanitaires et des structures de soins, la riposte sanitaire a été laborieuse.
Après un accroissement rapide, le nombre de cas connaît un "plateau", a souligné la semaine dernière le patron de l'agence de santé de l'Union africaine Jean Kaseya, mais "personne ne peut venir dire que l'épidémie est sous contrôle", a-t-il martelé, contredisant de récentes déclarations du gouvernement congolais.
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Plus de 3000 personnes déjà vaccinées
"Nous sommes tous les jours en contact avec les malades et il est important que nous soyons protégés pour pouvoir ensuite protéger nos patients", a confié, soulagée, une infirmière tout juste vaccinée dans un centre de santé Ebola, établi sous des tentes installées devant le laboratoire de la capitale provinciale Bunia. Une médecin témoigne de son côté être déjà convaincue qu'avec le vaccin, elle a "moins de chance d'avoir la forme grave" de la maladie.
Quelque 70'000 doses d'Ervebo, provenant du stock mondial de vaccins contre Ebola, ont été allouées en août à la RDC. Plus de 3000 personnes ont déjà été vaccinées dans la province de la Tshopo (nord-est) et plus de 700 dans le Bas-Uélé (nord), toujours dans le cadre de cet essai clinique, selon l'INSP.
afp/vic